Bonjour Bernard
Merci pour tes idées d'occupation, mais avec Kentin, c'est vraiment difficile; il n'aime pas grand chose, à part les jeux télé (où il est bon car il a une bonne culture générale), les jeux radio sur le sport (là aussi excellente mémoire), les forums de foot, et la télé, la télé, encore la télé; il est insensible à la nature, aux beaux paysages, quand on se balade ensemble, il passe son temps à parler ou à jouer (style il ou elle), mais par contre, il n'aime pas les jeux de société car çà demande trop de réflexion et de concentration; il n'est pas du tout sportif, il est très maladroit (dispraxique), donc pas du tout manuel; il n'aime pas les animaux, il ne sait pas chanter ni dessiner, il n'a aucun esprit pratique, aucune envie, aucune initiative.
Il ne reconnait pas son handicap, n'a jamais été sur les sites qui parlent de l'autisme, il faut dire que le diagnostic a été fait il y a un an seulement, après avoir vu depuis sa naissance 60 professionnels (médecins, pédiatres, psy en tous genres, magnétiseurs, gourous etc...)
Le pauvre gamin, toute sa vie, il a entendu qu'il était nul, qu'il ne comprenait jamais ce que des gosses de 3 ans comprennent, du coup, il s'est replié dans sa bulle et se satisfait de ses quelques occupations.
Il aime beaucoup les enfants mais ne se rend pas compte du danger, donc on ne peut pas lui confier de responsabilités dans ce domaine.
Il compte énormément sur nous et a beaucoup de mal à être autonome; mais quand on le voit, il parait bien, il n'a jamais eu d'aide pour l'école, il prend le tram, le bus, il a le sens de l'orientation; , c'est pour çà que l'idée même de prendre quelq'un pour le garder peut paraître saugrenue; (un grand gaillard de 17 ans n'a pas besoin d'être gardé), sauf que nous ses parents, on ne le laisse pas un week-end tout seul, il oublierait de fermer la porte à clés, n'éteindrait pas la plaque de cuisson, laisserait le frigo ouvert, ne se laverait pas etc....
Voilà toutes les raisons qui font que l'on ne trouve rien pour les vacances, aucun camp aucune colo susceptible de lui plaire; il faudrait une famille d'accueil à la campagne par exemple,patiente ,qui le secoue un peu, l'oblige à faire des activités extérieures, mais qui aurait la télé et internet, sinon, il meure!
bernard a écrit :Bonjour Marylène,
Quand je te lis, j'ai l'impression de voir ma mère quand j'avais 17 ans.
J'ai maintenant un fils aspie qui vient juste de passer 18 ans et pour les colos et autres animations extérieures, nous avons du chercher car cela n'allait jamais. Nous avons privilégié les activités scientifiques ou de découvertes plutôt que juste un sport en thème majeur du séjour.
Mais comme chaque personne est différente, des séjours qui m'auraient plut ne lui plaisaient pas obligatoirement.
Juste quand il a terminé ses 17 ans, nous lui avons trouvé un stage "Nature et Maths" et il a bien apprécié. Il l'a fait à 16 ans puis a voulu y retourner à 17.
Nous l'avions envoyé à 17 ans en Grèce (où sa soeur ainée NT avait trouvé les iles magnifiques) mais lui n'a fait que des reproches.
A 16 ans, il avait fait une rando en scandinavie, et avait apprécié globalement.
Le mieux qu'il ait apprécié, c'est 6 semaines aux USA chez un ami de la famille, quand il avait 14 ans. Il était en rupture avec la langue et les coutumes et il a bien apprécié. Il y serait bien resté plus longtemps.
C'est pas facile à trouver, des colos sympas pour les aspies et les AHN.
Comme je trouvais rien quand j'étais plus jeune, j'ai passé mon BAFA et j'ai fait pendant 7 ans sur les 2 mois d'été, animateur en montagne dans des centres de vacances dans le Vercors. On faisait des randos de 3 jours sous la tente et on vivait hors de la civilisation.
Le soir, après le feu de camp et la vaisselle, on observait les étoiles (ma passion) et le matin, on allait à la source pour apercevoir les sangliers qui venaient boire.
On s'est fait quelques grottes sous terre et d'autres activités hors du commun que je mettais sur pied. On n'est jamais mieux servi que par soi-même. En août, j'avais des enfants difficiles envoyés par les DDASS, mais je n'ai jamais eu de problèmes de gestion des "enfants des cités".
Au contraire, ils en redemandaient mais la limite d'âge était 13 ans 1/2 dans ce centre de 120 enfants et pré-ados. J'avais des autistes, des épileptiques, des sous-régimes-alimentaires-stricts, des gentils, des violents, bref comme dans la société.
Ce genre de centres existe toujours. A rechercher via le Net.