penser images visualisation temple grandin

Problèmes Sensoriels et Tocs
"J'ai un système auditif qui fonctionne comme un amplificateur au maximum de sa puissance. Mes oreilles se comportent comme un microphone qui ramasse et amplifie le son."
Grandin 1992

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penser images visualisation temple grandin

Message par Invité » Mar Juil 28, 2009 1:48

voici l'experience de Temple Grandin sur le sujet et decrite par elle
pour *ASPERANSA:

http://www.asperansa.org/prob_sensoriels.html

Les problemes sensoriels chez l'enfant autiste et asperger.

...

Qu’est-ce que la pensée visuelle ?
Penser avec le langage et les mots m'est une chose étrangère. Je pense totalement en images. C'est comme regarder différentes cassettes avec un enregistreur de vidéo-cassettes dans mon imagination. Je pensais auparavant que tout le monde pensait en images, jusqu'à ce que j'aie questionné de nombreuses personnes différentes à propos de leurs processus de pensée.

J'ai mené un petit test cognitif informel sur beaucoup de personnes. Il leur était demandé de se servir de leur mémoire concernant des clochers d'églises ou bien des chats. Un objet qui n'était pas dans l'entourage immédiat de la personne devait être utilisé pour ce processus de visualisation. Quand je fais cela, je vois dans mon imagination une série de « vidéos » de différentes églises que j'ai vues ou de chats que j'ai connus. Beaucoup de personnes « normales » verront une image visuelle de chat, mais c'est un genre d'image de chat générique et généralisée. Ils ne voient le plus souvent pas de séries de « vidéos » de chats distincts ou d'églises, à moins qu'il ne s'agisse d'artistes, de parents d'enfant autiste ou bien d'ingénieurs. Mon concept de « chat » consiste en une série de « vidéos » de chats que j'ai connus. Il n'y a pas de chat généralisé. Si je continue à penser à des chats ou à des églises, je peux manipuler ces images « vidéo ». Je peux mettre de la neige sur le toit de l'église, et imaginer à quoi le terrain de l'église ressemble au cours des différentes saisons.

Certaines personnes accèdent à leur connaissance « chat » en tant que langage auditif ou écrit. Pour moi, il n'y a pas d'information basée sur le langage dans ma mémoire. Pour accéder à une information parlée, je rejoue une « vidéo » de la personne en train de parler. Il y a des personnes brillantes qui ont peu de pensée visuelle. Un professeur totalement verbal m'a dit que les faits viennent à son esprit instantanément, sans image visuelle. Pour retrouver des faits, je dois les lire depuis une page visualisée d'un livre, ou bien « rejouer la vidéo » d'un événement antérieur. Cette méthode de pensée est plus lente. Elle demande le temps de « jouer » la vidéo dans mon imagination.

Des résultats de recherches ont montré que la pensée verbale et la pensée visuelle fonctionnaient via différentes unités du cerveau (Farah 1989 ; Zeki 1992). Les études de patients ayant des dommages au cerveau ont montré qu'une partie pouvait être endommagée, tandis qu'une autre pouvait être normale. Le cerveau est conçu avec des éléments modulaires. Ces éléments peuvent fonctionner ensemble ou séparément pour accomplir des tâches différentes. Par exemple, des personnes avec certains types de dommages au cerveau peuvent reconnaître des objets avec des bords droits, mais ils ne peuvent pas reconnaître des objets avec des bords irréguliers. Le module du cerveau qui reconnaît les formes irrégulières a été endommagé (Weiss 1989). Dans l'autisme, les systèmes qui traitent les problèmes visuels-spatiaux est intact. Il y a une possibilité que ces systèmes puissent se développer pour compenser les déficits de langage. Le système nerveux a une remarquable plasticité ; une partie peut prendre le dessus afin de compenser pour une partie endommagée (Huttenlocher 1984). Une étude d'IRM fonctionnelle par Ring et al. (1999) a indiqué que les personnes autistes dépendent davantage des parties visuelles du cerveau dans un test de figures imbriquées.



Utiliser la visualisation
La pensée visuelle est un grand avantage dans ma carrière de conceptrice d'équipements pour le bétail, et je suis devenue internationalement reconnue dans ce domaine. Il m'est aisé d'élaborer des schémas de parcs et équipements à bétail en acier et en béton. Je peux lancer des tests de simulation dans mon imagination, portant sur la manière dont ces systèmes marcheraient avec différentes tailles de bétail.

Des discussions avec d'autres personnes autistes ont révélé des méthodes visuelles de pensée dans des tâches qui sont souvent considérées comme séquentielles et non-visuelles. Un brillant programmeur d'ordinateurs autiste m'a dit qu'il voyait l'arbre complet du programme dans son esprit, et qu'ensuite il remplissait le code du programme de chaque branche. Un compositeur autiste doué m'a dit qu'il faisait des « images de sons ». Dans tous ces cas, un tout brumeux ou un modèle psychique est visualisé, et les détails sont ensuite ajoutés d'une manière non-séquentielle. Quand je conçois un équipement, j'ai souvent une esquisse générale du système, et ensuite chacune de ses sections devient claire au fur et à mesure que j'ajoute des détails.

Quand je résous un problème scientifique ou que je passe en revue de la littérature scientifique, je le fais non-séquentiellement. Ce processus est comme si j'essayais de me représenter ce qu'est l'image d'un puzzle, alors que seulement certaines de ses pièces sont placées. Une pièce est placée dans un coin, et ensuite une autre dans un autre coin ; une fois qu'environ un quart des pièces sont en place, une personne peut dire que le puzzle représente l'image d'une maison.

En tant qu'enfant et que jeune adulte, j'excellais à construire des choses, mais il m'a fallu du temps pour apprendre comment les lignes symboliques d'un jeu de dessins techniques se reliaient à la « vidéo » de la maison ou de la pièce d'équipement qui était dans mon imagination. Une fois que j'ai appris à lire les schémas techniques, je pouvais alors instantanément traduire les symboles sur les schémas en une visualisation de la structure terminée. Quand j'ai eu 28 ans, ma capacité à concevoir des projets s'est soudainement améliorée après que j'aie observé un dessinateur qualifié. J'ai acheté un crayon juste comme le sien, et ensuite j'ai copié son style, mais le schéma que j'ai fait était un nouveau schéma. Quand celui-ci fut terminé, je pouvais « jouer la vidéo » et « tester » le matériel pour voir s'il pouvait marcher. La pensée visuelle n'est pas une méthode rapide de pensée. Cela prend du temps de « jouer » la « vidéo ». Je suis incapable d'accéder instantanément à ma mémoire. Un comptable autiste m'a écrit et m'a expliqué qu'il devait penser lentement au bureau, mais qu'il pouvait résoudre des problèmes qui étaient difficiles pour les autres comptables.

La pensée visuelle s'associe aussi avec l'idée d'être intellectuellement doué. Albert Einstein était un penseur visuel qui a échoué face aux exigences linguistiques de l'enseignement supérieur, et comptait sur des méthodes visuelles pour étudier (Holton 1971-72). Sa théorie de la relativité était basée sur des images visuelles de fourgons mobiles et de chevauchées sur des rayons de lumière. L'histoire de la famille d'Einstein comprend une forte incidence d'autisme, de dyslexie, d'allergies alimentaires, de hautes aptitudes intellectuelles et de talents musicaux, et il avait lui-même beaucoup de traits autistiques — un lecteur astucieux a mis ceci en évidence dans Einstein et Einstein (1987) —. D'autres grands scientifiques, tels que Léonard de Vinci, Faraday et Maxwell, étaient des penseurs visuels (West 1991).

La douance intellectuelle est commune dans l'histoire familiale de beaucoup de personnes autistes. Dans l'histoire de ma propre famille, mon grand-père paternel était un pionnier qui a lancé la plus grande exploitation agricole de blé dans le monde. J'ai une sœur dyslexique qui est très douée dans l'art de décorer les maisons.

Quand je pense à des concepts abstraits, tels que les relations avec les gens, j'utilise des images visuelles, telles qu'une porte coulissante vitrée. L'approche relationnelle doit se faire doucement, parce que foncer trop rapidement peut fracasser la porte. Penser à la porte n'était pas suffisant ; il fallait effectivement que je marche à travers elle. Quand j'étais à l'école secondaire et au collège, j'avais des portes véritables et physiques qui symbolisaient des changements majeurs dans ma vie, telles que des remises de diplômes. La nuit, je montais à travers une trappe dans le toit du dortoir, pour m'asseoir sur ce toit et penser à la vie après le collège. La trappe symbolisait le passage du diplôme. Les portes étaient un langage visuel pour exprimer des idées qui sont habituellement verbalisées.

Park et Youderian (1974) signalent aussi l'utilisation de symboles visuels, tels que des portes, pour décrire des concepts abstraits. La visualisation m'a permis de comprendre le Notre Père. Je voyais « La puissance et la gloire » comme des pylônes de lignes électriques à haute tension ainsi qu'un arc-en-ciel flamboyant. Je visualise le mot « trespass » par le panneau « No Trespassing » sur l'arbre du voisin.

Je n'utilise plus les portes coulissantes pour comprendre les relations personnelles, mais j'ai toujours besoin d'associer une relation particulière à quelque chose que j'ai lu ou expérimenté. Par exemple, un conflit entre mes voisins m'était comme les États-Unis et l'Europe se battant à propos des taxes douanières.

Park (1967) a aussi expliqué que sa fille apprenait les noms en premier lieu. Les noms sont faciles parce qu'ils peuvent être associés à des images dans notre esprit. Des mots inadéquats sont souvent employés. Par exemple, le nom Dick a été employé en rapport avec la peinture. Cela s'est produit parce que la fille de Park a vu une image de Dick en train de peindre un meuble dans un livre. Park (1967) a décrit également pourquoi sa fille a eu des problèmes avec l'inversion des pronoms et n'utilisera pas le mot Je. Elle pense que son nom est toi parce que c'est ainsi que les gens l'appellent. Charlie Hart a résumé la pensée autiste avec cette déclaration concernant son fils autiste Ted : « Les processus de pensée de Ted ne sont pas logiques, ils sont associatifs » (Hart 1989). Les méthodes visuelles de pensée des personnes autistes peuvent expliquer certains des problèmes de « Théorie de l'esprit » que Frith (1989) a évoqués. La pensée visuelle et associative expliquerait l'observation de Frith qu'un enfant peut dire « pain grillé » quand il est heureux.

J'ai toujours des difficultés avec les longues chaînes d'informations verbales. Si des instructions verbales contiennent plus de trois étapes, j'ai besoin de les noter. Beaucoup d'autistes ont des problèmes à se souvenir de la séquence d'un jeu d'instructions. Les enfants autistes exécutent mieux les instructions écrites auxquelles ils peuvent se référer, par comparaison à des instructions verbales ou une démonstration d'une tâche, ce qui requiert de se souvenir d'une suite d'étapes (Boucher et Lewis 1989).

L'algèbre est à peu près impossible, parce que je ne peux pas faire d'image visuelle, et je mélange les étapes dans l'ordre de résolution d'un problème. J'ai beaucoup de traits dyslexiques, tels qu'intervertir les nombres et les mots de sonorités similaires tels que over et other. Apprendre les statistiques a été extrêmement difficile, parce que je suis incapable de conserver un élément d'information dans mon esprit pendant que je traite l'étape suivante. Je dois travailler avec un guide, et noter les directions pour exécuter chaque test. Chaque fois que je fais un test statistique, je dois prendre des notes. Il m'est facile de comprendre les lois des statistiques, parce que je peux visualiser les distributions normales ou biaisées des population. Le problème est que je ne peux pas me rappeler de la séquence pour faire les calculs.

Donna Williams (1992), une femme autiste australienne, a décrit des difficultés similaires. Elle était incapable d'apprendre les mathématiques, jusqu'à ce qu'elle ait observé le professeur en train d'écrire chaque étape. Comme moi, elle avait besoin de voir chacune des étapes écrite sur le papier. Si la plus petite étape est laissée de côté, son esprit autiste est largué. L'image visuelle de toutes les étapes écrites lui est essentielle. Donna est aussi devenue frustrée parce que son calculateur n'avait pas de bouton « pct » pour trouver les pourcentages. Les mots qui n'ont pas de sens visuel concret tels que « mettre » ou « sur » ont besoin d'être mis sous une forme écrite afin d'être entendus et qu'on s'en souvienne (Park 1967). Le langage écrit est plus facile à comprendre que le langage verbal. Saisir au clavier est souvent plus facile qu'écrire à la main. Beaucoup d'autistes ont des problème de contrôle moteur qui résultent en une écriture confuse et illisible. Même les autistes extrêmement verbaux peuvent souvent mieux s'exprimer en utilisant le langage écrit, ou bien tapé au clavier. Quand je veux expliquer comment je me sens réellement à propos de quelque chose, je m'exprime mieux en l'écrivant.


Note: :* ESPERANSA signifie Association pour la Sensibilisation à la Protection, l’Éducation et la Recherche sur l’Autisme, et Notamment le Syndrome d’Asperger.

Invité
 

Message par omega » Mar Juil 28, 2009 11:56

Merci, c'est très intéressant. :)
omega
Passionné
 
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Inscription : Jeu Nov 27, 2008 17:12
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Re: penser images visualisation temple grandin

Message par jasonsmith » Ven Sep 23, 2016 15:49

I think that visualisation does help in making some desires real! http://bigpaperwriter.com/blog/albert-einstein-essay has an essay about Einstein!
jasonsmith
 
Message(s) : 1
Inscription : Ven Sep 23, 2016 15:27


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