Ritalline et Anti-Dépresseur: bon mélange? à éviter?

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Ritalline et Anti-Dépresseur: bon mélange? à éviter?

Message par Emily The Strange » Dim Nov 12, 2006 7:11

Mardi passé on m'a diagnostiqué un TDA sans hyperactivité et on me mettra sous ritalline pour reduire mes troubles de concentration. Sauf que, dans un autre topic, j'ai vu que ça pouvait amener la dépression. Mais il y a une chose que je n'ai pas encore discuté avec ma psy c'est que en plus de mes traits Asperger, mes problèmes langagiers, moteurs et de concentration, je souffre de profonde dépression. Donc pour traiter à la fois mon TDA et mes troubles dépressifs, peut-on à la fois prendre la Ritalline et des Antidépresseurs? Ou au contraire, est-ce dangereux?
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Message par Klement Bonelli » Dim Nov 12, 2006 17:20

La ritaline est pourtant employée lorsqu'il y a hyperactivité et ça sert de camisole chimique sur les enfants trop turbulents (moyen pour les profs de mieux contrôler les classes surchargées) et jusqu'à récemment les parents étaient contraints et forcés de donner de la ritaline aux Etats-Unis pour leurs enfants jugés "anormaux" avec leur hyperactivité.

Selon L'Express :
Aux Etats-Unis, les psychiatres, les laboratoires pharmaceutiques et les enseignants n'ont cessé de promouvoir ce médicament aux nombreux effets secondaires (troubles de l'appétit et du sommeil, notamment), mais qui a l'avantage d'avoir un effet pacifiant sur les enfants hyperactifs, dont il améliore la concentration.
(http://www.lexpress.fr/info/sciences/dossier/ritaline/dossier.asp?ida=431300)

Toujours selon l'Express :
les études montrent aussi que le traitement n'améliore pas les résultats scolaires des enfants et surtout que la molécule est loin d'être dépourvue d'effets secondaires - perte d'appétit, insomnies, dépression, accoutumance, caractéristiques des amphétamines. Ce qui explique peut-être que près d'un tiers des enfants traités se voient également prescrire d'autres psychotropes, comme du Prozac ou des anxiolytiques, pour soigner les troubles annexes. En janvier dernier, deux parents de l'Ohio ont intenté un procès à Ciba-Geigy après le décès de leur fille de 11 ans, traitée à la Ritaline, morte d'une crise cardiaque: l'autopsie a révélé une modification des vaisseaux coronariens caractéristique des toxicomanies à la cocaïne.

(http://www.lexpress.fr/info/sciences/dossier/ritaline/dossier.asp?ida=418814&p=2 - c'est moi qui ai mis en rouge dans le texte)

Il faut savoir en outre que c'est un médicament de la même classe que la cocaïne au niveau de la dépendance et de l'acccoutumance, avec un risque de suicide entraîné par le médicament : voir http://www.breggin.com/BregginAff.pdf (affidavit déposé auprès du tribunal par un psychiatre américain pour défendre le cas d'une patiente décédée avec la Ritaline).

Au niveau psychologique, ce médicament entraîne également un retrait social chez les animaux et les enfants, peut entraîner un effet zombie, des troubles nerveux, de l'anxiété, de l'irritabilité, de l'insomnie, de l'agitation, des psychoses avec hallucinations, une dépression psychotique et de la manie.

Au niveau cardio-vasculaire, on note parmi les effets "secondaires" : palpitations, tachycardie, hypertension, arrêt cardiaque, etc. Au niveau gastro-intestinal : anorexie, nausées, vomissements, mal d'estomac, bouche sèche, constipation, diarrhée, etc. Au niveau métabolique, on note entre autre : perte de poids et troubles sexuels. On note aussi des troubles de la vision, des maux de tête, de l'hypersensitivité.

Des réactions obsessionnelles compulsives sont constatées : activités stéréotypiques, comportement obsessionnel compulsif, comportement persévératif, persévération cognitive, sur-focalisation ou focalisation excessive sur certaines activités ou certains domaines. Les réactions de retrait social se caractérisent par : isolation, interactions sociales réduites, diminution de la responsivité, jeux solitaires plus fréquents ou jeux en général moins fréquents chez les enfants. Des réactions supprimant des comportements : curiosité, plaisir ou surprise réduits, léthargique, apatique, émotionnellement calme, dépression, tristesse, peu ou pas d'initiative ou de spontanéité, perte du sens de l'humour, perte du sourire, inhibition sociale avec des comportements passifs et de soumission.

Tout cela est listé dans cet article du Dr. Breggin : What Psychologists and Psychotherapists Need to Know About ADHD and Stimulants (Changes : An International Journal of Psychology and Psychotherapy, 2000). L'article est téléchargeable en PDF à partir du site du psychiatre : http://www.breggin.com/whatpsychologists.pbreggin.2000.html

Je ne puis donc que te déconseiller fortement la prise de ritaline et que te conseiller de changer de psychiatre pour avoir quelqu'un de plus sérieux.

Après je n'ai rien trouvé dans la littérature scientifique quant aux interactions possibles avec des anti-dépresseurs.
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Message par Emily The Strange » Dim Nov 12, 2006 22:18

Ne t'inquiète pas, la conclusion n'est pas absolue. Ma psychiatre elle-même était sceptique pour la ritalline et m'a avoué qu'elle avait beaucoup de craintes que la Ritalline aie de mauvais effets sur moi, elle me l'a seulement proposé, mais elle est très consciente des dangers de ce médicament. Je ne pense absolument pas à changer de psy, je me sens bien avec elle et contrairement à biens des psy elle est une femme sérieuse qui n'est pas pro-pilule, loin de là. Elle préfère largement les diverses adaptations que je peux avoir aux les services adaptés à mon école (ordinateur portable avec synthèse vocale pour éviter de perdre le fil durant la lecture de textes à l'informatique, temps supplémentaire lors des contrôles, preneurs de notes). C'est à moi de prendre une décision. mais avec ce que tu viens de me dire, je crois que je vais laisser faire, ça fait peur...
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Message par Klement Bonelli » Lun Nov 13, 2006 0:28

Il y a la psychothérapie cognitive comportementale qui a autant d'effets positifs sur la dépression que les médicaments et qui est par ailleurs une aide face à la phobie sociale (voir Site du Royal College of Psychiatrists de Grande-Bretagne).

Cette psychothérapie est également positive pour les troubles de la concentration dont tu souffres (voir http://www.ncbi.nlm.nih.gov/).

Je pense à mon humble avis que c'est à essayer.
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