L'influence des mots sur la perception générale

Pour permettre aux membres d'échanger des idées ou procédures sur le théme de la communication.

Message par Amarnis » Jeu Sep 27, 2012 15:19

Kardrem a écrit :
Amarnis a écrit :Sais-tu que des aspies peuvent devenir des acteurs remarquables à force d'apprendre à mimer ?


Je l'ignorais. Ca doit demander une connaissance importante de la liste des "stimuli>réponse" existants, et des connaissances pointues en psychologie. Merci de l'info.

Y-a-t-il des acteurs SA dont on peut observer les performances ?


Je n'ai plus le nom mais Atwood cite souvent le cas d'une actrice de théatre aspie. Il s'agit d'aspies en mode totale-imitation, une stratégie qui en vaut une autre. La maitrise de la psychologie est répandue chez les aspies. J'aime l'image d'ethnologue depuis que je vie le monde ainsi je m'en sors beaucoup mieux : ils faut étudier les NTs comme les Bonobos :lol:
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Message par Amarnis » Jeu Sep 27, 2012 15:42

danielt a écrit :À propos, ton approche n'est pas réservée aux aspies, c'est une approche commune à toute personne différente de la majorité. Un psychopathe aurait pu écrire exactement la même chose par exemple. Le simple fait d'être neurodifférent n'implique pas que tu es aspie. Car tu n'as pas des difficultés d'un aspie.


Je pense que mon approche peut être bénéfique à d'autres qu'aux aspie effectivement.

Par contre je suis aspie ne t'en déplaise. :evil:
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Message par Amarnis » Jeu Sep 27, 2012 16:12

danielt a écrit :
Amarnis a écrit :Par contre je suis aspie ne t'en déplaise. :evil:


Un aspie sans symptômes du SA. :lol:


Disons plutôt un aspie que tu ne reconnais car il ne valide pas tes théories mais que trois psychiatres différents ont clairement identifié :wink:

Les théories doivent au moins s'adapter à la réalité, sinon il faut en changer
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Message par Amarnis » Jeu Sep 27, 2012 17:22

danielt a écrit :Il y a deux groupes de personnes diagnostiquées aspie : celles qui ont des difficultés sociales et celles qui n'en ont pas. Ceux qui ont des difficultés sociales ont beaucoup de choses en commun. Le groupe des "aspies" sans difficultés sociales est tout à fait différent, chacun est différent par rapport à l'autre.

On peut formuler des conseils et des théories pour le premier groupe. Il n'y a pas de conseils spécifiques pour le deuxième groupe : on ne peut proposer que des conseils valables pour tout le monde y compris les NTs.

Il se peut que rien de tout ce que j'écris ne te concerne. La même chose est certainement valable pour Jean Thevenet.


Je ne vois pas cette dichotomie, nulle part je n'ai vu une classification entre deux types d'aspies. Nous sommes différents fondamentalement des NTs ce qui autorise à parler des aspies comme groupe sans nier l'existence des individus et de leurs différences.
Par contre il y a des aspies qui s'en sortent mieux que d'autres. Comme ils sont aspies eux aussi et tout autant que les autres, leurs conseils peuvent être des plus judicieux car adaptables potentiellement à nombre d'aspies. Je pense avoir trouvé, souvent avec difficulté, des voies pour aller mieux alors il me semble normal de les évoquer. Personnellement ces conseils j'aurais aimé en bénéficier plus tôt, je me serait encore mieux et plus vite adapté ce qui me semble une excellente solution.
Effectivement ce que tu écris parfois ne me concerne pas, mais non pas que je sois une espèce d'aspie particulière mais car ta distinction entre deux groupes d'aspies n'existe pas tout simplement pas. Il y a une voie ouverte à mon sens, pour tous, pour s'en sortir : l'apprentissage et ce même s'il est long et difficile pour nous. Le nier c'est nous cantonner à rester des extra-terrestres alors que des solutions sont là. Et j'ajouterais qu'il faut commencer le plus tôt possible, idéalement de manière à déjà maitriser le fonctionnement social des NTs avant l'adolescence qui peut être très dures pour un aspie non adapté.
Mon fils que j'éduque de mon mieux dans ce sens, en lui expliquant systèmatiquement les attendus des autres, réussit très bien. Il a "hérité" de moi son aspect aspie mais aussi des facilités, alors apprendre des maths, des langues ou des codes sociaux à savoir imiter, il peut et il le fait et sa vie sociale s'améliore sensiblement.
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Message par Kardrem » Sam Sep 29, 2012 10:23

Peut-être un point que j'ai oublié de développer.

L'utilisation de mots à connotation positive n'a pas pour but d'influencer ma perception de la situation, mais celle des gens avec qui je communique. Et si je sais que la discussion est constructive, il n'y a pas de rejet, et donc rien à craindre.

Auparavant, j'utilisais beaucoup de mots anxiogènes et de tournures de phrase négatives. Et lors d'une discussion, cela dégénérait souvent, parce que le vocabulaire utilisé introduisait un aspect inquiétant pour l'interlocuteur.

Ca se terminait souvent par un rejet (verbal ou social), et j'avais souvent des retours professionnels à ce sujet, mais seules quelques rares personnes prenaient l'initiative de me l'expliquer directement.

Maintenant que je me force à utiliser des mots à connotation positive, des tournures de phrases positives et que j'oriente la discussion sur les débouchés constructifs, il n'y a plus de rejet.

J'ai toujours été franc et direct (peut-être même un peu trop). Je le suis toujours en utilisant cette méthode, mais ça ne passe plus pour de la moralisation, juste pour un bon conseil.

Cela vous permet-il de mieux comprendre l'intérêt de la démarche ?
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Message par Kardrem » Sam Sep 29, 2012 11:47

La seule différenciation que j'arrive à faire c'est :

- Sourire + aucun plissement des yeux = sourire de façade
- Sourire + plissement des yeux = sourire sincère
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Message par Kardrem » Sam Sep 29, 2012 12:08

Ha oui, le sourire second degrés. Je comprend tout littéralement, ça arrive souvent que quelqu'un dise "c'est bon, je déconne" quand je pars dans une explication complète de ce que je connais du sujet.

Je sais pas si j'arriverai un jour à le comprendre en temps réel, mais bon, l'espoir fait vivre.
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Message par Kardrem » Sam Sep 29, 2012 23:45

anonymous a écrit :On sait pas si c'est les autres ou toi le problème.


Les deux. J'ai appris d'eux et gardé les habitudes qu'ils m'ont transmises (focaliser son attention sur les situations à risque, même minimes). Ca je l'ai réalisé il y a 6 mois seulement.

anonymous a écrit :Moi je comprends pas.


Discussion constructive = paix de l'esprit

Ma seule crainte personnelle dans le fond, c'est de rencontrer une situation bloquante qui m'empêche de penser normalement. C'est déjà assez courant dans la vie normale, avec en plus la crainte d'une discussion qui dérape, c'est encore plus bloquant.

Maintenant que je sais qu'il n'y aura plus (ou peu) de situation de ce type, je pense normalement. Ca m'a libéré d'un handicap et ça me motive pour aller de l'avant.
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Message par Kardrem » Dim Sep 30, 2012 15:30

anonymous a écrit :
Kardrem a écrit :Non, je voulais dire qu'en l'absence de certaines informations, la conclusion peut-être erronée.

Elle ne devrait pas. Si tu produis un raisonnement sans voir tes approximations, alors effectivement tu peux produire de mauvaises conclusions.


Ouais enfin, pour rappel, c'est toi qui arrive à la conclusion que je suis schizophrène sans plus d'informations, pas moi. C'était une explication au sens large pour te permettre de relativiser une conclusion hâtive.

Qu'est-ce qui conduit une personne à produire des conclusions erronées ? Certaines structures logiques transmises par l'éducation et l'entourage.

Il est probable que l'entourage influe sur les raccourcis logiques qu'on peut faire. Néanmoins, avec l'accès à la connaissance qu'on a actuellement via internet, les raisonnements et "vérités" qui proviennent de l'entourage / la société / la culture peuvent être facilement vérifiables.
Par exemple, la société peut déclarer qu'élever des enfants par 2 parents de même sexe conduit à plus de problèmes pour les enfants.

Si on n'a pas la possibilité de vérifier, on peut produire de mauvaises conclusions à partir de ce raisonnement, en le considérant comme vrai.
Si tu retiens que ce raisonnement n'est pas un fait observé mais un raisonnement non scientifiquement prouvé, tu évites de produire des conclusions à partir de cela.
Et si tu as la curiosité de chercher, tu t'aperçois que le raisonnement est faux.


Même principe, tu détailles la bonne démarche sans te rendre compte que tu fais la démarche inverse en partant du principe que je suis schizophrène sans plus d'informations.

Une conclusion hâtive et sans fondement n'est pas constructive.

anonymous a écrit :Les autistes sont assez épargnés par ces approximations du fait de la structure de la mémorisation (comme j'avais dit, j'ai tendance à stocker "untel a dit que").


Excès de confiance et manque de remise en question. Les amalgames et raccourcis logiques des post précédents tendent à prouver l'inverse.
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Message par Kardrem » Dim Sep 30, 2012 17:32

Kardrem a écrit :Une personne qui cherche à comprendre questionne. Une personne qui cherche à prouver affirme. Tu ne questionnes pas, tu affirmes intrinsèquement que je ne suis pas autiste sans autre information que la structure de mes phrases.


C'est aussi pour cette raison ce sujet est passé d'un échange sur les idées à un échange sur les personnes. Les discussions égo-centrées sont une telle perte de temps.
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Message par Amarnis » Dim Sep 30, 2012 18:41

Kardrem a écrit :
Y a-t-il quelque chose dans la vie de tous les jours qui vous semble bloquant ou gênant (ça peut-être relatif aux NTs, à nos structures sociales, ou encore à des comportements particuliers) ?


Par principe RIEN ! Je suis aussi d'accord avec peu de choses mais rien n'ai autorisé à me bloquer, par choix et volonté.
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Message par Amarnis » Dim Sep 30, 2012 18:55

danielt a écrit :
Kardrem a écrit :C'est là l'intérêt de ce post, expliquer que ce n'est pas gravé dans le marbre, qu'on peut modifier ces paramètres à force d'efforts. Bien sûr que c'est difficile, mais c'est faisable.

Ce n'est pas valable pour tous les aspies. Ce que tu écris est vrai pour les NTs et pour les gens diagnostiqués SA dont le SA n'est pas fort. Un aspie qui a les capacités de dépasser les problèmes sociaux du SA ne fait pas partie du même groupe que les aspies qui n'ont pas la possibilité de dépasser des problèmes sociaux.

Un aspie qui nie la possibilité de cette difficulté a la même attitude qu'un NT qui nie l'existence du SA.


Je crois plutôt que tu nies la capacité des aspie à progresser en limitant cela par pirouette à certains aspies qui d'un seul coup pour toi ne sont plus tout à fait des aspies. Et bien non il s'agit tout autant d'aspie que toi, juste ils ont progressé, certains, j'en fais parti, au prix d'énormes efforts reposant sur une volonté dont j'ignore l'origine.
En fait pour toi un aspie qui a progressé n'est plus un aspie parce qu'il ne rentre plus dans ta définition. Hans asperger avait lui déjà compris que des aspies peuvent s'en sortir et être capable, adultes, de ce cacher dans la société.
Au fait c'est aussi totalement incohérent avec les habilités sociales que tu te vantais de maîtriser il y a peu. Aurais-tu progressé ? :wink:
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