Adam

Films et articles en rapport avec le syndrome d'Asperger.

Adam

Message par Elaine Taveau » Mar Avr 13, 2010 20:20

Critique sur le filme Adam


Un syndrome, une histoire

A bas les amalgames. L’autisme de Dustin Hoffman n’est pas la maladie dont souffre Adam, héros du film éponyme.
L'asperger est une forme assimilée de l’autisme mais beaucoup plus nuancée et ouverte dont est donc atteint Adam. Un jeune homme récemment orphelin, ingénieur pour jouets électroniques, passionné de physique et de sciences, qui vit seul depuis la mort de son père. D’emblée, le personnage prend vie dans ses inadaptations.
Celui qui l’incarne, Hugh Dancy, est absolument confondant de savoir-faire. Dans le regard toujours vague, le verbe hésitant, la posture étriquée, l’inconfort social maladif, Hugh parvient à donner corps à ce personnage à part, qui attache et émeut dès les premières minutes.


A cet égard, plusieurs traits de la personnalité d’Adam font directement penser à Sheldon Cooper, physicien lui aussi, dans la série The Big Bang Theory. Et si Sheldon était un Aspie ? Ses rites interactifs sociaux biaisés lorgnant en effet du côté dudit syndrome. Bien plus mesuré, cela dit, le geek qui connaît la mauvaise foi et le second degré, reste toutefois concerné par cette description : logorrhéique, inadapté, replié sur lui-même. On peut aussi parler de Walter Bishop (Fringe) ou même Monk. Force est de constater en tout cas que l’Asperger est un handicap dont les bribes sont des ressorts comiques qui se retrouvent facilement dans le monde de la télé.
Mais ici, point de comédie, Adam est une chronique, humaine avant tout.


Face à Adam, incarné par le désormais louable Hugh Dancy, Rose Byrne ne démérite pas. Celle qui est dans le cœur de Blabla-Series depuis la première seconde de Damages incarne ici une jeune femme aimante, presque débonnaire envers son voisin et futur amoureux.
Tous deux forment évidemment un couple parfait (difficile de ne pas succomber à la fois au charme de Rose et de Hugh, les deux sont somptueux), idéal pour le paysage azuréen prôné par le film.
Plus qu’une harmonie physique, le couple parvient à créer une vraie entente chimique, un vrai soutien réciproque. Appuyés par des dialogues construits et réalistes, Beth et Adam engrangent un processus de compréhension, de confiance, de découverte de soi dont le spectateur est témoin. Et ce qui en ressort est remarquable.




Anti-cynique mais pas mièvre

Adam est un joli film, très équilibré, sans fausse note ou passage dérangeant. Gentil mais pas gentillet, sentimental mais pas sirupeux, plus un message à la différence sur fond romantique qu’une bluette sans réalité, sans queue ni tête. Adam assume sa romance, ses traits débonnaires sans jamais verser dans un registre dégoulinant de bons sentiments, à l’image de cette fin quasiment bouleversante et totalement plausible. Parce que c’est une histoire de tolérance et d’entraide, l’important.

Il y a cette scène magnifique et sombre dans le film, une scène qui fait tout basculer, qui transmue le visage de l’héroïne qui demande alors à Adam pourquoi il désire l’avoir à ses côtés. Et la réponse folle d’éloquence illustre pleinement Adam, loin des contours fleur bleue qu’on aime à lui coller “you're a part of me, i need you to help find a place to live and to learn how to get to work and to understand what it means when people say crazy stuff, and I couldn’t go without you”.


La plupart des critiques ont gratifié le film de niaiserie montée. Parce que plutôt tendre et inoffensif. Et c’est toute la victoire d’Adam : recueillir des avis foncièrement cyniques avides d’autre chose de plus tarabiscoté et abrupte, en menant de front un propos authentique assumé, volontairement dénué de cynisme.
Un résultat simple, à la mesure du héros, qui psychologiquement parlant est incapable de ressentir le moindre cynisme, la moindre ironie. C’est le cas du film donc, qui pour autant ne privilégie pas un suave happy ending.



Comme le malade d’Asperger, qui ne fonctionne qu’à l’explicite, au pragmatique bien formulé, Adam est une œuvre qui ne fonctionne qu’au sentiment. Il compose une romance moderne étonnante, pas irréaliste, pour déboucher sur une petite leçon modeste sur les égards humains, particulièrement d’époque.

http://www.blabla-series.com/archive/20 ... ureux.html
Elaine Taveau
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