Intégration au collège

Un forum où l'on parle des points forts et des réussites chez les Aspergers.
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Intégration au collège

Message par Amarnis » Jeu Oct 11, 2012 11:37

Voilà, juste pour vous faire part de la très bonne intégration de mon petit dernier au collège.

J'appréhendais l'an dernier pas anticipation comment mon petit aspie allait franchir ce cap important. Il me semblait encore si naïf, si enfantin et limité dans ses interaction sociales. Et bien en fait ces derniers mois l'ont vu murir de manière importante et aussi acquériri de nombreuses habilités sociales, juste à temps je dirais du fait de la multiplication des rapports sociaux au collège.

Cette réussite elle est du je crois à la structure familiale dont il a bénéficié. Père aspie qui l'élève comme il aurait aimé être élevé : beaucoup de justice, beaucoup d'explications sur le fonctionnement différent des autres, beaucoup d'adaptation aux autres via les aidants que sont ses deux frère et soeur ainée.
Et ça marche, il est bien plus intégré et savant du fonctionnement des autres que moi au même âge, un gros atout. Et je lui ai aussi appris à faire attention à lui en se réservant des moments récompensant ses efforts d'intégration et d'adaptation.
Et puis enfin, la réussite scolaire naturellement attendue (il est brillant) est au rendez-vous, et j'ai bon espoir que contrairement à moi il ne soit pas obliger de jouer à la désinvolture pour ce construire un personnage acceptable. Il est drôle et cela suffit à lui faire un ami, plus des copains copines qui l'apprécient.
Il est de loin le meilleur élève de sa classe dans toutes les matières et se challenge pour faire mieux que sa soeur l'an dernier (genre 17 de moyenne, lui vise beaucoup plus haut : la perfection).
:D
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Message par profil supprimé » Jeu Oct 11, 2012 11:53

Et je lui ai aussi appris à faire attention à lui en se réservant des moments récompensant ses efforts d'intégration et d'adaptation.


Je n'ai pas compris cette phrase.

Il est de loin le meilleur élève de sa classe dans toutes les matières et se challenge pour faire mieux que sa soeur l'an dernier.


Je n'y connais pas grand chose en élevage d'enfant, mais j'imagine que tu fais attention que se challenge vienne de lui et non de toi.

Il fait quoi d'autre comme activité à part l'école ?

aspie


Hors sujet mais à chaque fois que je vois ce mot, je pense à un apsirateur.
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Message par Amarnis » Jeu Oct 11, 2012 12:05

Fumigatus a écrit :
Et je lui ai aussi appris à faire attention à lui en se réservant des moments récompensant ses efforts d'intégration et d'adaptation.


Je n'ai pas compris cette phrase.


Les récompenses qu'il s'offre tout seul sont son droit absolu à être seul à s'isoler sans avoir de compte à rendre, de la lecture dès qu'il présente un intérêt, sa passion pour les jeux vidéo et l'univers d'internet.


Il est de loin le meilleur élève de sa classe dans toutes les matières et se challenge pour faire mieux que sa soeur l'an dernier.


Fumigatus a écrit :Je n'y connais pas grand chose en élevage d'enfant, mais j'imagine que tu fais attention que se challenge vienne de lui et non de toi.


Moi c'est mon troisième enfant et je dirais : les deux. J'apprends à mes enfants le challenge, le défi, le dépassement de soi, l'ambition et la volonté d'exister, de se réaliser. Mais le niveau du challenge là vient effectivement de lui : il veut prouver qu'il est plus intelligent que sa soeur, ce qui est une évidence.

Fumigatus a écrit :Il fait quoi d'autre comme activité à part l'école ?

Petit il a fait l'école du cirque que je recommande car ils prennent alors beaucoup d'aisance avec leur corps et les notions d'équilibre. Cette année on fait plus fort, on essaye un sport collectif qui est une passion dans notre maison : le hanball. On va voir à l'usage mais pour le moment pas de problème.
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Message par Alexandre76 » Jeu Oct 11, 2012 15:02

Je suis heureux de lire ce post Amarnis.
Grand paralléle avec les miens.
Oui, c'est possible !
Merci de ton partage;
Alexandre
" Vous devez être le changement,

que vous voulez voir dans ce monde. "

Mohandas Karamchand Gandhi.

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Message par profil supprimé » Jeu Oct 11, 2012 17:01

Par exemple, cette volonté de progresser m'a permis de changer radicalement l'avenir sombre qui m'attendait, ce n'est vraiment pas rien. J'ai quitté un univers sordide et violent de banlieusard miséreux pour vivre, épanoui dans une belle région où mes enfants grandissent confortablement, vraiment ce n'est pas rien.


Comment cela c'est passé ? Un jour tu t'es dit, stop ! Et tu as planifié ton avenir pour en arriver où tu en es aujourd'hui ? Je suis également issue d'une banlieue miséreuse, mais ma "réussite" (relative, elle n'est pas aussi enthousiasmante que la tienne) est arrivée sans que je planifie quoi que ce soit. J'ai plutôt eu l'impression de me "faire balloter par un court d'eau."
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Message par Nero Vipus » Ven Oct 12, 2012 1:44

Amarnis a écrit :Pas excatement si tu te relis bien tu dis arbitraire et [...], l'arbitraire n'est heureusement pas présent partout, il est pratiquement absent des mathématiques, de la grammaire par exemple.


Je me permets de donner ma propre expérience quant à aux mathématiques scolaires. J'ai toujours manié les chiffres avec beaucoup d'aisance et sans jamais m'entrainer (les chiffres se combinent en forme chez moi, du coup tout devient plus intuitif), je résolvais les problèmes de tête, sans réelle méthodologie ou si j'en avais une elle ne correspondait pas à celle enseignée. Là est l'arbitraire, la méthodologie enseignée doit être la seule utilisée. Elle est faite pour être assimilable pour le plus grand nombre, quand on a un processus cognitif atypique c'est beaucoup plus compliqué. J'ai toujours eu des notes moyennes en cours bien que la plupart de mes profs me reconnaissaient des capacités. Par ailleurs si l'on assimile pas cette méthodologie en primaire et au collège, la suite devient vraiment laborieuse.

J'ai un autre exemple : celui d'un ami qui, au collège, avait comme moi des notes moyennes et sans éclat en math. Un jour son grand-père l'a pris pour lui montrer ce qu'étaient vraiment les maths (ceux du supérieur donc). A partir de la il a été systématiquement entre 18 et 20 de moyenne jusqu'en terminal (il a fait s spé math). En math scolaire la méthodologie joue beaucoup. Même si le cas de mon ami n'est pas généralisable puisqu'il est surdoué (diagnostiqué au collège justement) il est assez révélateur je trouve.
L’obsession de l’ailleurs c'est l'impossibilité de l'instant
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Message par temp-995 » Ven Oct 12, 2012 23:08

Je comprend ce que Daniel exprime et je suis assez d'accord avec ses explications mais je mettrais quelques nuances.

danielt a écrit :La personnalité est liée à la capacité innée d'apprendre de nouvelles émotions et de construire des émotions complexes.

cette capacité d'apprentissage est +/- inée-acquis chez les NT car elle dépend essentiellement des expériences de la vie.
Il est probable qu'Anarmis de par ses multiples expériences d'adultes (professionnellement ou autres) et de part son âge, sa maturité de père de famille etc. ai appris avec le temps ce qu'est le dépassement de soi, l'ambition etc.
Aussi, je ne crois pas que cela soit impossible pour un autiste de développer/ressentir des émotions complexes comme la jalousie, l'orgueil, l'égo etc. Le plus difficile pour l'autiste, je pense, est peut être encore d'identifier ces émotions complexes c'est à dire de comprendre ce qu'il ressent quand des émotions complexes se développe en lui, de comprendre en fonction de la situation pourquoi elles se développent. Le problème n'est pas d'ordre émotionnel mais d'ordre cognitif.
Et le déficit est initial mais l'apprentissage est tout à fait possible, tout comme est initial le déficit dans la détection et la compréhension des mimiques faciales.

danielt a écrit : Ma personnalité n'a aucune cohérence dans le sens neurotypique, je peux être très tenace un jour et terriblement défaitiste ou paresseux un autre jour.

Je ne crois pas que les NT soient différents la dessus. Certains ont tes caractéristiques (tenacité un jour, défaitisme un autre jour). C'est la nature humaine qui est comme cela.

-----------------------------------

@Danielt : es-tu indifférent dans la victoire ou la défaite dans un jeu de société par ex ?
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Message par temp-995 » Sam Oct 13, 2012 16:18

danielt a écrit :Ton raisonnement est très influencé par la doxa neurotypique.

Mon raisonnement est basé sur mon expérience personnelle.
J'en ai profité pour appronfondir le sujet des émotions chez l'autiste et certains écrits vont dans le sens de mes explications
Je t'invite à lire les quelques pages de ce livre dispo sur google :
http://books.google.fr/books?id=F4lHfmo ... &q&f=false
Il y a des témoignages d'autistes.

danielt a écrit :Tu nies ainsi l'existence de la personnalité et du caractère chez les NTs. :wink:

J'affirme plutôt que la personnalité est variable suivant les périodes de notre vie. On peut être immature, délinquant à 14 ans etc. et être un père responsable à 30 ans.
Le tempérament (la sensibilité au stress, l'introversion ou l'extraversion) est un trait inné mais le caractère, la personnalité est avant tout influencé, forgé par nos expériences sociales et l'éducation familiale.
C'est ce qu'Amarnis explique en essayant d'inculquer à ses enfants le challenge, le défi, le dépassement de soi, l'ambition et la volonté d'exister, de se réaliser etc.

Code : Tout sélectionner
En psychologie, le caractère d'une personne résume la manière dont cette personne va réagir dans une situation donnée.

Les activités sportives sont un cadre propice à la culture du caractère, l'accès aux performances incitant à développer également les ressources mentales ; certains arts martiaux mettent encore davantage l'accent sur ce développement au point de le considérer davantage comme une finalité que comme un moyen.

Il peut être utile de distinguer tempérament, caractère et personnalité.

La notion délicate de personnalité est parfois mise en rapport avec celle de caractère. Ce dernier désigne habituellement les façons d'agir et les attitudes qui sont propres à un individu et qui permettent de le distinguer des autres. Cette distinction est particulièrement utilisée par la caractérologie. Longtemps synonyme de personnalité, le terme de caractère n'est plus guère utilisé en psychologie et par les auteurs car il est associé à des connotations morales, et fait référence à un jugement de valeur souvent négatif : « mauvais caractère », « caractère de cochon ».

Il faut tout de même signaler que, dans son modèle de la personnalité, Cloninger intègre la dimension de caractère. Alors opposé au tempérament, le caractère correspondrait aux « dimensions de la personnalité déterminées par l'apprentissage social et l'apprentissage cognitif » : il ne serait donc pas influencé par des facteurs héreditaires. Le tempérament fait référence aux correspondances physiologiques du caractère plus directement lié à la tradition morphopsychologique antique (théorie des humeurs) ou constitutionnelle moderne.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Personnalit%C3%A9


Depuis que j'ai découvert le trail et les sports d'endurance, le dépassement de soi fait partie intégrante de ma vie : il s'agit d'aller au bout de mes limites physiques ou psychologiques et cela a tout son sens. Cela me permet de gagner en estime de soi et en confiance en soi.
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Message par temp-995 » Sam Oct 13, 2012 17:50

anonymous a écrit :Sincèrement je pense qu'il ne faut pas se monter des idées au cerveau : on aime bien la compétition quand on gagne, sinon ça fait chier.

Le dépassement de soi, ça n'a de sens que si on peut en mettre plein la vue aux autres.


Connais-tu la compétition en trail ?
Si tu pratiquais ce sport, tu verrais que la notion de chronométrage et de place a peu d'importance pour une grande partie du peloton. Le plaisir principal est de découvrir de nouveaux paysages et le plaisir associé à l'effort physique et éventuellement le dépassement de soi quand on s'est fixé un objectif au départ. Ainsi sur ces compétitions il n'y a de victoire ou de défaite que par rapport aux objectifs que l'on s'est fixé.

Quand on part pour la première fois pour faire 70km et 3000md+, l'objectif est uniquement de terminer et quand l'on atteint cet objectif même si l'on finit à la dernière place, on en retire de la fierté par rapport à soi-même et non pas par rapport aux autres. Je vois mal le dernier d'une compétition sportive se vanter aux autres de sa dernière place...
Après je pense que c'est normal quand on fier de soi de partager sa joie et donc d'en parler, loin de l'idée d'en mettre plein la vue aux autres comme tu le dis.

anonymous a écrit :Bref, c'est de la construction sociale tout ça. Ce qui ne veut pas dire que les aspies ne peuvent pas l'apprendre, mais il ne faut pas lui donner plus de valeur que ça en a.

C'est tout ce que je voulais entendre. Que ce n'est pas un trait uniquement NT mais que les autistes peuvent apprendre, connaître cela.


anonymous a écrit : Mais il ne faut pas faire croire qu'on "s'accomplit" ou je ne sais quoi..

Toi, on dirait bien que tu n'es pas d'accord avec la théorie de la pyramide des besoins de Maslow :wink:
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Message par temp-995 » Sam Oct 13, 2012 18:31

anonymous a écrit :Que tu partages ta joie juste au moment d'arriver, oui, t'es défoncé aux endorphines, c'est normal.

:lol: c'est pas faux.

anonymous a écrit :Mais ça ne va pas te mettre la banane pendant 15 jours parce que t'as réussi ton objectif, non ?

« Les petits ruisseaux font les grandes rivières » ;)

anonymous a écrit :Déjà pourquoi les gens sont obligés de faire des défis "organisés", balisés etc ? Pour se comparer.

L'objectif n'est pas de se comparer. L'objectif est de se dépenser physiquement et découvrir de nouvelles régions, paysages. On ne peut pas se lancer à l'aventure pour 10h de course par ex sans un minimum de logistique (ravitaillements en chemin par ex)

anonymous a écrit :Partager qqch que qqun n'a pas vu ou fait, c'est nul. A la rigueur pour combler les blancs dans les conversations, mais ça revient au fait qu'il vaut mieux faire des trucs socialement valorisants.

Je n'en parle surtout qu'avec des gens qui pratiquent la même chose que moi. C'est une passion comme une autre.

anonymous a écrit :Tu peux te dépasser en battant ton record de montée de marches à cloche pied dans ton immeuble.

Plus ennuyeux que cela difficile de trouver. Le plaisir du trail pour moi, c'est la nature, le silence, la beauté des paysages

anonymous a écrit :Le dépassement de soi, c'est une phrase marketing qui veut juste dire que t'as atteint un objectif, et t'es content ; et il vaut surtout mieux dépasser les autres que soi-même.

je vais reprendre une phrase de danielt :
Ton raisonnement est très influencé par la doxa neurotypique. ;)
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Message par temp-995 » Sam Oct 13, 2012 18:52

anonymous a écrit :Moi j'appelle ça de la marche ou rando, mais c'est moins classe que "trail".

Est-ce tu arrives à faire de la rando à 10km/h de moyenne en terrain valonné ?
On peut courir en endurance tout en profitant de la beauté de ce qui nous entoure.
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Message par Amarnis » Mar Oct 16, 2012 9:50

Fumigatus a écrit :
Par exemple, cette volonté de progresser m'a permis de changer radicalement l'avenir sombre qui m'attendait, ce n'est vraiment pas rien. J'ai quitté un univers sordide et violent de banlieusard miséreux pour vivre, épanoui dans une belle région où mes enfants grandissent confortablement, vraiment ce n'est pas rien.


Comment cela c'est passé ? Un jour tu t'es dit, stop ! Et tu as planifié ton avenir pour en arriver où tu en es aujourd'hui ? Je suis également issue d'une banlieue miséreuse, mais ma "réussite" (relative, elle n'est pas aussi enthousiasmante que la tienne) est arrivée sans que je planifie quoi que ce soit. J'ai plutôt eu l'impression de me "faire balloter par un court d'eau."


Cela s'est passé un peu comme ça, un jour j'ai dit stop vers 12 ans, stop à mon rôle trop passif, à mes difficultés trop mal cachées qui me faisait passé pour un faible. J'ai alors construit consciemment un personnage adapté à un milieu agressif. Après moi aussi je n'ai pas la pleinne impression d'avoir toujours fait les bons choix particulièrement en rapport avec les études (mon orientation a été nulle), trop enfermé dans un personnage de dilletante brillant et surfant sur la facilité (les mathématiques).
La deuxième validation de mon choix je l'ai fait lorsque que j'ai entamé ma carrière professionnelle : toujours des facilités mais avec en plus de l'abnégation, beaucoup de travail, un immense investissement. De tous cela j'en tire une conviction que l'ascenceur social même s'il a des ratés fonctionne encore possiblement.

Fumigatus a écrit :Je vais surement te poser autant de questions sur cette "volonté" que je t'en ai posé sur la honte.


Normal, tu es dans le coeur du sujet, je vais essayer d'y répondre de mon mieux mais c'est un domaine où ma recherche de la compréhension de moi-même échoue pour le moment. C'est véritablement LA question.
J'ai bien quelques idées comme une soif de revanche social, j'ai toujours eu l'impression d'être né au mauvaise endroit dans une famille démunie financièrement et intellectuellement. Il est possible que l'envi de montrer à ma famille, tirée vers le bas, j'avais des reflexion telle que "les études c'est pour les feignants", que l'on pouvait s'en sortir par le haut.
La difficulté comme alimentation de la volonté ? Je ne sais pas, je ressens cela comme plus profond. J'ai longuemment réfléchi, le plus profond que j'ai trouvé sur ce sujet c'est Nieztsche et il en est resté à la "volonté de puissance" (au sens philosophique) qui n'est rien de plus que l'essence de la vie, la volonté de survivre. Ce qui n'explique rien quant à l'origine de cette volonté. Une certitude, bien qu'aspie j'en suis pourvu ce qui prouve que ce n'est pas antinomique.
Fumigatus a écrit :
il veut prouver qu'il est plus intelligent que sa soeur, ce qui est une évidence.


Ce n'est pas une critique, c'est juste pour comprendre. J'ai par moment une vision bien trop utopiste de la vie malgré tout ce que je pense de l'humanité. Mais penses-tu qu'il soit sain d'entretenir une compétition entre frère et soeur ? Le mot "évidence" me fait un effet bizare mais je n'arrive pas vraiment à dire quoi.


La première valeur que j'enseigne à mes enfants c'est la fratrie, que les personnes les plus proches d'eux les plus solidaires peuvent être en son sein. Après un peu de challenge est pour moi très sain. Je considérerais même que je ferais une faute éducative si je ne les préparais pas à la notion de concurrence, c'est la réalité qui les attends et je suis pour le principe de réalité.
Je fais particulièrement attention à mon petit dernier de loin le plus brillant pour ne pas qu'il se gache en partie comme moi en ne s'investissant pas dans ses études. Cette année il a deux options : rester ce qu'il est tout dans la facilité et viser comme sa soeur disons 17 de moyenne, où se réaliser en visant mieux. Il s'est pris au défi de faire mieux que sa soeur et je trouve cela tant mieux. Pour ce qui est de l'évidence il nous prouve régulièrement ses étonnantes facilités : je l'ai testé vers 4 ans alors qu'il savait évidemment déjà bien compter en introduisant les carrés et les racines avec son frère et sa soeur, il a intégré la notion avec une grande aisance.
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Message par Amarnis » Mar Oct 16, 2012 10:39

danielt a écrit :
Amarnis a écrit :J'apprends à mes enfants le challenge, le défi, le dépassement de soi, l'ambition et la volonté d'exister, de se réaliser.



Ce dont tu parles ne sont pas des compétences ou des aptitudes mais des traits de personnalité, du caractère. En l'écrivant tu sous entends que l'on peut changer le tempérament, la personnalité ou le caractère d'une personne.

Oui danielt, je ne le sous-entend pas je dit que l'on peut créer l'émulation, expliquer que des choses sont possibles pour ceux qu'y le veulent plus. Et par ailleurs je désire qu'ils soient des personnes affirmées armées à défendre leurs idées et leurs intérêts. Cela s'appelle l'éducation pour moi, un apprentissage et une préparation à la vie réelle.

danielt a écrit :Nous sommes là au cœur du sujet concernant la nature du SA. La personnalité est liée à la capacité innée d'apprendre de nouvelles émotions et de construire des émotions complexes. C'est un des traits principaux décrivant la neurotypicité. Et il est généralement accepté que les aspies et les autistes en général ont un dysfonctionnement de cet apprentissage particulier et qu'ils ont un déficit d'émotions complexes.

Les émotions complexes sont totalement hors de ma portée mais j'ai compris, pas mal, comment fonctionnent les neurotypiques, il y a une différence je peux comprendre mais pas vivre. Cela suffit pour orienter si possible : pour cela j'use de l'exemplarité. Mes enfants me savent volontaire et savent que la réussite professionnelle est au bout. J'esssaye par ce biais, celui de l'exemple, de leur inculquer des valeurs.

danielt a écrit :La plupart des gens n'ont jamais remarqué mon autisme mais ils ont souvent constaté un manque de personnalité chez moi. Je suis incapable d'apprendre le challenge, le défi, le dépassement de soi, l'ambition ou la volonté d'exister, de me réaliser. Je dirais même plus, ce sont des notions qui ne me disent rien du tout. Je suis toujours dans le même état mental qui n'évolue pas depuis mon enfance. Ma personnalité n'a aucune cohérence dans le sens neurotypique, je peux être très tenace un jour et terriblement défaitiste ou paresseux un autre jour. Et il n'y a rien à apprendre ou changer dans ce domaine, je m'adapte à la situation.

Ces notions dont tu parles, moi me parlent et pourtant je suis autiste il n'y a donc aucune contre-indication. Le manque de volonté n'est pas une caractéristique du SA, plusieurs aspies cités par Atwood ont développé de grandes réussites sportives très lié à leur volonté. En sport plus il y a de l'abgnégation plus je suis fort. Je ne répugne devant aucun effort.

danielt a écrit :En lisant tes écrits je ne fais que renforcer mon opinion que tu es moins autistique que la plupart des membres du forum ou que "ton SA" n'intègre pas certaines caractéristiques principales du SA.


Tu reproduis constamment la même erreur de raisonnement, tu définis un groupe par un ensemble de caractéristiques qui sont propres à ta théorie et lorsqu'un cas avéré ne rentre pas dans ta défintion plutôt que de remettre en question tes critères manifestement inadéquats tu te crois autorisé à qualifier la personne de moi autistique que toi. Mes intimes n'ont aucun doute sur mon autisme transparent dans ce contexte (je suis surtout adroit professionnellement) et la plupart d'entre eux me qualifieraient facilement de plus autistique que la plupart des membres du forum, je le ressens aussi comme ça souvent.
On peut être autiste est très volontaire heureusement rien ne nous cantonne dans la passivité. Et nos capacités d'adaptation, travaillées depuis notre plus jeune âge, pour les intégrationnistes ce que je suis, est un atout indéniable.
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Message par Amarnis » Mar Oct 16, 2012 10:54

anonymous a écrit :
danielt a écrit :Je suis incapable d'apprendre le challenge, le défi, le dépassement de soi, l'ambition ou la volonté d'exister, de me réaliser. Je dirais même plus, ce sont des notions qui ne me disent rien du tout.

+1


anonymous a écrit :Je dis souvent "je n'ai pas de but dans ma vie", et les gens me regardent bizarrement.

C'est effectivement quelque chose qui nous distingue nettement, comme chez les neurotypiques il y a des aspies ayant des buts et d'autres pas. Cela n'a rien à voir avec le SA, ce n'est pas une caractéristique.

Amarnis a écrit :Le système scolaire m'a épuisé mais je l'ai dominé, je lui souhaite la même chose avec le droit de réussir sans honte mais avec fierté.


anonymous a écrit :Excuse-moi mais ce genre de phrases me fait plutôt vomir. Que peut-on retirer comme fierté le fait de vouloir écraser les autres ?
.

La réussite est une affaire personnel, il ne s'agit pas d'écraser les autres mais de se réaliser, cela peut passer par des défis par rapport aux autres.
Nous ne pensons pas pareil et tu ressens du dégout moi je ressens de la peine pour ceux qui refusent la réalité de la concurrence inévitable du monde neurotypique dans lequel nous devons vivre.
anonymous a écrit :A te lire, et c'est ce qui me dérange quand tu tiens ce genre de discours, il faut suivre un chemin de la "réussite" et se battre pour cela.

En fait je signale juste une voie possible même pour des autistes que d'aucun essaye de nous fermer.

anonymous a écrit :Moi j'ai toujours bossé le minimum à l'école, et ça j'en suis fier. Fier d'avoir toujours eu suffisamment de recul sur mes études pour me dire qu'elles ne sont qu'un instrument de sélection.
J'ai toujours regardé avec tristesse ces gens qui sont toujours dans le rouge pour être les meilleurs, alors qu'avec un peu de recul, ils s'apercevraient qu'ils pourraient vivre très bien en étant dans la zone orange, voire verte.
Mais bon, chacun vit comme il l'entend.


J'ai longtemps fait comme toi par manque d'émulation, et je le regrette en bonne partie. Il faut réaliser son potentiel et participer à la sélection qui s'impose à nous. Quant à la zone rouge tu as parfaitement raison, il convient de faire attention, c'est une limite de l'exercice mais tout investissement présente un risque mais je pense que le jeu en vaut largement la chandelle. Récemment mon fils ainé de 14 ans m'a dit qu'il souhaitait plus tard faire comme moi offrir le maximum de confort matériel et affectif à ses enfants. Il y a pire comme motivation.
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Message par Amarnis » Mar Oct 16, 2012 10:57

temp-995 a écrit :Et le déficit est initial mais l'apprentissage est tout à fait possible, tout comme est initial le déficit dans la détection et la compréhension des mimiques faciales.

Une évidence qu'il est important de rappeller.

temp-995 a écrit :
danielt a écrit : Ma personnalité n'a aucune cohérence dans le sens neurotypique, je peux être très tenace un jour et terriblement défaitiste ou paresseux un autre jour.

Je ne crois pas que les NT soient différents la dessus. Certains ont tes caractéristiques (tenacité un jour, défaitisme un autre jour). C'est la nature humaine qui est comme cela.


Tout à fait d'accord.
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Message par profil supprimé » Mer Oct 17, 2012 10:26

Cela s'est passé un peu comme ça, un jour j'ai dit stop vers 12 ans, stop à mon rôle trop passif, à mes difficultés trop mal cachées qui me faisait passé pour un faible. J'ai alors construit consciemment un personnage adapté à un milieu agressif.


Grâce à quoi tu as pu vers 12 ans te construire un nouveau personnage ?
Dernière édition par profil supprimé le Sam Déc 29, 2012 12:24, édité 1 fois.
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Message par Amarnis » Mer Oct 17, 2012 11:42

Fumigatus quelques élements de réponse, sachant que l'orignie de ma volonté de réussir à n'importe quel prix m'échappe encore un peu, je cherche. Pour ce qui est de la soif de revanche cela a incontestablement participé mais dans quelle mesure je ne saurais dire.
J'ai été plus chanceux que toi car à la joyeuses mort de mon père, j'ai hérité de toutes ses encyclopédies (une dizaine) qui crompissaient dans un placard et j'ai eu ainsi un accès à la science et la culture (il n'y avait pas encore internet). J'avais onze ans et des années de lecture devant moi.

A douze ans j'ai pris conscience que cela ne pouvait plus durer comme cela, idéalement, si j'en avais été capable j'aurais voulu changer de collège mais je n'ai jamais voulu compliquer la vie de ma mère par mes soucis. Alors j'ai opté pour changer de personnage. Comment ai-je fais : j'ai simplement comme toujours examiné mon environnement (des voyous agressifs), les modes de fonctionnement de ceux qui se faisait respecter et j'ai singé au mieux ce que j'ai vu : austérité de base, agressivité latente sensible, réponse virulente et agressive à toute provocation. Bien sûr tout cela a été un travail d'orfèvre pour trouver le juste milieu et comme j'ai aussi opter consciemment pour le refus de toute concession (e.g. pression évidente du genre : t'as pas une clope, réponse : je suis pas un tabac !), j'ai aussi du affronter plusieurs situations tendues. J'ai donc pris largement ma part de coups en tatonnant et restant fidèle à mes nouvelles règles mais assez rapidement (6mois-1an), cela s'est arrété puisque je ne pliais clairement plus, d'autres victimes plus faciles ont été prise pour cible.
Du collège je suis ressorti avec pas mal d'assurance, ayant traversé la jungle durant ces 4 années et je n'ai presque plus jamais eu d'ennuis sinon de mon fait ou de celui de ceux m'accompagnaient (et aussi avec la police qui n'aimait clairement pas ma manière de la regarder).

C'est excellent ce que tu as fait au lycée, bravo. Moi tu sais expliquer aux autres m'aide énormément, car d'une part je suis motivé pour transmettre le savoir et d'autre part cela m'oblige à travailler mes sujets pour mieux les maitriser. C'est très profitable.
Dommage que tu n'ai pu saisir pleinement les offres de contacts sociaux qui en ont découlé mais à cet âge je crois que moi aussi j'aurais eu du mal mais je pense que j'aurais réussi à accepter pour m'intégrer (c'est là la motivation).

Sinon, de mon coté l'idée de fonder une famille à toujours été un souhait ceci explique peut être cela en partie.
Amarnis
Amarnis
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