Recherche lycée Ile de France

Asperger, Scolarisation et Suivi

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Message par LM » Jeu Mars 05, 2009 16:39

Bonjour,

Mon fils de 15 ans a été diagnostiqué Asperger il y a un mois.

Les nombreuses épreuves qu'il a subies s'expliquent maintenant sous un autre jour pour moi comme maman.

Il a suivi une scolarité dans des établissements publics jusque là.
Le passage au collège fut chaotique. Il a été la victime de son collège durant 2 ans pour finir par un redoublement annoncé en 5ème. Pensant que le problème était lié au collège spécifiquement, je ne l'ai pas présenté à la rentrée scolaire de son redoublement pour interpeller spécifiquement le recteur d'académie et forcer un autre collège de la ville à l'accepter. Après ce changement d'environnement, il y a eu de très nettes améliorations, que ce soit au niveau scolaire ou psychologique, malgré l'isolement.
Il a eu la chance de rencontrer un "ami", isolé lui aussi (différent ?), cette année en 3ème et il peut maintenant rester dans la cour du collège à rire avec lui plutôt que de passer la totalité de ses récréations à s'isoler à la bibliothèque, CDI, toilettes... et j'en passe.
Même s'il reste encore des problèmes que l'on essaie de pallier au fur et à mesure (retrait de la cantine où il mangeait seul et subissait les remarques des autres élèves, il est régulièrement oublié lors de la composition des équipes en sport... etc...), il s'en est plutôt bien sorti jusque là dans ses apprentissages scolaires en milieu "normal".

Rétrospectivement et maintenant que le diagnostic d'Asperger est là, je ne peux qu'être fière de son parcours et de ses résultats.

Dans le même temps, je suis également morte d'inquiétude pour une entrée en lycée.
Tout autant que je ne le sentais pas prêt (immaturité) à passer l'entrée au collège, je redoute qu'il intègre un lycée "normal" où il se retrouvera probablement dans la même situation de désastre qu'au collège, avec plus de risques, liés à l'âge des élèves.

MPDH ? J'hésite à lui faire intégrer un quelconque dispositif qui le stigmatiserait encore plus (et lequel à 16 ans ?), sachant également que jusque là il a réussi à suivre un parcours scolaire sans être différencié, et avec d'excellents résultats scolaires.

Un lycée à taille réduite ? Je n'ai connaissance d'aucun établissement de taille convenable et où je n'ai pas la garantie que les problèmes ne se poseront pas de la même manière.

Le déscolariser ? A cet âge, n'est-ce pas le priver de mener des études normales qui pourraient même être très bonnes ? Vous recommandez qu'un enfant AS soit scolarisé au milieu d'autres élèves pour la socialisation, mais à 15 ans, est-ce encore à prendre en compte quand lui-même ne supporte plus les élèves de sa classe parce qu'ils les trouve "nuls" ? Est-ce encore utile de maintenir ce lien avec ces enfants "normaux" dont il se moque bien ?

Je suis dans une impasse pour son avenir, je remercie tous ceux et celles, parents, ados, qui pourront me faire profiter de leur expérience.

Merci.
LM
 

Re: Recherche lycée Ile de France

Message par omega » Jeu Mars 05, 2009 19:18

Bonjour, LM.

Pfiouuu, souvenirs, le collège et le lycée. :roll:

Je trouve ta démarche et tes questions courageuses. :)

LM a écrit :Il a suivi une scolarité dans des établissements publics jusque là.
Le passage au collège fut chaotique.

Pour moi, le collège a été avec la maternelle le pire de tous les endroits (l'âge bête et méchant des 12-15 ans, bonjour! :lol: ).

En primaire et en lycée, ça allait beaucoup mieux dans l'ensemble. Dès la 3ème, en fait. Les élèves sont déjà plus grands et plus matures, et nettement moins ch*ants, moins prompts à houspiller leur voisin.
Plus besoin de se réfugier au CDI ou dans les toilettes pendant les récrés. :)

Le midi, je ne mangeais pas à la cantine, mais seule: soit en amenant à manger, soit en achetant le midi. Je sortais du lycée, car si 10 minutes de récré étaient tenables, certainement pas 2h tous les midis!
Aller manger en ville tout seul comme un grand, c'est chouette aussi. (puis pas de risque que j'aille "traîner", vu que ça ne m'intéressait pas!)

Même s'il reste encore des problèmes que l'on essaie de pallier au fur et à mesure (retrait de la cantine où il mangeait seul et subissait les remarques des autres élèves, il est régulièrement oublié lors de la composition des équipes en sport... etc...), il s'en est plutôt bien sorti jusque là dans ses apprentissages scolaires en milieu "normal".

Beeerk, la cantine, le sport... les travaux de classe en binôme où l'on prie pour que les présents se trouvent en nombre impair ce jour-là... :D
Mais si c'était à refaire, je repasserais encore sans hésiter par là, quitte à en baver encore une fois et apprendre la vie, celle qui se passe au-dehors.

je redoute qu'il intègre un lycée "normal" où il se retrouvera probablement dans la même situation de désastre qu'au collège, avec plus de risques, liés à l'âge des élèves.

Cela dépend peut-être de lui...
A son âge, j'étais entourée d'ados en scooter qui flirtaient, "trainaient", fumaient, certains prenaient de l'herbe ou avaient de mauvaises fréquentations... je côtoyais tout cela sans y prêter le moindre intérêt. Je n'ai jamais vu l'intérêt de fumer et n'ai jamais touché une clope, par exemple. Totalement insensible aux tentations des ados!
De ce côté-là, mes parents dormaient sur leurs deux oreilles.

sachant également que jusque là il a réussi à suivre un parcours scolaire sans être différencié, et avec d'excellents résultats scolaires.

Eh bien, je trouve cela merveilleux! S'il réussit des études normales, il n'y a à mon sens aucune hésitation à avoir.
De toute façon, le problème se reposera toute sa vie: vivre isolé du monde et des "nuls", et aller quasiment nulle part... OU BIEN faire sa vie normalement, au-dehors, apprendre à se faire sa place au milieu des "nuls" et à partager son petit univers avec les "nuls".
Et oui, vu qu'ils sont nombreux, mieux vaut ne pas rompre le lien et apprendre à faire avec eux, à les supporter et à composer avec.

Les "nuls" font partie du monde, il faut accepter leur présence (à l'école, au boulot, chez le garagiste, dans les démarches administratives...) et ne surtout pas se priver d'une vie normale à cause d'eux.

Le monde parfait n'existe pas.
Et il n'y a pas que des "nuls" autour de nous! :lol:
Mais la vie est belle, et passe d'abord. :)

Enfin voilà. Mais il y a ici des personnes bien plus compétentes sur le sujet.
omega
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Message par LM » Jeu Mars 05, 2009 20:15

Merci pour ton expérience Omega.

Je ne sais pas si c'est très loin derrière toi ces années, mais tu as l'air d'avoir un recul certain dans ton analyse.

Je sais que tout ce qui est "tentation" pour un ado "normal" ne l'intéresse pas (drogue, sécher les cours, etc...), juste le flirt, et encore dans ses rêves... :wink:

Certes, il réussit des études normales, mais les problèmes auxquels il peut être confronté au lycée sont, à mon sens, encore plus dangereux.
Déjà au collège, revenir avec des hématomes chaque semaine, se faire prendre à partie sur le chemin de retour du collège, être battu par d'autres élèves, c'était un vrai calvaire.
Alors au lycée ?

En gros, et dans le doute, ne vaut-il mieux pas le déscolariser et envisager un autre type d'enseignement, quand il y a de fortes probabilités qu'il soit maltraité, et quand lui-même n'apprendra rien de plus concernant la socialisation ?
LM
 

Message par omega » Ven Mars 06, 2009 11:29

LM a écrit :Déjà au collège, revenir avec des hématomes chaque semaine, se faire prendre à partie sur le chemin de retour du collège, être battu par d'autres élèves, c'était un vrai calvaire.
Alors au lycée ?

J'ai vécu ça au collège et pas du tout au lycée.
Donc je dirais qu'il faut essayer, et voir si le problème se pose ou pas.
La perspective de suivre une scolarité normale en vaut largement la peine.

(...) quand il y a de fortes probabilités qu'il soit maltraité, et quand lui-même n'apprendra rien de plus concernant la socialisation ?

Pour les probabilités, je ne peux juger que d'après mon cas (si quelqu'un de compétent peut venir apporter + de précisions), mais cette crainte était totalement infondée. J'ai été mise en marge, mais pas maltraitée, ce qui me convenait.
Le seul danger auquel j'aurais pu être exposée, c'est le racket. Sois vigilante là-dessus et informe-le bien sur la conduite à tenir au cas où il y serait confronté.

Quant à la socialisation, je n'y vois pas seulement une occasion d'apprendre, mais surtout de rester habitué aux autres, en contact, de garder la continuité, comme plus tard lorsqu'il voudra mener une vie normale (trouver un boulot, s'installer dans son appart, organiser sa vie...). Il ne faut pas perdre le contact avec le monde "normal", mais au contraire chercher à vivre "normalement" comme tout le monde.
Je n'ai su qu'à 35 ans que je n'étais réellement pas comme les autres: jusque là, je ne le savais pas et je m'efforçais donc de vivre comme eux et de m'astreindre aux mêmes choses. C'est grâce à cela que j'en suis capable et c'est ce qui m'a permis d'avoir la vie que je mène aujourd'hui.
Me préserver de toutes ces difficultés m'aurait certes soulagée à court terme, mais probablement pas rendu service à long terme.

Avec le recul, je dirais pour le SA: c'est bien de savoir, mais il ne faut pas tout centrer autour de cela, ni modifier ses objectifs. Opinion personnelle... :)
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Message par Clovis » Ven Mars 06, 2009 15:52

Je me retrouve beaucoup dans le parcours de votre fils LM ainsi que dans les messages d'omega.
Déjà au collège, revenir avec des hématomes chaque semaine, se faire prendre à partie sur le chemin de retour du collège, être battu par d'autres élèves, c'était un vrai calvaire.
Alors au lycée ?

Comme pour Omega ma période lycée a été nettement plus tranquille que celle du collège. Si l'établissement est plutôt calme ça devrait aussi s'améliorer pour votre fils, ça vaut en tous cas la peine d'essayer. Comme l'a dit Omega les adolescents sont moins durs envers les autres en vieillissant... Surtout peut-être parce qu'ils sont plus centrés sur eux-mêmes et leurs nouvelles expériences, ils prêtent moins d'attention aux autres !

A son âge, j'étais entourée d'ados en scooter qui flirtaient, "trainaient", fumaient, certains prenaient de l'herbe ou avaient de mauvaises fréquentations... je côtoyais tout cela sans y prêter le moindre intérêt. Je n'ai jamais vu l'intérêt de fumer et n'ai jamais touché une clope, par exemple. Totalement insensible aux tentations des ados!
De ce côté-là, mes parents dormaient sur leurs deux oreilles.

Exactement pareil pour moi.

Avec le recul je suis bien content d'avoir suivi une scolarité normale (il faut dire que mes résultats rendaient cela évident). Si je n'ai jamais posé de gros problèmes - ce qui explique que les adultes n'aient pas prêté attention aux miens - c'est vrai que le parcours a été douloureux, surtout avec le recul peut-être, parce que j'avais déjà une grosse capacité d'abstraction : une fois dans mon monde j'oubliais les "nuls" et prenait le plaisir à ma manière !

Le vrai problème pour moi ce n'est pas d'avoir été un bouc-émissaire au collège mais d'être entré dans l'âge adulte sans avoir aucune idée sur l'origine de ce que j'avais toujours ressenti comme ma différence. Si je l'avais su j'aurais sans doute réussi à cohabiter beaucoup mieux avec elle.
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