Peut-on s'épanouir professionnellement ?

Les difficultés pour trouver un travail et les relations avec nos collègues.

Peut-on s'épanouir professionnellement ?

Message par MthWR » Mer Jan 20, 2016 22:50

Bonsoir,

A 22 ans et après un parcours personnel très compliqué, sur tout les niveaux, familial, bien entendu social, sentimental, scolaire, etc ... Je commence à être heureuse. Évidemment cela m'angoisse et je suis en pleine acclimatation, mais cela est un autre problème dont je ne souhaite pas me plaindre pour des raisons évidentes.

J'ai obtenu mon bac' avec le CNED, et j'ai été diagnostiqué aspie pendant ma première année de licence. Cela m'a soulagé, parce que l'on m'avait jusque là traiter de folle toute ma vie, et j'avais peur que cela s'avère vrai. J'ai essayé de compenser mes difficultés sociales en remplissant mon CV d'expériences intéressantes. Bénévolat, Service Civique, divers stages, et je suis même exposé depuis plusieurs mois (en Histoire, non en Art). Comme j'ai eu de gros problèmes en plus d'être aspie, j'ai toujours essayer de me forcer à voir beaucoup de choses, pour ne pas m'enfermer, mais aussi pour m'adapter aux plus de situations sociales différentes possibles. Bien entendu en agissant ainsi, en voulant aller trop vite, j'ai multiplié mes angoisses et j'ai flingué mon système immunitaire, donc aujourd'hui je commence à prendre mon temps.
Il est vrai que j'ai obtenu ma licence d'Histoire car j'ai réussi à ne jamais aller en TD, que je ne supporte pas, en prenant la plupart des cours à distance. Aussi, j'ai finis mon Service Civique en burn out, et nombre de mes collègues ne m'appréciaient guère (même si j'ai eu la chance d'être soutenu par la direction), de même j'ai rencontré de gros problèmes avec les collègues lors de mes jobs d'été. En stages, j'ai également rarement été apprécié, non seulement je suis bizarre mais en plus les tuteurs ont toujours adorés mon travail et mes initiatives ... Bref. La direction ça va, les collègues beaucoup moins.

Je suis extrêmement perfectionniste, mais à l'inverse, je n'arrive pas à bouger d'un iota pour quelque chose auquel je ne crois pas, alors je me force, et je déprime, et je m'en rends littéralement très malade, du coup ça doit s'arrêter ...

Je m'inquiète de mon orientation depuis le collège. Vraiment. J'y pense absolument tout les jours depuis bien 10 ans. Je connais presque tout les masters de sciences humaines de France, et même d'autres filières, ainsi que leurs insertions professionnelles puisque j'ai épluché les enquêtes. Le problème est toujours le même : pas mal de choses m'intéressent en théorie, mais en pratique, je me sens très rapidement oppressé, réduite à des tâches exécutives, ce qui me rend très triste. Pire encore, et vous l'aurez deviné : les collègues !
Certains de mes proches ne prennent plus tellement au sérieux mes changements d'avis sur mon orientation tant ils varient ... De crainte de ne jamais pouvoir travailler. Cependant, j'insiste sur le fait que j'ai la chance d'avoir réussi à trouver de vrais amis, et quand j'aurais choisi une voie, ils arrêteront leurs remarques, qui ne me vexent d'ailleurs uniquement que parce que je suis ex.trê.me.ment. susceptible à ce sujet.


Cette année, j'ai voulu essayer de préparer le concours de professeur des écoles, dans l'idée d'ensuite passer le CAPA-SH et devenir instit' spécialisée; un milieu qui semble me convenir. Cependant, du fait que je n'arrive même pas à tenir les stages, sans parler de l'idéologie bidon à l'ESPE type propagande, et de ma claustrophobie mentale, il est hors de question que je bosse là dedans. En plus j'ai découvert qu'il ne fallait pas 2 ans, mais au moins 6 ans, selon les académies, pour être spécialisé ... Enfin bref.
Je ne regrette pas cette année, même si j'ai graaaaaaave déprimé, et que je galère encore aujourd'hui à manger convenablement (ok et que je pleure pas mal), car j'ai essayé. De plus, cela me permet de prendre du recul sur mon parcours, et bonus des bonus ... J'ai rencontré l'Amour (ce qui m'a évité de faire une dépression le semestre dernier, oui, tout à fait). Je reste inscrite en Master 1, mais grâce à mes certificats médicaux, je ne suis plus forcé que d'aller aux examens et au stage du second semestre pour conserver ma bourse. Dans l'idéal j'aimerais valider cette année, mais il est vrai que je ne fais rien pour ... Quand ça ne m'intéresse pas / plus, me forcer me met dans tout mes états ... Me donne l'impression de rater ma vie ...

Les étudiants de ma promo sont assez horribles. Assez parce que, tout de même, bien que l'ambiance générale soit atroce, il y a un certain nombre de personnes bien intentionnés. Vraiment. Cela me touche d'ailleurs beaucoup.
Par contre à chaque fois que je me force à aller en cours, ou que j'interviens sur le groupe Facebook, on se moque de moi. Je parle trop, j'en sais trop, je parle trop bien français (ce n'est pas de la prétention, mais de vraies critiques ... venant de futurs profs ... !), etc.
Même si je suis introvertie, j'ai pris l'habitude de beaucoup parler, un extrême pour en éviter un autre, même si je commence à apprendre les nuances pour économiser de l'énergie. Il me semble pourtant ne parler que quand cela est nécessair, ... mais apparemment les Autres n'aiment pas être repris. Pourtant, ayant appris pas mal de codes sociaux, je fais attention aux formules même si je suis toujours très directe, je souris souvent, etc.


Cela, plus le reste des tourments qui me sont arrivés auparavant, me font, à nouveau, sincèrement me questionner sur mes possibilités d'avenir professionnel ! J'en reviens au titre de mon sujet, est-ce possible d'être épanouie professionnellement dans notre société en étant aspie ?!
Je m'oriente désormais vers un Master 1 recherche en histoire médiévale, dans le but de continuer vers un Master 2 pro' Métiers des archives. Cela me permettrait à la fois d'être dans mon élément en M1, et d'apprendre un métier en théorie convenable en M2. Il est vrai qu'en archives "on" est très autonomes, la pression des collègues est très faible comparé aux autres secteurs. De plus, si l'on trouve un poste intéressant, ce qui n'est malheureusement pas toujours le cas, "on" peut apprendre tous les jours. Bref, j'ai envie d'y croire.
Cependant toutes mes expériences professionnelles + mes problèmes de sociabilité en général me font énormément douter de ma capacité à travailler un jour ....

Alors j'ai décidé de franchir le cap et de commencer à parler de mes soucis à des gens qui rencontrent les mêmes difficultés quotidiennes que moi. J'espère que vous ne m'en voudrez pas d'avoir écrit un tel pavé, il est vrai que je suis très angoissée. Si je le peux, je vous rendrais le service que vous m'avez rendu en lisant mon post et en y répondant.
MthWR
 
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Re: Peut-on s'épanouir professionnellement ?

Message par Kyhiil » Sam Jan 23, 2016 15:47

Salut!
haha l'orientation, je suis en plein dedans, j'ai pris la solution par défaut moi (et encore rien n'est joué je peux encore changé d'avis), puisque le Metier a été écarté au college.
Je ne connais pas encore le milieu des études supérieures. Mais cela ne dois pas changé du collège et du lycée. Moi j'ai eu de la chance ces 2 dernieres années, je suis allée en L et je suis tombée sur un groupe de filles très gentilles qui ne m'ont posées aucune questions, je voyais bien qu'elles ne comprenaient pas toujours, et qu'il y avait des fois où ça échappait vraiment à leurs compréhension, mais elles n'ont jamais fais une seule remarque à ce propos, beaucoup comme moi avaient été harcelé les années auparavant, on avait donc un passé commun qui nous unissait. Cette année est plus dure, j'ai changé de classe. Je n'arrive pas à m’intégrer, comme prévu, je suis trop différente, et maintenant, malgré l'année de repis que j'ai eu , j'ai peur des autres.

J'ai fais comme toi je pense. J'ai caché mes sentiments, ma détresse derrière un sourire, des paroles, sans sens. Je parlais juste sur ce que je voyais. Pour etre la fille gentille, "sociable". inutile de préciser que ça n'a jamais marché? et dès mon enfance d’ailleurs cela a été un problème pour moi, je ne comprenais pas pourquoi on ne m'aimait pas alors que j'essayais vraiment. Je pleurais souvent à l’école. Puis les années chez mon père sont arrivées. Combinez une hypersensibilité (pas diagnostiqué mais ya pas d'autre solutions.. mes sentiments sont vraiment durs pour moi à porter, je les subis), un harcèlement régulier à l’école, et du maltraitement chez un parent, mon sourire ne tenait plus, et mes paroles se sont tout simplement tues. Ce fut 5 ans de silence pour moi. Je ne parlais que pour des besoins indispensable haha xD

Enfin ya un progrès, c'est assez éloigné de moi pour que je puisse l’écrire sans fondre en larme, avec l'aide de la musique qui aide vraiment à oublier les sentiments qui résonnent.
Et je pense que tu reussiras, tant que tu ne te considère pas comme amoindrie, ou malade. Si tu as une hypersensibilité telle que la mienne, rien que cette pensée peut te diminuer haha xD. bon courage!
Kyhiil
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Re: Peut-on s'épanouir professionnellement ?

Message par Counette » Dim Mai 15, 2016 15:32

Bonjour, j'ai 25 ans et j'ai testé beaucoup d'emplois avant de trouver le bon, il me va car je travaille seule, pas de collègues, et pas de clients/patients, ou du moins des pas bavard. Je suis thanatopractrice (embaumeuse), métier atypique mais qui me passionne et permet de faire le tri directement dans mes relations... quand je dit mon métier, les gens ouverts d'esprit réagissent bien et je sais que je serai susceptible de m'entendre avec eux ; ceux qui prennent leur distance c'est temps mieux.
En revanche je me suis arrêtée à bac+2, trop de stess l'environnement scolaire. les métiers sans besoin de contacts avec d'autres sont rares... surtout à haut niveau d'étude je pense..
Personnellement après avoir échoué dans plusieurs emplois, pôle emploi m'a trouvé un organisme et dans le cadre d'une reconvertion professionnelle j'ai pu faire 3 stages à 3 postes différents. Ça a été beaucoup de stress mais ça m'a permis de me rendre compte de ce que je pouvais et ne pouvais pas faire, ce que je pouvais toléré niveau interaction sociale ect...
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Re: Peut-on s'épanouir professionnellement ?

Message par Quiddité » Jeu Sep 08, 2016 21:56

Tout le problème est de travailler avec des gens qui trop souvent polluent, retardent ou diminuent notre courant de pensée et nos modes de perception. Or, dans la pensée sociétale ordinaire, un individu seul est forcément moins efficient et moins productif que s'il est inséré dans un groupe. Cette vérité profonde, et probablement neurotypique, a engendré un culte merveilleux et détestable du management, et une obsession pour les réunions et les concertations qui virent à une addictologie entrepreneuriale terrifiante (on peut même pas lire ou faire des avions en papier, comme à l'école !). Du coup, quand on a une appétence pour la théorie, il est vrai que la pratique courante est souvent de l'autre côté d'un abîme.
Alors, comme je doute être clair, disons simplement que, statistiquement, l'épanouissement dans le labeur, au sens d'un plaisir intense dans une activité professionnelle à haut niveau de sociabilité, est probablement beaucoup plus difficile pour des profils solitaires et inhibés ; pour des structures de type Asperger, l'écart doit être en partie irrémédiable. Le grand inconvénient, vu de l'extérieur, c'est que cela passe pour de la pédanterie, de l'orgueil, un esprit rebelle, une grande indépendance, un anti-conformisme obscène, et cette dictature de la soumission est déjà investie à l'école. Du coup, les gens perçoivent un tel repli comme un affront et une résistance acharnée et déplorable. Mh, mauvaise réputation... ^^
J'ai exactement eu les mêmes enthousiasmes systémiques pour l'Alma Mater universitaire, et, finalement, j'ai trouvé que les enseignants viciaient mon rapport au contenu, si bien que seule l'autodidaxie me convient. Dans le travail, quand on veut être radical, j'imagine que les perspectives sont limitées : travail artisanal, traduction, exploitation agricole... Mais hélas, pour vendre, se vendre ou être connu, il faut toujours un réseau. Et comme en général il faut le construire et, pire, l'entretenir, même les exercices libéraux restent essentiellement assez problématiques.
Ma réponse va du coup être assez négative, et sans de grosses concessions, ou l'entrebâillement d'une évolution de ses compétences, et surtout de ses aspirations, sociales, il est, dans une économie aussi relationnelle, très difficile de passer outre l'écueil du lien et de la bride. En fait, même la recherche, même les milieux plus ou moins clos et ayant le goût du népotisme sont assez "familiaux" et donc très hiérarchisés, très mélangés, très conservateurs en un sens. D'où cette question, plutôt : un travail totalement enthousiasmant sur le plan intellectuel peut-il suffire à compenser les rigueurs des collègues et de l'esprit d'entreprise ou de l'esprit corporatiste ? Et si oui, quelle est la dose maximale quotidienne de sacrifices sociaux à endurer pour ne pas détruire les plaisirs d'un labeur qui sont, par miracle peut-être, assez solitaires et pourtant assez socialement productifs ? Quel quota respecter afin de ne pas créer cette sensation désagréable de "rater sa vie" ou de truquer son intérêt ou de le déguiser avec des oripeaux terriblement banals et profondément aliénants ?

Désolé, mon petit pavé est peut-être aussi plombé et plombant ^^
Quiddité
 
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