Ai-je fait une grosse boulette?

Les difficultés pour trouver un travail et les relations avec nos collègues.

Ai-je fait une grosse boulette?

Message par Eriel » Dim Août 10, 2014 19:04

Bonjour à tous,

Je ne sais pas trop où classer ce sujet, comme c'est arrivé dans le cadre de mon travail je me suis décidée à le poster ici.

Je suis directrice stagiaire d'un centre de loisirs et je suis assez perplexe avec la situation qui s'est produite récemment. Un petit garçon présentait tous les symptômes les plus flagrants du SA, je l'ai vite repéré, tout comme son animateur référent, lui-même sensibilisé à l'autisme de haut-niveau. Nous avons fait en sorte d'adapter l'accueil à ses besoins, en lui permettant d'avoir accès à son intérêt spécifique pendant une ou deux heures par jour, puis de l'accompagner dans la socialisation avec les autres enfants par moyen de jeux et d'activités manuelles en rapport avec son intérêt. Nous éteignons les néons pour qu'il n'ait pas mal aux yeux, nous réduisions les agressions sonores et visuelles au minimum, bref, l'enfant avait l'air d'apprécier ces arrangements et semblait se sentir plus à l'aise au sein du centre.Moi-même étant aspie, il n'était pas compliqué d'anticiper ce qui était à proscrire dans son entourage et ce qui était tolérable.

J'ai décidé de demander au papa de ce garçon s'il avait envisagé un diagnostique du SA, en sachant que je m'aventurais sur un terrain glissant. J'ai eu beaucoup de chance, le père s'est ouvert et m'a expliqué à quel point sa femme et lui étaient démunis face à leur petit garçon, qui passait de spécialiste en spécialiste depuis des années sans que personne n'arrive à "le cerner". Je lui ai décrit un par un les symptômes du SA et il confirmait que ceux-ci étaient présent chez leur enfant. Il avait l'air surpris et soulagé. Il m'a demandé comment j'avais acquis toute ces connaissances sur le SA et je lui ai donc dit que je faisais partie du club, quoi. Mais que je n'étais pas spécialiste (c'est presque faux) et qu'il fallait un vrai diagnostic pour en être sûr. Après un bon moment de discussion, il est parti l'air assez content (mais qu'en sais-je, il s'agit peut-être d'une projection de ma part, je suis incapable de déceler les véritables émotions chez les gens, alors...) en me promettant de me tenir au courant.

C'est tout naturellement que j'en ai parlé à mes "patronnes", les personnes qui gèrent l'association qui m'embauche. Et là, pétage de plombs de leur part. Comme quoi ça ne se fait pas. Que c'est super lourd à annoncer (ce n'était pas une annonce, j'ai précisé, juste une question, des soupçons). Qu'on est pas censés accueillir des enfants "à problèmes" (mais ce n'est pas un "problème", bon sang!), que j'ai outrepassé ma place de directrice, que le gamin est accueilli depuis des années et que personne n'a rien remarqué, que je ne suis pas psy et bla bla bla. L'une d'elles voulait vraiment savoir ce qui m'avait poussé à faire çA, j'ai donc dû leur dire que j'étais SA, histoire d'avoir un peu de légitimité. Moi j'estime avoir pris, certes, un gros risque, mais qui était nécessaire pour donner une chance à cet enfant, elles estiment que je n'aurais jamais dû faire ça.

Le problème étant que je suis incapable de cacher des choses ou d'adopter des stratégies de communication, je dis exactement ce que j'ai en tête et j'estime qu'elles ont tord. En revanche, je suis bien curieuse de connaître les ressentis des parents d'enfants aspis, des aspis de ce forum, savoir ce que vous en pensez. Ai-je fait une grosse boulette? Car à ce jour, je reste convaincue que j'avais raison de faire cela.
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Re: Ai-je fait une grosse boulette?

Message par Eriel » Dim Août 10, 2014 22:23

anonymous a écrit :tu n'es pas psychiatre, et donc pas habilitée à donner des diagnostics.


Je répète que je n'ai pas donné de diagnostic, juste évoqué l'idée d'en faire un.

anonymous a écrit :Moi je ne pars pas évangéliser la terre sur l'autisme. Les gens sont ce qu'ils sont, et puis de toutes façons ça ne se soigne pas.


Moi non plus. Et oui, je sais que ça ne se soigne pas.

anonymous a écrit :
Eriel a écrit :J'ai décidé de demander au papa de ce garçon s'il avait envisagé un diagnostique du SA

Donc cette phrase est une absurdité. Tu commences par "envisager un diagnostic", c'est prendre le problème à l'envers. Ce qu'on veut, en premier, c'est atténuer / compenser / faire des travaux spécifiques pour réduire les troubles sociaux, sensoriels, moteurs. Pas un diagnostic ...


Mais comment savoir comment atténuer etc si l'on ne sait pas l'origine des problèmes auxquels est confrontée la personne?

anonymous a écrit :Mais bon, ta façon de voir les choses est finalement assez cohérente avec ton premier post.
J'ai 25 ans et je suis atteinte du Syndrome Asperger, j'en ai eu la confirmation après la lecture de l'ouvrage de Tony Attwood.

Comment peut-on se diagnostiquer juste par la lecture d'un livre ?


Comme tous les adultes aspis qui ont commencé à se poser des questions, qui se sont beaucoup documentée et qui ont aboutis à un diagnostic, officiel ou pas, je suppose. Parfois même les psys passent à côté du SA, c'est notamment le cas des femmes (Rudy Simone l'explique très bien dans son livre L'Asperger au féminin), qui sont diagnostiquées maniaco-dépressive ou border line. De plus, je ne vois pas la cohérence entre ces deux posts, j'ai du mal à comprendre ce que tu sous-entends.

anonymous a écrit :Bref, on dirait que tu es venue chercher dans le diagnostic une sorte d'excuse au fait que tu sois qui tu es. Ne serais-ce pas mieux de chercher à travailler / des solutions pour ne pas être "différent" / "handicapé" mais "original" et bien dans sa peau ?


Alors, comment dire. Je viens exposer une situation, pas remettre en cause mon diagnostic. Pour info, non, je ne me considère pas "handicapé". Mettre des mots sur les choses est indispensable pour mieux comprendre de quoi on parle. Je trouve ta question très déplacée (et hors-sujet). Je ne sais pas si c'est ne pratique courante de remettre en question les diagnostics d'autrui sans connaître leur réalités, mais en tout cas je n'apprécie pas. De plus, je te prie de me dispenser de tes conseils condescendants sur la manière dont je devrais envisager ma vie ou me considérer moi-même, ce n'est pas le but du sujet, ce n'est pas ce que je demande dans ce post. Merci d'en tenir compte.
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Re: Ai-je fait une grosse boulette?

Message par Anatheia » Mar Août 12, 2014 8:22

Je ne sais pas ce qu'il t'est arrivé cette année, anonymous, mais je te trouve très régressé.
Tu es dans l'agression et le cynisme en permanence, ce qui n'était pas du tout le cas avant.
Tu étais avec Jhaal, l'un de ceux que j'appréciais le plus de lire. Posé et réfléchi.
Ce n'est plus le cas depuis plusieurs mois.
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