Un rebondissement heureux

Les difficultés pour trouver un travail et les relations avec nos collègues.

Un rebondissement heureux

Message par ghislaine » Dim Oct 07, 2012 0:11

Je reviens vers vous. J'ai délaissé le forum bien occupé par mes préoccupations professionnelles. Pour ceux qui m'avaient répondu suite à ma démission forcée en ime. J'avais entrepris de commencer la formation assistante maternelle. Parallèlement je suis retournée vers l'association d'aide à domicile pour retrouver rapidement un travail

Et puis l'association m'a proposé un cdi avec deux contrats intéressants puisque j'accompagne au quotidien deux personnes atteintes de la sla. Je peux donc enfin m'épanouir dans un travail qui me correspond puisque la plupart du temps je suis en relation duelle avec ces personnes. Je suis quasi mon propre chef dans mon organisation de travail.

Ce n'est pas toujours évident et je donne beaucoup au quotidien alors de temps en temps la fatigue m'accable mais le positif c"est que j'ai enfin un travail stable.

Voilà après vous avoir fait part de mon désarroi à un moment donné face à une situation qui m'échappait je suis heureuse de partager avec vous ma nouvelle situation professionnelle. je suis donc amp à domicile ce que je voulais faire pour ne plus être surstimulée en permanence en travaillant en équipe.

Bien à vous
Ah oui un autre point positif est que je peux enfin payer des cours de musique à mon fils et je lui ai permis de commencer l'accordéon, une de ses rares passions depuis tout petit. Et là il me surprend déjà en composant de petites mélodies n'ayant eu encore aucun cours de solfège. Et là je peux vous dire que je me sens fière de fiston. Après tant d'échec quand je le vois heureux avec son accordéon !
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Message par Amarnis » Dim Oct 07, 2012 9:33

Bon retour ghislaine :D
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Message par ghislaine » Jeu Oct 11, 2012 9:23

J'épprouve des difficultés encore moins qu'avant car j'ai moins à subir d'interractions.

Je sais le déroulement de ma journée et les actions importantes à réaliser.

J'ai de la difficulté à communiquer sauf pour donner une information importante genre transmettre ce que la personne que je m'occupe écrit sur son pc si cela concerne son frère par exemple.

Je me force à utiliser une communication un peu plus informelle mais je sens que cela ne m'est pas naturel genre je dois réfléchir dans ma tête au processus. Ex. Il parle assez souvent de ses enfants il serait importun que je lui demande comment ils vont ? Comme je ne le fais pas naturellement et plus je suis fatiguée plus ma communication n'est pas naturelle. Cela me demande un effort constant.

Au sujet du regard aussi parfois je me rends compte en décalé que je n'ai pas assez regardé j'agis alors comme une automate dans les moments de plus grande fatigue.

Bref au travail cela m'ennuie encore beaucoup. D'un côté je sais que j'accompagne efficacement la personne dans un soucis de bien être et de comfort mais d'un autre j'ai peur de provoquer l'ennuie chez elle en ma présence. Genre je ne suis pas ce genre de femme à parler parler, raconter tout et n'importe quoi. La majorité des intervenants auprès des personnes en situation de dépendance font ainsi.
Parfois je crains de paraitre froide ou trop distante. En même temps je suis là pour réaliser un travail efficace pas pour copiner. J'aime garder de la distance professionnelle mais on me l'a déjà tellement repproché que je me questionne quasi journalièrement.

Si je me force trop dans mes interractions et à communiquer et à partager, je reviens chez moi complètement perturbée. Je peux alors avoir un comportement d'ado et j'avoue que j'ai du mal à le controler parfois c'est dans le bon sens. Je ris pour un rien et parfois ce sont plutot des comportements démesurés négatifs genre cris, colères, et même agressivité verbale.

Bref tout cela pour vous dire que parfois j'ai envie d'en parler pour ne pas paraitre bizarre, stupide, désagréable. Le dire que je ne le fais pas exprès.
Mais je ne sais comment aborder cela !
Voilà pourquoi je vous retranscris un peu ce constat récurrent
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Message par Amarnis » Jeu Oct 11, 2012 10:42

ghislaine a écrit :J'épprouve des difficultés encore moins qu'avant car j'ai moins à subir d'interractions.


Tant que faire se peux, il n'est bien sûr pas utile de se surexposé. Personnellement je tiens pas trop mal mon rôle professionnel en partie parce que je n'ai plus à jouer chez moi ou pas trop.


ghislaine a écrit :J'ai de la difficulté à communiquer sauf pour donner une information importante...

C'est bien :wink: Ne change pas trop.

ghislaine a écrit :Je me force à utiliser une communication un peu plus informelle mais je sens que cela ne m'est pas naturel genre je dois réfléchir dans ma tête au processus. Ex. Il parle assez souvent de ses enfants il serait importun que je lui demande comment ils vont ? Comme je ne le fais pas naturellement et plus je suis fatiguée plus ma communication n'est pas naturelle. Cela me demande un effort constant.

L'adaptation au milieu neurotypique est une nécessité, cependant il faut veiller à ne pas surcompenser trop, il y a des risques. Point important : se préserver des moments pour sa personnalité autistique : isolement, pure communication, intérêts particuliers. Pour moi chaque jour je dois consacrer un peu voire parfois pas mal de temps à un des intérêts particuliers, c'est un sas très efficace et agréable.

ghislaine a écrit :Bref au travail cela m'ennuie encore beaucoup. D'un côté je sais que j'accompagne efficacement la personne dans un soucis de bien être et de comfort mais d'un autre j'ai peur de provoquer l'ennuie chez elle en ma présence. Genre je ne suis pas ce genre de femme à parler parler, raconter tout et n'importe quoi. La majorité des intervenants auprès des personnes en situation de dépendance font ainsi.
Parfois je crains de paraitre froide ou trop distante. En même temps je suis là pour réaliser un travail efficace pas pour copiner. J'aime garder de la distance professionnelle mais on me l'a déjà tellement repproché que je me questionne quasi journalièrement.


Je pense qu'un détachement apparaissant comme professionnel n'est pas un handicap, une limitation mais rien de rédhibitoire en tous cas pas pour tout le monde. Et de plus cela te permet de ne pas trop t'en demander car naturellement et systèmatiquement cela t'épuiserait.

ghislaine a écrit :Si je me force trop dans mes interractions et à communiquer et à partager, je reviens chez moi complètement perturbée. Je peux alors avoir un comportement d'ado et j'avoue que j'ai du mal à le controler parfois c'est dans le bon sens. Je ris pour un rien et parfois ce sont plutot des comportements démesurés négatifs genre cris, colères, et même agressivité verbale.

Ne t'épuise pas dans trop d'interactions si tu ne t'en sens pas capable. Je préconise bien sûr les efforts mais il me semble qu'actuellement tu as besoin de te rassurer dans tes possibilités professionnelles, il ne faudrait surtout pas tombé dans un enferment autistique du type "je veux absolument réussir de la même manière que les autres". Je crois qu'un bon équilibre et de trouver un positionnement différenciant et perçu comme relevant du professionnalisme. C'est l'aspect positif de ce que nous sommes qu'il faut utiliser et mettre en valeur : perfectionnisme, rigueur, recherche de l'efficience, abnégation dans la répétition, ethique.

Reste les comportements démesurés négatifs, c'est plus compliqué. Une origine probable et sûrement régulière et la simple confrontation à la neurotypicité. Ma compagne aspie y est très sensible. Ce que j'essaye de lui faire prendre, c'est de la distance. Je présente notre rationalité pour ce qu'elle est : un grand talent pour la qualité de la transmition d'information et notre efficience. Et c'est aussi une opportunité pour adopter une attitude d'ethnologue. Les dysfonctionnements de la communication et du comportement neurotypique sont extrêment révélateurs de leurs intentions qui bien souvent consituent le principal de leur objectif. Vu de haut et ça tous les aspies le peuvent je dirais constitutionnellement, une fois dépasser la colère, devenu amusement devant la lisibilité de leur intentions, comme devant de grands enfants, bien souvent je souris intérieurement, m'amusant à anticiper les réactions et laissant ma curiosité se satisfaire de ces expériences sous mes yeux. Et je reste très zen :D
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Message par profil supprimé » Jeu Oct 11, 2012 11:11

Tu as bien du courage malgré tout de faire cela.

Déjà que les interractions avec les gens normaux sont compliquées mais en plus tu rajoutes l'élément malade !

Bref tout cela pour vous dire que parfois j'ai envie d'en parler pour ne pas paraitre bizarre, stupide, désagréable.


Dans ma tête les personnes bizarres, stupides et désagréables, ce sont les autres. Même si ils sont plus nombreux.
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Message par ghislaine » Jeu Oct 11, 2012 17:43

Fumigatus a écrit :Tu as bien du courage malgré tout de faire cela.

Déjà que les interractions avec les gens normaux sont compliquées mais en plus tu rajoutes l'élément malade !

Bref tout cela pour vous dire que parfois j'ai envie d'en parler pour ne pas paraitre bizarre, stupide, désagréable.


Dans ma tête les personnes bizarres, stupides et désagréables, ce sont les autres. Même si ils sont plus nombreux.
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Message par ghislaine » Jeu Oct 11, 2012 17:53

mauvaise manip.

Je voulais ajouter que justement j'ai souvent moins de difficultés avec les gens qui se retrouvent en situation de handicap.
Souvent ils se compliquent moins la vie, sont plus directs et plus rationnels en tout cas ce que je retire de mon expérience

Pour une personne non verbal je travaille énormément à décoder ses demandes. Je crois que cela me fatigue beaucoup mais au final je me débrouille correctement. Puisque j'énumère toutes les possiibiités sans aucune restriction Je finis donc par comprendre la personne

Le plus chez moi pas d'à priori, pas de jugements valeurs ou autres, et mon perfectionnisme qui dans l'accompagnement d'une personne est un atout !
Le moins le fait que je ne sais pas baisser mes exigences envers moi même je me fatigue énormément? Le moins encore pour pallier à ma fatigue je m'oublie un peu et guère de temps pour mes intérêts.

Je sais que je dois travailler pour arriver à un équilibre de vie
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Message par profil supprimé » Ven Oct 12, 2012 8:55

Je sais que je dois travailler pour arriver à un équilibre de vie


Le travail dans le but de gagner de l'argent ne me manque pas, contrairement à mon banquier.
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Re: Un rebondissement heureux

Message par ghislaine » Sam Août 10, 2013 9:21

Par l'emploi "travailler pour trouver un équilibre" je signifie trouver la meilleure façon à parvenir à concilier celle que je suis et les exigences de la profession et particulièrement à réussir à m'adapter aux situations imprévues sans me laisser trop envahir et devenir épuisée.

Depuis le temps où je ne poste plus car j' emploie trop d'énergie à faire mon travail et quand je rentre je n'ai souvent plus la force à part depuis quelques temps face à mes questionnements récurrents je vous relis de ça et là

j'ai eu confirmation au centre d'expertise d'Alfortville de ma condition d'asperger seulement je ne me sens pas plus aidée par ce constat
Je passe tant de temps à cacher mes travers alors que paradoxalement j'aimerais vivre ma vie de manière plus légère en avouant un peu mon état mais je ne veux pas être stigmatisée et me sentir encore plus en décalée
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Re: Un rebondissement heureux

Message par Jhaal » Sam Août 10, 2013 9:42

J'ai vraiment du mal a concevoir une vie d'aspi milieu urbain. Je sais que ça existe, il y a des exemples ici.
En fait serait bien de faire un sondage pour établir une corrélation (ou non) entre relatif bien être et cadre de vie.
J'ai le sentiment que la ville est un centre normatif qui ne colle pas du tout aux aspirations d'un aspi.
J'ai vécu longtemps a Paris et c'était difficile. J'ai du très tôt que je devrais fuir.
Depuis que je vis plus proche de la nature, je me sens plus libre d'être moi même. Moins agressé par la
Nécessité d'être dans la norme. Mon entourage est atypique dans son mode de vie et je me sens mieux intégré.

Je vois tu parle d'alfortville. Je suppose doc que tu es en ville. Est-ce que tu ne ressent pas une pression sociale plus forte par le fait d'être constamment entourée d'êtres Humains ?
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Re: Un rebondissement heureux

Message par ghislaine » Dim Août 11, 2013 9:08

Jhaal a écrit :J'ai vraiment du mal a concevoir une vie d'aspi milieu urbain. Je sais que ça existe, il y a des exemples ici.
En fait serait bien de faire un sondage pour établir une corrélation (ou non) entre relatif bien être et cadre de vie.
J'ai le sentiment que la ville est un centre normatif qui ne colle pas du tout aux aspirations d'un aspi.
J'ai vécu longtemps a Paris et c'était difficile. J'ai du très tôt que je devrais fuir.
Depuis que je vis plus proche de la nature, je me sens plus libre d'être moi même. Moins agressé par la
Nécessité d'être dans la norme. Mon entourage est atypique dans son mode de vie et je me sens mieux intégré.

Je vois tu parle d'alfortville. Je suppose doc que tu es en ville. Est-ce que tu ne ressent pas une pression sociale plus forte par le fait d'être constamment entourée d'êtres Humains ?

Pour ma part, je ressens énormément la pression de l'environnement citadin c'est la raison pour laquelle j'ai emménagé récemment dans une petite maison au sein d'un ancien corps de ferme non loin de la ville où je travaille
Je n'habite pas à Alfortville je m'y suis rendue pour être "testée" j'avais besoin de renouer avec moi même
Je ne sais pas si la majorité des aspergers sont sensibles à leur environnement mais je peux simplement expliquer mon ressenti
Je fais un métier social puisque je suis AMP à domicile enfin j'ai plutôt actuellement un statut d'employée à domicile en tout genre
Je suis irrégulière dans mes besoins de contacts avec les autres je peux donc facilement être cataloguée de lunatique voire égoiste. Je ne refuse pas l'aspect relationnel à certains moments je dirais même que je le recherche mais c'est le sentiment d'être trop stimulée et sollicitée qui me pose le plus de désagrément. A ce moment là, il vaut mieux que je me retire sinon je peux franchement devenir désagréable et même hostile.

J'en ai encore fais les frais hier car ma propriétaire tenait à ce que je l'aide à faire ses vitres et moi j'étais en mode overdose j'ai d'abord ralée puis j'ai pleuré mais j'ai du canaliser mes angoisses mon environnement ne semble rien comprendre.
Je fais bien mon travail alors je suis très sollicitée mais je m'épuise en plus j'essaye de cacher celle que je suis en donnant l'impression plus ou moins bonne que je suis sociable
Il y a quelques années j'habitais à Lille et mes souvenirs sont douloureux j'ai même un jour en une altercation physique pour une place de parking et quand j'y repense je trouve ma situation de l'époque cauchemardesque
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