Moi, zombie

Espace dédié à la dépression et aux pensées suicidaires chez l'autiste.

Moi, zombie

Message par Super Poulet » Lun Juin 22, 2015 14:31

Bonjour à tous.

Étant nouveau sur ce forum, je vous fait une présentation très brève :
Je suis Belge et j'ai 27 ans, ou 28, je ne sais plus ça ne m'intéresse pas vraiment alors je m'y perds.
Après des années de souffrances et de recherches, j'ai finis par être diagnostiqué autiste asperger, il y a plus ou moins 1 an par le SUSA de Mons.
Je me suis inscrit sur ce forum car il semble être le seul à accepter que l'on puisse parler librement de dépression, et actuellement, pouvoir en parler c'est tout ce qu'il me reste.

Comme vous l'aurez compris, je souffre activement de dépression, et cela depuis mon plus jeune âge.
Dés l'âge de 6 ans, suite à mes interrogations sur le sens de la vie, je me suis mis à déprimer et l'on m'a envoyer consulter une psychologue et depuis cela n’arrête plus, on m’envoie de psy en psy.
Vers mes 12 ans, après avoir retourné cette question du sens de la vie dans tout les sens, je me suis rendu compte que d'un point de vue global, la vie n'a aucun sens. La vie n'a de sens que d'un point de vue individuel et c'est à chacun de lui donner un sens en fonction de ses aspirations et de ce qui le fait vibrer.
Seulement, la mienne reste vide de sens, rien n'a suffisamment d'impact sur moi que pour me donner l'envie de vivre et encore moins de me battre pour y arriver.
Des gens simples aux grands de ce monde en passant par les esprits criminels, j'ai analysé les motivations et les ambitions de chacun, ce qui donne un sens à leurs vie, mais rien de tout cela ne me conviens.

J'en étais donc là, à comprendre ce que cela signifie de ne pas avoir de raison de vivre, lorsque j'ai fait l'expérience d'une chose inconnue pour moi : l’amitié.
J'ai eu un groupe très restreins d'amis grâce à qui j'ai eu quelques moments de bonheur, mais cela n'a jamais suffi à combler l'absence de sens de ma vie et mes dépressions majeures et tentatives de suicide les ont effrayés et ils m’ont abandonnés.
Une année plus tard, une de ces amis m'a retrouvé, pour ma part je me sentais coupable de l'avoir effrayée, de son coté elle se sentais coupable de m'avoir abandonné dans un tel moment.
Cela a soudé notre amitié, on était les seuls à se comprendre, on était toujours là l'un pour l'autre et on était certain que cela durerais.
Même si cela restait insuffisant pour donner un sens à ma vie, cette amitié et ce qu’elle m'apportait me gardait la tête hors de l'eau... la majorité du temps.
Seulement du jour au lendemain, mon amie à changé, ses goûts, ses motivations et même son opinion de notre amitié, alors qu'il y a peu j'étais son seul amis et la seule chose qui importait pour elle, elle a finit par m’abandonnè sans me donner de raison, de la même manière que tout ceux que l'on avais connu et considérés comme des amis.

Depuis ce jour, non seulement je me retrouve sans raison de vivre, mais en plus j'ai perdu la seule chose qui parvenais à me procurer un peu de bonheur.
Au départ, j'ai tenté de comprendre et de regagner son amitié, mais j'ai abandonné, non pas que je pense que cela sois impossible, mais parce que cela n'est pas ma vision de l'amitié.
Lorsque l'on se promettais d'être toujours là l'un pour l'autre, pour moi ce n'était pas des paroles en l'air, mais il semble que ce n'était pas son cas. Quand bien même on reprendrais contact, jamais plus je ne pourrais croire ce qu'elle me dit.

Après en avoir parler à ma psychologue qui est spécialisée dans l'autisme, elle a essayé de m'expliquer que ce n'était pas de la faute de mon amie, que c'est le comportement naturel des neurotypiques, que ceux ci changent très fréquemment et sans raisons apparentes. Qu'ils peuvent croire dur comme fer en une chose et du jour au lendemain changé totalement d'avis et être complètement persuadé qu'il n'y ont jamais cru.

Malheureusement c'était les conclusions auxquelles j'étais arrivé, et alors que j'espérais avoir tort, ses explications me confirme ma conclusion.
Cela n'a fait que d'empirer mon état dépressif, je pensais qu'elle m'avais dit clairement la vérité car elle pensais que j'étais capable de l'encaisser, mais il semble qu'en fait elle n'ai pas poussé son raisonnement aussi loin que le mien.
Comme tous, elle pense que je déprime car je dois faire le deuil d'une amitié fusionnelle plus forte qu'une relation amoureuse.
Ce que personne ne comprend, c'est que pour moi une amitié doit être vraie et aussi forte que celle que j'avais avec elle. Depuis que j'étais amis avec elle, j'ai cherché cela chez d'autres sans jamais y parvenir. Avoir la chance d'avoir une telle amitié est quelque chose d'exceptionnel.
Seulement, les conclusions qu'elle a confirmé sont que de telles relations ne sont que poudre aux yeux. Les gens finissent toujours par changer et finirons tôt ou tard par m'abandonner. La seule chose qui était exceptionnel dans notre amitié c'était sa durée et que l'on croyais tout deux que cela durerait.
Maintenant que je sais cela, je ne crois plus possible l'amitié pour moi, quand bien même je serais proche d'une personne, je saurais que tôt ou tard elle changera et m'abandonnera, dans ce cas, il est impossible pour moi d'accorder à nouveau ma confiance.
Là ou les gens pensent que je dois faire le deuil d'une amitié perdue, c'est le deuil des relations sociales que je traverse.

À présent je me retrouve sans raisons de vivre et sans espoir de ne serait-ce que pouvoir éclairer un peu mon existence.
Je n'ai aucun désirs de vivre, mais mes tentatives de suicide ont toute échouée, elles m'ont apporté un lot de souffrance, mais aucune délivrance.
Lors de la dernière tentative, j'ai atrocement souffert, mais j'étais près à tout pour en finir, mais lorsque je me suis réveillé et que j'ai entendu les médecin discuter du fait que personne n'aurais du survivre à ce que j'avais pris et que je devais avoir un métabolisme hors du commun pour m'en être sorti, quelque chose s'est brisé en moi. J'ai l'impression que rien de ce que je puisse faire ne pourra me délivrer, et depuis je n'ai même plus la force ou la volonté de mettre fin à mes jours.

Depuis, je ne suis plus qu'une ombre, un zombie. Incapable de mourir, condamner à vivre.
Faute de survivre, je sous-vie.
N'ayant aucune raison de vivre ni aucun espoir d'avoir encore le moindre moment de bonheur, je ne suis plus qu'une carcasse ambulante.
Plus rien n'a d'importance pour moi, j'ai perdu mon amour pour mes intérêts spéciaux en même temps que mes espoirs dans l'être humain.
Il m'arrive encore de manger, mais ce n'est plus qu'un automatisme, le même qui me pousse encore à aller chez la psy. N'ayant plus d'espoir, ce n'est même pas l’instinct de survie qui guide mes pas.

Cela fait tellement d'années que je connais la dépression, j'ai vu tellement de psy, lu tellement de livres et d'articles, je sais parfaitement qu'aucune personne sur terre, pas même les psys ne peuvent me donner de raisons de vivre ou me donner de solutions à ma dépressions, la seule personne qui devrais avoir ce pouvoir, c'est moi, mais ce n'est pas le cas, et ce n'est pas faute d'avoir essayé.
Ils n'ont rien à m'apporter, tout ce qu'ils peuvent me dire, je le connais déjà, tout ce qu'ils peuvent me proposer je l'ai déjà essayé. Une fois à court d'idées, ils m'avouent ne rien pouvoir pour moi et me renvois chez un collègue qui recommence tout à 0 pour en arriver à la même conclusion.
Cette fois en ayant le diagnostique d'aspie et ayant trouvé une psy spécialisée je pensais que certaines choses changerais, mais ce n'est pas le cas. La seule différence c'est qu'elle m'avoue concrètement que rien ne changera mais que je dois continué malgré tout.
Je continue de voir la psy, mais puisque personne ne peux rien pour moi, mis à part par habitude, je ne sais pas pourquoi je continue d'y aller.

Contre l'avis de tous, j'ai arrêté les médicaments (antidépresseurs et autres) il y a plusieurs mois. Depuis le nombre d'années que je tente de faire comprendre qu'ils n'ont aucun effet sur moi, tout ce que l'on fait c'est de changer le traitement et augmenter les doses. J'ai eu droit à plus de 40 traitements différents, chacun avec plusieurs molécules, mais aucun n'ayant plus d'effets que des Smarties. On a augmenté les doses au point de dépasser les doses maximales recommandées, mais sans aucun effet, la preuve étant que j'ai pu arrêter du jour au lendemain sans sevrage et sans effets secondaires.
La seule chose qui avait de l'effet, c'était mes médicaments morphiniques à très forte dose. L'effet sur mon esprit me permettait de rendre la vie un peu plus supportable, mais je n'en ai plus et dois continuer à vivre dans un cauchemars.
Tout le monde souhaite que je reprenne mes médicaments, mais à quoi bon, je ne vois pas ce qu'ils espèrent que cela m'apporte. Les antidépresseurs sont censé être en complément d'une thérapie, apporter la force et la volonté de mettre en place les solutions apportée par la thérapie. Hors tout le monde est au moins d'accord sur ce point : ma situation n'a pas de solution et la thérapie ne peux rien m'apporter. Dans ce cas les médocs n'ont aucune utilité. À quoi bon donner à quelqu'un la force de faire quelque chose alors qu'il n'y a rien qu'il puisse faire.
On me refuse également des médocs qui pourrait me mettre dans un état second comme le faisait la morphine ou encore de véritable somnifère sous prétexte qu'ils sont addictifs et que ce n'est pas ça la vraie vie.
Tout le monde s'accorde sur le fait que ma vie est un véritable enfer, je suis incapable de mettre fin à mes jours et il n'y a aucune chance que les choses s'améliorent pour moi, mais on me force à rester dans ce cauchemars sous prétexte que les drogues sont la solution de facilité.
Si leurs médocs ne sont pas là pour m'aider à affronter cette vie que je ne supporte pas, je ne vois pas pourquoi me les donner.

À présent je ne suis plus rien, je n'ai plus aucun contact social mis à part celui avec la psychologue, je n'ai aucune motivation à vivre et un désir irrésistible de mourir, je n'ai plus aucune confiance dans l'être humain, plus aucun espoir, ni que les choses puissent s'améliorer, ni qu'il puisse encore exister pour moi le moindre moment de bonheur, aussi fugace puisse-t-il être.
Super Poulet
 
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Inscription : Lun Juin 22, 2015 11:16

Re: Moi, zombie

Message par Storm » Jeu Juin 25, 2015 16:18

Bonjour à toi ,

Tout ce que tu écris c'est comme si c'était moi qui l'écrivait car je te comprend à 1000% !!!

Me considérer comme un zombie , mort vivant , clochard , tout ce que tu veux ... je n'arrête pas de me le reprocher ! :roll:

Et les déceptions amicales , ça , j'ai connu ! :cry: Bienvenue au club cher ami. Et j'espère ne pas en revivre d'autres ! :(

J'y tiens moi à mes ami(e)s et les perdre serait une tragédie donc je suis bien placé pour te comprendre.

Concernant les cachetons , j'aimerais me sevrer complètement de tout ce que j'ai pris et prend encore , mais c'est pas gagné ! ^^ La liste de toutes ces cochonneries est longue aussi ...

Bon courage à toi en tous cas ! :wink:
29 ans , Aspi.
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Storm
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