Différence(s) entre Asperger et Asperger surdoués ?

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Différence(s) entre Asperger et Asperger surdoués ?

Message par edalas » Lun Nov 10, 2008 0:46

Bonjour,

J'aimerai savoir quelles différences existent entre les personnes ayant le syndrome d'Asperger qui ne sont pas surdouées, vis à vis des personnes qui sont à la fois Asperger et surdouées, sur le plan de la manière dont le SA est vécu.

Voyez vous le fait d'être surdoué comme une aide pour vivre avec le SA ?
Ou percevez vous au contraire le fait d'être surdoué comme un handicap supplémentaire qui vous éloigne un peu plus des autres et donc accentue vos difficultés engendrées par le SA ?

Percevez vous des différences dans la manière d'aborder le syndrome d'Asperger en général entre une personne surdouée et une qui ne l'est pas ?

Ce que j'aimerai surtout c'est avoir votre avis sur si vous pensez que (1) être surdoué aide à mieux vivre un syndrome d'Asperger ou si (2) être surdoué quand on est aussi Asperger est un inconvénient supplémentaire.

Je pose ces questions dans une situation où le SA serai diagnostiqué avant la douance. Mais si ce n'est pas votre cas vous pouvez répondre quand même, je ne suis pas sectaire. Et si vous êtes à la fois Asperger et surdoué, dans quel ordre s'est fait ce diagnostique ? SA puis surdoué, ou surdoué puis SA, ou bien les deux en même temps ?

Par avance merci à ceux qui voudront bien me répondre :-)
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Message par bernard » Lun Nov 10, 2008 9:12

De mon point de vue, la précocité est une aide pour avancer dans la vie d'un aspie.
Dans mon cas, la précocité a caché le syndrome au moins jusqu'à l'entrée dans la vie professionnelle.
Pour mon fils, seule sa précocité a été détectée lorsque les maitresses nous l'ont signalée alors qu'il n'avait que 4 ans.
Pour le moment, les traits de l'aspie le gêne peu. Et sa douance l'aide plutot.
Ma fille cadette a les traits de l'aspie alors que rien ne montre une quelconque précocité.
Le fils de la soeur ma femme a une précocité qui masque complètement son SA.
En tant qu'aspie, cela ne trompe pas (regard fuyant, pointe des pieds, langage pédant, ...) mais sa douance l'emporte fortement (même devant les psys, où il a du passer des tests de QI pour entrer dans une école spécialisée au Vésinet).

Mais je mettrai un bémol. La précocité nous fait prendre conscience plus rapidement de notre différence et je ne sais pas si c'est toujours un bien.
Dernière édition par bernard le Jeu Jan 08, 2009 22:05, édité 1 fois.
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Message par Invité » Lun Nov 10, 2008 9:31

Mais je mettrai un bémol. La précocité nous fait prendre conscience plus rapidement de notre différence et je ne sais pas si c'est toujours un bien.

et puis surtout, ça nous attire des comportements peu sympas de la part des NT. Avec le SA, l'intégration n'est pas toujours simple, alors quand en plus on "pige" plus vite que la moyenne, certains NTs se sentent menacés :?

Bon je dit ça je suis pas une surdouée, simplement je suis à l'évidence plus logique que la moyenne, ce qui non seulement a rendu ma scolarité plus facile, mais me rend plutôt plus compétente que la moyenne dans mon métier (comptable)
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Message par bernard » Lun Nov 10, 2008 11:24

bernard a écrit :Le fils de ma femme a une précocité qui masque complètement son SA.

correctif: il fallait lire "Le fils de la soeur de ma femme"
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Message par stephAne » Sam Nov 15, 2008 23:01

Bonsoir,
Pour ma part, j'ai appris quasiment en même temps que je présentais le syndrome et que j'étais précoce c'est à dire à l'age de 30 ans.
Ces 2 aspects non dépistés ont été en l'occurrence le déclencheur d'une crise de personnalité, antérieurement (vers l'âge de 21 ans) puisque personne ne comprenait et encore moins moi même ce mal de vivre.
Cette reconnaissance tardive a été très bénéfique sur le plan personnel et salvatrice, même si j'ai des séquelles.
Vivre sa précocité sans le savoir et vivre sans savoir que l'on a le syndrome peut faire perdre la tête, car il y a alors décalage entre acuité intellectuelle et bizarreries de personnalité.
En tout cas, c'est mon cas.
"le chemin de la vie est difficile, le difficile est le chemin de la vie"
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Re: Différence(s) entre Asperger et Asperger surdoués ?

Message par omega » Lun Fév 23, 2009 17:05

edalas a écrit :Voyez vous le fait d'être surdoué comme une aide pour vivre avec le SA ?
Ou percevez vous au contraire le fait d'être surdoué comme un handicap supplémentaire qui vous éloigne un peu plus des autres et donc accentue vos difficultés engendrées par le SA ?

Pour ma part, plutôt une aide.
La douance profite au SA, mais tout autant que le SA profite aussi à la douance.
Mes aptitudes m'aident à dissimuler l'autisme, à trouver des solutions pour toutes les situations quotidiennes, et à me contruire une vie normale par-dessus tout ça.
Mais pas seulement à dissimuler le SA: beaucoup aussi à m'en servir, comme d'un mode de fonctionnement plein de possibilités...
Le SA exacerbe aussi les moyens intellectuels: déjà parce qu'il est là et qu'il faut bien vivre avec :lol: mais surtout parce qu'il sur-développe un mode de fonctionnement analytique et concret: non plombé par l'émotionnel, la subjectivité, l'abstraction, l'éducation reçue... C'est beaucoup plus facile d'analyser quand on n'est pas perturbé par ses émotions ou une vision partiale, et on peut pousser plus loin.

Pour moi, SA et douance ne sont pas deux choses séparées mais fonctionnent indissociablement.

Et si vous êtes à la fois Asperger et surdoué, dans quel ordre s'est fait ce diagnostique ?

Pour ma part, ni l'un ni l'autre ne sont officiellement diagnostiqués.
(passé des tests pour un bilan de compétences, mais pas eu les chiffres, apparemment au-dessus de la moyenne)
Je n'ai pas choisi l'ordre: une amie surdouée m'a parlé de la douance, et quelque temps plus tard, une autre amie Aspie m'a parlé d'Asperger. :lol: Je n'avais alors jamais entendu parler ni de l'un ni de l'autre, enfin un peu des surdoués mais je n'avais rien d'un petit intello à lunettes. :D

Détecter le SA avant la douance me semble a priori logique, car le SA pose des problèmes plus aigus (difficultés sociales, réactions "bizarres"...); et même si la douance est mieux vulgarisée que le SA, pas sûr qu'un surdoué SA se retrouve suffisamment dans le tableau de la douance (NT) pour s'y reconnaître.
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Message par Clovis » Mer Fév 25, 2009 14:47

Ce sujet traite d'une question qui m'intéresse beaucoup.

Des recherches sur le syndrome, des échanges avec des personnes en souffrant, des recherches sur mon enfance et de profondes réflexions personnelles. Tout semble tendre à montrer que je sois effectivement un Asperger.

Je me retrouve dans tellement de choses, grandes et petites, que le doute semble presque superflu, il ne cesse néanmoins de revenir.

En fait j'ai toujours du mal à concevoir moi même qu'on puisse être "Aspie" sans que personne ne l'ait jamais remarqué...

Au fond il est vrai que j'ai très vite essayé de cacher ce que je sentais comme des différences. Il est vrai aussi qu'il y a toujours eu des explications aux particularités que je montrais : aspects positifs (intérêt pour certains sujets, avance en langage, très fort en classe, très solitaire certes mais ne traine pas avec les garnements, ne se plaint jamais, effacé sinon invisible mais qu'importe puisqu'il est intelligent et ne pose pas de problèmes, peut rester des heures dans son coin sans sembler s'ennuyer ni embêter qui que ce soit, ne se plaint pas quand quelque chose devrait lui faire mal !), choses mises sur le compte de la mauvaise volonté (incompréhensions, refus obstiné de certaines choses par crainte), des choses qui ont semblé passer largement inaperçues (large incapacité à s'exprimer en dehors de mes centres d'intérêts, ne parle jamais de ce qu'il a fait à l'école, difficultés à exprimer des envies, préférences ou sentiments en général... Grosses difficultés à interpréter les sentiments d'autrui par exemple un personnage de livre surtout si le sentiment n'était pas expressément évoqué, difficulté à me mettre à la place d'autrui), timidité (évitement des étrangers et même des gens en général, toujours le refus de faire certaines choses), des choses vraiment invisibles (un sentiment latent de différence, une culpabilité inexplicable, une anxiété surtout face aux choses inhabituelles ou nouvelles, l'impression que quelque chose m'échappait chez les autres,etc.). Problèmes surtout avec ma soeur de 2 ans mon ainée, presque ma seule camarade de jeu habituelle, elle piquait souvent des colères contre moi à lesquelles je ne comprenais rien et - avec du recul - je n'étais peut-être pas évident à comprendre, je détestais qu'on vienne chambouler mes façons de faire ! Mais comme j'étais celui qui avait un caractère gentil, effacé, on prenait ma défense et je crois aujourd'hui que le sentiment d'injustice ressenti par elle était finalement peut-être plutôt légitime !

Souvent, les étrangers surtout, pouvaient remarquer certains de mes traits, mais ça ne soulevait aucune question puisque je ne me faisais pas remarquer, gentil et intelligent... ! Aujourd'hui encore quand je pose des questions à ma mère j'obtiens souvent des réponses du type : "mais déjà tout bébé tu étais extrêmement sage, tu n'as jamais posé de problèmes !". Peut-on avoir des problèmes si on en a pas posé aux autres ?

A l'heure actuelle d'ailleurs mes parents semblent toujours trouver absurde que je cherche des réponses à des questions dont ils ne voient rien... Puis-je attendre d'eux qu'ils comprennent que réellement j'ai toujours été perdu au milieu des autres, que je me suis toujours senti en décalage ?

Pourront-ils le concevoir si je leur montre cette photo d'y il a bien 15 ans de ça et apparemment anodine, l'air concentré, le regard ailleurs que vers l'objectif, mais sur laquelle j'ai découvert avec surprise un geste précis, particulier, que je fais toujours dans le stress pour me tranquilliser, essayer de ne pas perdre le fil ? (celui de dénombrer avec les doigts d'une main, sur la paume ouverte de l'autre main, les choses que j'ai à faire, les choses qui vont arriver,etc.)

Désolé pour ce long monologue. :oops:
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Message par omega » Mer Fév 25, 2009 15:59

Tu me sembles très bien résumer les choses: :)
Clovis a écrit :Peut-on avoir des problèmes si on en a pas posé aux autres ?

Si l'intelligence permet de s'adapter à (presque) toutes les situations sans poser de problèmes, alors effectivement ... il n'y a pas de problème, et rien qui n'attire l'attention des autres.

Asperger ajouté à cela, on n'a pas de mauvaises fréquentations (pas de fréquentations du tout! :lol: ), on est sérieux et sage en classe, quoiqu'un peu timide, mais c'est tellement touchant la timidité, pis ça fait "bien élevé"... :)
Il y a bien quelques détails troublants: la solitude, la "timidité"... mais ils paraissent si anodins comparés au reste.

Tant que ça dure, cela ne nous vaut que des compliments ... quand on s'épuise de cet effort d'adaptation permanente, plus tard, cette rébellion paraît ... si soudaine, si incompréhensible aux yeux des gens extérieurs.

L'"hyper adaptabilité" reste la réaction privilégiée plus tard: en cas de conflit ou de situation problématique, mon réflexe est toujours de m'adapter et me faufiler pour trouver une solution... plutôt que de buter un bon coup, m'opposer, protester, dire non, bref balancer une réponse ferme à mon interlocuteur. (c'est très rare que je le fasse, hormis dans une situation injuste)

Est-ce le cas pour toi aussi?

C'est dans ce genre de contexte entre autres qu'Asperger et douance fonctionnent de concert, si on considère l'intelligence comme la capacité à s'adapter.
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Message par Clovis » Mer Fév 25, 2009 17:24

Merci beaucoup de m'avoir lu et d'avoir répondu de manière si intéressante. :)
L'"hyper adaptabilité" reste la réaction privilégiée plus tard: en cas de conflit ou de situation problématique, mon réflexe est toujours de m'adapter et me faufiler pour trouver une solution... plutôt que de buter un bon coup, m'opposer, protester, dire non, bref balancer une réponse ferme à mon interlocuteur. (c'est très rare que je le fasse, hormis dans une situation injuste)

Est-ce le cas pour toi aussi?

Oh que oui...

Il faut dire que j'ai toujours eu une véritable répugnance pour les disputes. Je ne voyais pas leur utilité d'autant plus qu'en fin observateur il me semblait que des personnes se disputaient bien souvent alors qu'elles étaient du même avis qu'elles exprimaient juste avec des mots différents !

Je suis très attentif aux mots et la manière de leur donner le sens juste. Orthographe et surtout grammaire, ponctuation et utilisation des mots adéquats pour exprimer ses idées, tout cela est peut-être d'autant plus important pour moi que les autres sources d'informations pour interpréter les paroles d'autrui me font largement défaut ? Toujours est-il que je remarque immédiatement lorsqu'une personne emploie une expression dont elle ne comprend pas le sens et comprend souvent ce que les gens voulaient vraiment dire lorsqu'ils ne s'expriment pas parfaitement. Heureusement pour eux j'arrive maintenant à me retenir de signaler erreurs et approximations à tout bout de champ...

Pour en revenir au sujet initial j'évite effectivement de manière quasiment systématique les confrontations. Il faut vraiment que je sois dos au mur pour concéder tout genre de discussions sérieuses. Je les redoute sans doute par conscience de la difficulté de les gérer : il me faut presque toujours un grand temps de réflexion pour essayer de comprendre ce que des phrases dont je comprends le sens littéral peuvent réellement trahir des intentions, de l'état d'esprit, des émotions de mon interlocuteur. Je suis assez largement incapable de réagir de manière appropriée dans les relations sociales orales surtout en face à face !

Il me faut donc le temps de la réflexion pour envisager de bien comprendre ce qui se cache derrière les mots et donc d'y répondre. Mais quand bien même je me fais une idée assez claire, quand bien même il ne serait pas trop tard pour agir, je suis souvent paralysé car ne sachant tout de même pas quelle attitude adopter...

J'ai plus l'habitude d'aborder les sujets épineux à l'écrit, quand vraiment il le faut. Mais le risque est que, ayant laissé pourrir une situation et n'ayant naturellement pas le sens de la concision, je déborde littéralement mon destinataire sous des explications qui nécessairement le dépassent... d'autant plus que malgré la réflexion j'ai du mal à adopter vraiment le point de vue de l'autre ! :oops:

Oui, en cas d'injustice par contre je peux me défendre avec vigueur. Une véhémence parfois disproportionnée non pas par sa violence mais par l'ampleur de l'argumentation et de l'indignation rapportées à l'insignifiance des faits qui me sont reprochés à tort ! Question de principe... :lol:
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Message par omega » Jeu Fév 26, 2009 16:53

Merci beaucoup pour cet échange d'idées si intéressant. :)

Clovis a écrit :Je suis très attentif aux mots et la manière de leur donner le sens juste. Orthographe et surtout grammaire, ponctuation et utilisation des mots adéquats pour exprimer ses idées (...)

Oui, ça c'est une chose à laquelle je suis très sensible aussi, et que je repère immédiatement. Chez toi en l'occurrence ;) , et chez quelques autres personnes que je connais, aspies ou non.
Pensée fulgurante du genre: "tiens, voilà quelqu'un qui comprend le français..." :oops: Je veux dire, une utilisation purement sémantique du langage, et non émotionnelle: utiliser les mots purement pour leur sens et non leur impact émotionnel ou leurs connotations.

Beaucoup de gens fonctionnent à l'émotionnel, et donc leurs mots expriment leurs émotions. Pour ma part, je fonctionne au sens, et donc mes mots expriment du sens. L'un comme l'autre sont du français, mais ne reflètent pas du tout la même chose.

J'ignore si cela a un rapport avec la différence entre QI verbal et QI performance constatée chez les aspies, je serais curieuse de le savoir.

(question au passage: as-tu des occupations littéraires?)

Il faut vraiment que je sois dos au mur pour concéder tout genre de discussions sérieuses. Je les redoute sans doute par conscience de la difficulté de les gérer

Pour avoir longuement réfléchi sur cette attitude face au conflit, je me demande si elle n'est pas à la fois une des causes du mal, de même que le moyen de lui échapper!

Je veux dire que cette absence de refus, de réaction ferme, peut laisser l'autre dans le doute, l'encourager à abuser, voire à aller de plus en plus loin tant qu'il ne rencontre pas d'opposition franche. Selon la personne, ne se sentant pas dissuadée ou stoppée net, elle peut aller du simple abus jusqu'à l'agressivité franche et le harcèlement moral. (j'ai connu cela)
Alors que si les premiers signes d'incorrection à notre égard repartaient aussi sec à l'envoyeur ... :roll: dans la majorité des cas, il saurait à quoi s'en tenir et se ferait preuve de retenue à l'avenir.
Avec ce type de réactions "souples" que nous avons, les gens ne savent pas à quoi s'en tenir. La majorité doute mais sait se tenir, quelques uns abusent un peu, et de temps en temps, l'un d'eux agresse ou harcèle.

Quant au moyen d'échapper au harcèlement, là aussi la souplesse: on n'offre pas davantage de prise, on est capable de faire preuve d'une souplesse énorme sous la pression, donc difficiles à contraindre et à mettre sous pression. Je passe sur les capacités de "décrocher" et de faire abstraction qu'offre l'autisme. :roll:
Les moyens de pression exercés par les harceleurs reposent largement (tous?) sur l'incapacité de recul de leur victime: d'ailleurs ils font tout pour la maintenir la tête sous l'eau et l'empêcher de prendre du recul. Si on est capable de faire abstraction de tout cela et de relativiser, le harceleur se retrouve tout c.n et démuni. (ça a été le cas pour le mien, un psychopathe de premier choix, pourtant)

Bref, la souplesse intellectuelle et l'adaptabilité sont des instruments à double tranchant.
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Message par Clovis » Ven Fév 27, 2009 18:39

Dans les échanges écrits j'en arrive invariablement à décourager mes interlocuteurs par une indécrottable tendance à faire des réponses de plus en plus longues (c'est pourtant leur faire honneur que d'avoir du mal à ne pas répondre à chaque point précis, c'est qu'ils suscitent chez moi intérêt et questionnements !). :oops:

Je veux dire, une utilisation purement sémantique du langage, et non émotionnelle: utiliser les mots purement pour leur sens et non leur impact émotionnel ou leurs connotations.

Ce point précis me pose d'ailleurs parfois de petites difficultés. Non seulement, face à un mot, j'ai des difficultés à appréhender sa charge émotionnelle mais en plus (et peut-être d'autant plus) l'interprétation que je fais d'un mot qu'on me dit dépend du sens précis que j'ai pour habitude de lui donner qui, n'étant pas forcément celui exact du dictionnaire et surtout pas celui de mon interlocuteur, peut être mauvais. Mon évaluation du sens des mots manque parfois de flexibilité. :oops:

Si j'ai passé un très bon moment avec une personne et qu'elle me dit que c'était "sympa" ou "vraiment sympa" le risque est très grand que j'en déduise qu'elle a moins apprécié la chose que moi. La chose se complique d'ailleurs d'autant plus que cette interprétation peut s'avérer fausse mais également juste... Comment trancher ?! Manquant d'estime de moi je vais plutôt garder une impression négative...

Beaucoup de gens fonctionnent à l'émotionnel, et donc leurs mots expriment leurs émotions. Pour ma part, je fonctionne au sens, et donc mes mots expriment du sens. L'un comme l'autre sont du français, mais ne reflètent pas du tout la même chose.

Je suis quasiment incapable de traduire mes émotions en mots, le faire n'est en tous cas pas naturel et cause chez moi, lorsque vraiment je sens qu'il est important que je le fasse, une grand gêne doublée d'une impression souvent justifiée de maladresse.

(notons au passage que je ne suis pas non plus expansif physiquement. Je crois que si je demandais à ma mère elle dirait que j'ai toujours été très "câlins" parce c'est ce qu'elle a toujours eu envie de croire, mais aujourd'hui encore la plupart des formes de contact physique sont pour moi loin d'être naturelles sinon redoutées... Il y aurait long à dire là-dessus !)

J'ai d'ailleurs constaté que je m'adapte beaucoup aux gens à lesquels j'ai affaire. Ce n'est pas nécessairement pour leur plaire, ce n'est pas non plus que je sois influençable, mais ne sachant pas quelle est la manière adaptée de me comporter j'ai tendance à me calquer sur la leur. Ce qui implique que dans les relations humaines je laisse les autres prendre les initiatives ne sachant pas toujours quelles elles sont ni à quel moment les prendre et incapable de savoir si l'autre le souhaite...

(question au passage: as-tu des occupations littéraires?)

Hormis une passion dévorante pour les livres - en tant qu'objet et pour leur contenu même s'il m'arrive par période d'être incapable de me concentrer sur un ouvrage - et le fait d'écrire sur moi même... ?

J'ai bien essayé d'écrire des histoires par le passé, on m'a toujours dit que j'écrivais bien et à vrai dire j'aime beaucoup ça. Mais différents problèmes m'ont toujours empêché d'aller bien loin jusque là : une tendance à pouvoir me rappeler très rapidement de tout ce que j'ai lu et donc un sentiment constant de "plagiat", le refus de parler de choses dont j'aurais une maitrise insuffisante (ce qui, avec mon amour du détail, exclue presque tous les lieux et toutes les époques) et une difficulté à imaginer des personnages, à leur donner un visage et une personnalité surtout... J'ai une imagination qui a souvent semblé débordante aux autres, mais elle peine à s'exprimer de manière littéraire (et je vais d'ailleurs m'abstenir de me lancer dans de grandes réflexions là-dessus maintenant !).

Pour avoir longuement réfléchi sur cette attitude face au conflit, je me demande si elle n'est pas à la fois une des causes du mal, de même que le moyen de lui échapper!

Sous toutes ses formes et à tous points de vue l'évitement, même subtil, est un cercle vicieux...

Je veux dire que cette absence de refus, de réaction ferme, peut laisser l'autre dans le doute, l'encourager à abuser, voire à aller de plus en plus loin tant qu'il ne rencontre pas d'opposition franche. Selon la personne, ne se sentant pas dissuadée ou stoppée net, elle peut aller du simple abus jusqu'à l'agressivité franche et le harcèlement moral. (j'ai connu cela)
Alors que si les premiers signes d'incorrection à notre égard repartaient aussi sec à l'envoyeur ... Rolling Eyes dans la majorité des cas, il saurait à quoi s'en tenir et se ferait preuve de retenue à l'avenir.
Avec ce type de réactions "souples" que nous avons, les gens ne savent pas à quoi s'en tenir. La majorité doute mais sait se tenir, quelques uns abusent un peu, et de temps en temps, l'un d'eux agresse ou harcèle.

Parfaitement d'accord... Il vaut cependant mieux pour nous et pour lui qu'il sache s'arrêter parce que lorsque l'on craque ça peut faire mal (en fait je comprends enfin à sa juste valeur la façon que ma mère avait d'expliquer les fréquentes disputes avec mon père : "il faut bien que la cocotte laisse échapper un peu de vapeur de temps en temps sinon elle explose" Oui, les confrontations même tournant à la dispute peuvent êtres positives et souhaitables... De l'admettre à l'appliquer il est un grand pas ! :lol: Plus sérieusement mon ex - je déteste cette expression - m'a reproché de ne jamais lui faire de reproche, de ne pas suffisamment avoir cherché sinon évité les confrontations : manque de caractère, trop gentil. Et c'est pas faux finalement...).

Quant au moyen d'échapper au harcèlement, là aussi la souplesse: on n'offre pas davantage de prise, on est capable de faire preuve d'une souplesse énorme sous la pression, donc difficiles à contraindre et à mettre sous pression. Je passe sur les capacités de "décrocher" et de faire abstraction qu'offre l'autisme. :roll:

Je n'ai pas le souvenir d'avoir eu de comportements de "repli intérieur" on va dire "caricaturalement" autistique vu de l'extérieur (ce qui m'amène à douter...) mais face aux coups ou injures j'opposais une forme d'indifférence non-feinte... Si tel la cocotte il m'est arrivé d'exploser je ne me rebiffais pas aux grand dam de ceux qui n'étaient pas au rang de mes persécuteurs et ce n'était pas tant par impuissance que par absence de volonté... En-dehors de l'indifférence une arme dérisoire sinon contre-productive était la logique, la foi en la raison, je ne vous ai absolument rien fait, pourquoi me feriez vous du mal ?!? Touchante naïveté...

Les moyens de pression exercés par les harceleurs reposent largement (tous?) sur l'incapacité de recul de leur victime: d'ailleurs ils font tout pour la maintenir la tête sous l'eau et l'empêcher de prendre du recul. Si on est capable de faire abstraction de tout cela et de relativiser, le harceleur se retrouve tout c.n et démuni. (ça a été le cas pour le mien, un psychopathe de premier choix, pourtant)

Oui, même si, comme tu l'as dit plus haut, l'absence de rébellion peut faire croitre la fureur du harceleur. Surtout devant témoins, l'inefficacité de ses attaques est pour lui une véritable humiliation, il s'en retrouve même plus abaissé que sa victime. C'est cependant une chose que j'ai mis du temps à comprendre...

C'est pourtant vrai qu'ils se découragent... Avant nous. Bien que paumé actuellement j'ai souvent l'impression que rien ne peut me briser totalement, parce qu'un détachement par rapport à bien des choses aussi, parce que aussi ma manière de glaner de petits moments de bonheurs, ma conception d'ailleurs du bonheur, est si différente, si personnelle, que rien ni personne ne pourra jamais m'en priver tout à fait...

« L'important c'est de se sentir heureux, d'extérieure, la vie devient intérieure, son intensité reste la même et vous savez, c'est bizarre où le bonheur de vivre va parfois se nicher. » Blaise Cendrars, Moravagine
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Message par Vic » Sam Sep 12, 2009 20:41

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Message par Sébastien » Lun Sep 14, 2009 20:43

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Message par omega » Mar Sep 15, 2009 11:29

Vous voulez dire poser les pieds la pointe en premier, au lieu du talon d'abord?
(c'est mon cas, les gens croient souvent que j'ai fait beaucoup de danse classique :lol: )
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Message par bernard » Mar Sep 15, 2009 15:14

Sébastien a écrit :Marche -t-on sur la pointe des pieds lorsqu'on est surdoué ? Je n'y comprends rien...

Un certain nombre d'aspies marchent sur la pointe des pieds, avec un taux très supérieur à la moyenne des NT.
C'est aussi valable chez les aspies adultes (ce n'est pas mon cas), mais vu aussi sur les témoignages d'Autisme Québec.
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Message par omega » Mar Sep 15, 2009 17:22

Mais que veux-tu dire précisément par marcher sur la pointe des pieds?

Ne marcher que sur la pointe, comme ça?
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Ou bien poser tout le pied au sol, mais la pointe d'abord, puis le talon?
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Message par Invité » Mar Sep 15, 2009 21:20

Je m'excuse, mais moi je suis aspie et pourtant je marche normalement. C'est-à-dire que je pose d'abord mon talon quand je marche... Je suis pas sûr de comprendre vos propos :roll:
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Message par bernard » Mer Sep 16, 2009 12:42

SysDav, tous les aspies ne marchent pas sur la pointe des pieds.
Mais un certain nombre, ce qui a attiré l'attention des professionnels qui établissent les grilles d'évaluation pour le diag.
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Message par Vic » Mer Sep 16, 2009 20:49

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Message par omega » Jeu Sep 17, 2009 8:38

Sébastien a écrit :Je me suis posé la question, quand je marche sur une longue distance je pose mon talon et je déroule mais quand je fais les cents pas ou que je marche chez moi j'ai tendance à poser d'abord la pointe des pieds.

Pour moi c'est l'inverse: talon en premier, ça me fatigue... tandis qu'avec ma façon de marcher habituelle (et reconnaissable :lol: ), je peux marcher infatigablement à un rythme très soutenu.

Le fait de poser la pointe en premier n'est que l'aboutissement du geste qui part de la hanche, voire du dos.
omega
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