Asperger et Empathie

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Asperger et Empathie

Message par Caroline79 » Mar Jan 26, 2016 19:20

Bonjour à toi qui me lit :)

Je vous présente la situation avant de vous poser ma question.

Je suis (quasiment) persuadée d'avoir le syndrome d'asperger. J'ai commencé par en prendre conscience grâce à ma psy après presque un an d'analyse, puis chacune de mes lectures m'en convainc chaque jour d'avantage, avec en particulier :
- " Le syndrome d'asperger te l'autisme de haut niveau " de Tony Attwood
- " Vivre avec le syndrôme d 'Asperger " de Liane Holliday Willey
- " L'asperger au féminin " de Rudy Simone
- " L'énigme de l'autisme " de Uta Frith

J'éprouve le besoin de faire un diagnostique officiel pour préciser les connaissances sur moi-même (voir présentation par caroline79). C'est un besoin dans une dynamique pour reprendre le contrôle de ma vie, ou plutôt pour apprendre à être moi-même en ayant conscience de mes limites et me soigner d'une dépression "de fatigue". Par exemple, le syndrome d'Asperger explique comment tant de situations me fatiguent (surtout celles qui incluent d'autres humains avec lesquels ils faut interagir, ou pas d'ailleurs!)

Le CRA a répondu à ma demande diagnostic... qui aura lieu en 2018... C'est un peu loin, alors sur le conseil de mon médecin traitant, je me suis tournée vers une psychiatre spécialisée "Zèbre" qui, persuadée que je ne suis pas Asperger (mais HP), m'a renvoyée vers une psychologue clinicienne pour ce que je croyais être un pré-diagnostic. J'ai découvert à la première séance que c'était en fait un simple test de QI (W.A.I.S.) et que la psychologue aussi est déjà persuadée que je ne suis pas aspie... (je ne savais pas cela ce voyait sur la figure lol) Je sors de la deuxième séance qui confirme un Haut Potentiel d'après la psychologue.

Je comprends bien que je ne suis pas la plus qualifiée pour me diagnostiquer Asperger, mais je demande à ce que l'on m'explique pourquoi je ne le suis pas. Les premiers éléments de réponse qui viennent de m'être donnés sont que :
- "je peux avoir de l'empathie", voire de la "sympathie" pour un autre humain / parce que je peux ressentir dans mon corps la souffrance d'un autre être humain
- "j'ai conscience de mon corps" (et que "je suis concernée par sa santé")

Je ne suis pas du tout convaincue par ces deux arguments, ai-je tord ou raison ? Je demande l'avis des "spécialistes aspies" de ce formidable forum S'il-vous-plait !!!!

Un grand merci à tous ceux qui prendrons la peine de me répondre.

PS : J'imagine que vous aurez des questions pour préciser votre avis alors n'hésitez pas ! MERCI !!!!!!
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Re: Asperger et Empathie

Message par Valryd » Mer Jan 27, 2016 9:31

Caroline,

De ma petite expérience (je ne suis certainement pas le plus qualifié pour répondre à cette question ni sur ce forum ni ailleurs, mais je tenais à t'apporter un élément de réflexion dans tous les cas) beaucoup de problèmes sont liés à un manque d'information sur les Asperger, et la volonté de diagnostic de tout un chacun. (jamais compris cette expression ^^ )

Personnellement, je ne penses pas qu'un Aspie, contrairement aux préjugés encore trop divulgués même par des professionnels, soit dénué d'empathie ou de conscience corporelle systématique.

Je m'explique.

Moi par exemple, je n'ai pas de problème de coordination moteur comme ça pourrais être le cas si on suit point par point le diagnostic aspie "d'école" si j'ose dire.

La réponse à ça est que tout simplement, on m'a fait faire du ski et de la natation étant tout petit, donc j'ai vite pris conscience de mon corps.
Il en va de même pour l'empathie.

Je penses que c'est des éléments réducteurs, que les médecins asperger-sceptique utilise pour classifier au plus simple.

Je suis déjà tombé sur des sceptiques en France, (rien de plus horrible) voilà pourquoi je me suis dirigé vers Myriam-Noël Winderling (Genève, Suisse). Elle a écrit un livre sur les aspergers et autisme de haut-niveau.

Elle m'a pris tout de suite, et après plusieurs séances elle a confirmé le diagnostic. C'est pas donné, mais le prix à payer vaut le soulagement de savoir ce qu'on est. :)
Personnellement, je ne sais pas si tu l'es ou pas, mais elle te le dira à coup sur.

Bon courage dans tes démarches. :)
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Re: Asperger et Empathie

Message par Caroline79 » Mer Jan 27, 2016 11:14

Valryd a écrit :
Je penses que c'est des éléments réducteurs, que les médecins asperger-sceptique utilise pour classifier au plus simple.




Tout d'abord un grand merci pour ta réponse Valryd !

Ton terme "asperger-sceptique" me fait enfin comprendre l'attitude de la psychiatre et de la psychologue dont je parle !!! Par contre cela ne les empêche pas de prendre mon argent !!! (250 euros pour un test de QI) Je suis méga en colère !!!!

Moi aussi j'ai fait du sport très jeune (danse, patinage, ski) et je suis sûre que cela m'a aider à prendre conscience de mon corps malgré ma haute tolérance à la douleur. Je me demande même si la musique n'a pas été un catalyseur.
Et l'empathie aussi fut un long apprentissage au cours d'une succession de prise de consciences (par exemple quand j'ai vu mes camarades pleurer à cause de on attitude...), même si je continue de mettre les gens mal à l'aise...

Et merci pour le partage et tes encouragements.
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Re: Asperger et Empathie

Message par Valryd » Mer Jan 27, 2016 12:35

Pas de quoi! :)

Oui Le problème c'est qu'une bonne partie des médecins ( le cor médical entier en fait ) est souvent resté sur la définition de l'asperger de ce qu'on en "savait" ( plutôt devinait) a l'époque, cad un autiste "visible".
Dès lors où l'on est socialement camouflé, on ne l'es plus... Bref.

C'est pour ça que je me rend en Suisse. C'est cher mais au moins je tombe moins facilement sur des sceptiques qui me trouvent "normal" au premier coup d'œil.
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Re: Asperger et Empathie

Message par Caroline79 » Jeu Jan 28, 2016 12:48

danielt a écrit :Est-ce que tu peux nous dire quels sont tes traits justifiant un diagnostic aspie ? Le simple burn out d'un enseignant n'en est pas un, c'est un métier tellement difficile que même une personne neurotypique peut ne pas être à la hauteur. C'est même un des métiers les plus difficiles avec celui d'un policier et d'un surveillant de prison.

Pour être diagnostiquée aspie tu devrais avoir des difficultés sociales dans des situations faciles pour une personne neurotypique.


Oui tout à fait :)

j'ai plusieurs handicaps en corrélation avec le syndrome d'asperger, et en particulier ceux en rapport avec les interactions sociales qui pourrait ce résumer avec une peur des autres humains (je ne sais jamais vraiment s'ils sont bienveillants ou pas).

Après une interactions (même brève) avec un étranger, je continue de cogiter plusieurs heures après avec le plus souvent des émotions négatives (honte, culpabilité, doutes...)

Après une soirée entre amis (même si je n'ai plus qu'une amie, mais qui elle en a) je peux mettre 2 jours en m'en remettre (physiquement). Des fois j'ai l'impression que l'autre me vampirise... Je ne sais pas vraiment comment l'expliquer...

Les transports en commun, sortir dans la rue, les super-marcher (le pire étant le passage en caisse) me fatigue. J'ai pris conscience de tout cela grâce à ma psy.

Il y bien sûr pleins d'autres symptômes... Du passé et du présent.

Qu'en penses-tu ?
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Re: Asperger et Empathie

Message par Caroline79 » Jeu Jan 28, 2016 13:06

Aspergyal971 a écrit :Salut à toi :)
Et bien tu as raison :lol: Je suis aspi ,je n'ai que partiellement conscience de mon corps après un long apprentissage sportive et je suis partiellement empathique ,j'ai une hyper-émotivité et une capacité d'analyse plutôt rapide .Je dis partiellement car j'ai acquis des automatismes mais en réalité au fond ils n'en est rien ,c'est pas naturel ,c'est même pénible et ça je l'ai compris récemment. :roll: Donc tout ça pour dire que ça peut fausser tes résultats ,car ce qui ressemble à de l'empathie ne l'est pas forcément :roll: et ma psy du CRA justement en était troublé car d'un coté ça disait que j'étais asperger et de l'autre empathique ,elle ne savait pas que décider ,je lui ai dit que je connaissais des aspis diagnostiqués aspis mais empathique et que mes réponses peuvent être fausser par mes automatismes :roll: je m'explique ,j'ai toujours été sur la défensif au point de croire moi même à mes répliques .Je suis devenu diplomate et empathique par les mots et même dans les faits et qu'en faite ce n'était que de la comédie pour être accepter et ne plus avoir de réflexions "gênantes" :roll: Ma sensibilité ,mon égo même prenait le dessus et se confondait à tout cela :roll: .Je ne sais pas si je me suis bien exprimée :| mais tu peux être aspi et avoir un simili d'empathie en gros et comme tu l'as dit avoir réussis à prendre possession de corps .Leurs arguments ne pèsent pas assez lourd je trouve . :roll:


Oui c'est exactement ça, tu l'expliques vachement bien ! Merci ton aide !

parfois, l'expérience me permet de deviner l'état émotionnel de l'autre (surtout que la psychologie et le comportement humain et animal est un sujet qui me passionne) et bien souvent je me trompe. Mais je peux le ressentir dans mon corps si cela fait écho à mes propres émotions. Et parfois quand je vais m'adresser à la personne que je vais avoir envie d'aider, je peux l'agresser verbalement sans m'en apercevoir et la réaction peut être assez violente...

Et puis ce n'est pas parce qu'on manque d'empathie qu'on est mal-veillant. Alors on apprends, on trouve des subterfuges pour veiller à notre bienveillance, pour être juste pour l'autre.

J'ai l'impression que plus jeune je blessais par mon manque d'empathie ("mais pourquoi tu pleures ? t'as cas te lever et puis c'est tout !" face à une amie en surpoids qui n'arrivait pas à se mettre debout sur ses skis), tandis qu'aujourd'hui je n'ai d'empathie que pour les situations ou émotions que je peux comprendre parce que je les ai déjà vécue. Mais peut-être est-ce le cas aussi des neurotypiques (à par les psychopathes)... ?

Qu'en penses-tu ?
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Re: Asperger et Empathie

Message par Caroline79 » Jeu Jan 28, 2016 20:24

Aspergyal971 a écrit :
Pour moi les neurotypiqueses ont une forme d'empathie et les aspis une autre qui s'oppose .Eux ils enjolives les choses ,l'aspi lui est cru. Ce que je perçois comme étant hypocrite, pour eux c'est "faire la société"


Je crois que c'est exactement ce qu'essaye de m'expliquer ma psy (celle qui pense que je suis asperger) ! c'est dingue ! Et je te rejoint totalement sur le terme d'hypocrisie alors que nous parlons d'empathie !!!

Moi aussi je suis fière de mon honnêteté aujourd'hui, ou d'être cru comme tu dis (même si parfois cela joue de sacré tours, il ne faut pas se mentir). Nous avons le pouvoir d'être honnête avec nous-même et cela n'a pas de prix quand je vois toutes les autruches qui m'entourent et qui en souffrent ! (même si on souffre pour pleins d'autres raisons...) Je pense même qu'on pourrait aussi parler de lucidité sur le monde. Une lucidité incompatible avec l'hypocrisie sociale, cette hypocrisie indispensable aux croyants (je parle de toutes les formes de croyances : celles qui asservis les humains entre eux - religions, théories, usages...)

Merci pour ton témoignage, c'est kiffant d'être en phase avec la vision et le raisonnement d'un autre être humain.
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Re: Asperger et Empathie

Message par Caroline79 » Ven Jan 29, 2016 10:19

Aspergyal971 a écrit :De rien ,c'est un vrai plaisir pour moi de te parler :) .J'espère bien que ça se renouvellera :D C'est enrichissant :roll:


grave cool :D
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Re: Asperger et Empathie

Message par Caroline79 » Jeu Fév 11, 2016 19:41

Bonjour,

Je viens ici rendre compte du résultat du diagnostic dont je parle dans mon premier message.
Pour simplifier, je vais appeler "évaluatrice" la psychologue clinicienne qui a mené le test de QI, et ma psychologue "ma psychologue".

Le résultat est que j'ai un QI de 145 (144 en compréhension verbale, 130 en raisonnement perceptif, 140 en mémoire de travail et 129 en vitesse de traitement), et comme il est "homogène" : je ne suis pas autiste (d'après l'évaluatrice). J'ai remarqué une différence de 15 points entre compréhension verbale et vitesse de traitement, mais il parait que ce n'est pas un grand écart... qu'en pensez-vous ?
Pour l'évaluatrice, un haut potentiel est souvent confondu avec l'autisme par les thérapeutes (PS : ma psychologue qui a trente ans d'expérience). En fait "tous mes symptômes d'autisme sont en fait des symptômes de haute potentialité".

Je lui ai alors demandé de me donner les arguments pour me convaincre de sa pensée... Mais elle n'a pas réussi à me convaincre :roll: . Chacun de ses arguments me faisait penser que nous n'avions pas la même définition de l'autisme ( je lis beaucoup sur le sujet). Par deux fois je lui ai même fait remarquer qu'elle me parlait de symptôme d'autisme avec handicap mental, hors je n'ai pas d'handicap mental (elle se contenta alors de me donner raison et de trouver un autre argument...). Cette différence est très bien expliquée dans le livre de Peter Vermeulen "Comprendre les personnes autistes de haut niveau" (comme l'inefficacité du test de QI pour diagnostiquer l'autisme d'ailleurs, chez les personnes sans déficience mentale...).

En fait j'avais l'impression de dire "je suis orange" et elle me répondait "non, vous n'êtes pas une banane". C'était très frustrant car je n'ai eu aucune réponses à mes questions (exceptés celles que j'avais déjà). Bref 250€ pour rien quoi...

J'étais aussi intriguée de voir qu'elle exprimait comme un grans soulagement le fait que je ne sois pas autiste. Et puis, lors de ses derniers arguments, j'ai compris : pour elle, les autistes sont forcément psychotiques (théorie d'un autre siècle...). Elle n'arrêtait pas de me dire que j'étais consciente des "choses" alors que les autistes non, bref qu'un autiste ne peut pas s'auto-diagnostiquer . :!:

Donc finalement, heureusement que l'évaluatrice n'a pas vu que je suis autiste de haut niveau, car sinon j'imagine que c'était psychotropes assurés (et prescrit par la psychiatre qui m'a envoyé faire le test avec la psychologue "l'évaluatrice")... Non pas que je sois contre les psychotropes, mais prescrits pour de mauvaises raisons, je doute des résultats...

Je vis quand même très mal cette incompréhension... Encore une fois, j'étais face à une personne avec qui je n’arrivais pas à communiquer (c'est dans ses moments là que je réalise à quel point ma psychologue est géniale). Alors j'ai fini par ne lui parler qu'en lui posant des questions (c'est une de mes techniques). Elle me dira en fin de séance "je vois que vous avez besoin de poser des questions, n'hésitez pas à me rappeler si vous avez d'autres questions plus tard". J'ai répondu "d'accord" mais j'ai pensé "Non, t'es vraiment trop conne". :twisted:


Heureusement aussi que ma psychologue me comprends et m'aide à surmonter mes angoisses. Et puis le fait de me confronter à des arguments contre le diagnostique de l'autisme a paradoxalement fini de me convaincre que je suis autiste de haut niveau. Que mon QI élevé ma permit de mettre en place pleins de stratégies (que je retrouve dans les méthodes dont parle Peter Vermeulen cité plus haut d'ailleurs).

L'évaluatrice m'a aussi parlé de Temple Gandin, que je connais bien évidemment mais que je n'avais pas encore commencé à lire. Elle disait que je verrai ma différence avec elle. J'ai commencé hier (Ma vie d'autiste), et après 100 pages, je doute que l'évaluatrice l'ai lu, ou de ses compétences... (oui j'avoue,je doute des deux - j'ai pris la grosse tête depuis que je connais mon QI lol :wink: ).

Je vais donc devoir attendre 2018 pour me soumettre au diagnostique du CRA... En attendant, je ne suis toujours pas capable de travailler... c'est la merde.. :(

J'espère que j'aurais réussi à susciter votre curiosité et que j'aurai des retours sur ce message (et je remercie encore ceux qui on répondu au premier), en particulier en corrélation avec votre expérience ou vos connaissances sur l'autisme de haut niveau ou SA. Merci 8)
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Re: Asperger et Empathie

Message par 4EyedGirl » Ven Fév 12, 2016 12:56

Caroline79 a écrit :Bonjour,

Je viens ici rendre compte du résultat du diagnostic dont je parle dans mon premier message.
Pour simplifier, je vais appeler "évaluatrice" la psychologue clinicienne qui a mené le test de QI, et ma psychologue "ma psychologue".

Le résultat est que j'ai un QI de 145 (144 en compréhension verbale, 130 en raisonnement perceptif, 140 en mémoire de travail et 129 en vitesse de traitement), et comme il est "homogène" : je ne suis pas autiste (d'après l'évaluatrice). J'ai remarqué une différence de 15 points entre compréhension verbale et vitesse de traitement, mais il parait que ce n'est pas un grand écart... qu'en pensez-vous ?
Pour l'évaluatrice, un haut potentiel est souvent confondu avec l'autisme par les thérapeutes (PS : ma psychologue qui a trente ans d'expérience). En fait "tous mes symptômes d'autisme sont en fait des symptômes de haute potentialité".

Je lui ai alors demandé de me donner les arguments pour me convaincre de sa pensée... Mais elle n'a pas réussi à me convaincre :roll: . Chacun de ses arguments me faisait penser que nous n'avions pas la même définition de l'autisme ( je lis beaucoup sur le sujet). Par deux fois je lui ai même fait remarquer qu'elle me parlait de symptôme d'autisme avec handicap mental, hors je n'ai pas d'handicap mental (elle se contenta alors de me donner raison et de trouver un autre argument...). Cette différence est très bien expliquée dans le livre de Peter Vermeulen "Comprendre les personnes autistes de haut niveau" (comme l'inefficacité du test de QI pour diagnostiquer l'autisme d'ailleurs, chez les personnes sans déficience mentale...).

En fait j'avais l'impression de dire "je suis orange" et elle me répondait "non, vous n'êtes pas une banane". C'était très frustrant car je n'ai eu aucune réponses à mes questions (exceptés celles que j'avais déjà). Bref 250€ pour rien quoi...

J'étais aussi intriguée de voir qu'elle exprimait comme un grans soulagement le fait que je ne sois pas autiste. Et puis, lors de ses derniers arguments, j'ai compris : pour elle, les autistes sont forcément psychotiques (théorie d'un autre siècle...). Elle n'arrêtait pas de me dire que j'étais consciente des "choses" alors que les autistes non, bref qu'un autiste ne peut pas s'auto-diagnostiquer . :!:

Donc finalement, heureusement que l'évaluatrice n'a pas vu que je suis autiste de haut niveau, car sinon j'imagine que c'était psychotropes assurés (et prescrit par la psychiatre qui m'a envoyé faire le test avec la psychologue "l'évaluatrice")... Non pas que je sois contre les psychotropes, mais prescrits pour de mauvaises raisons, je doute des résultats...

Je vis quand même très mal cette incompréhension... Encore une fois, j'étais face à une personne avec qui je n’arrivais pas à communiquer (c'est dans ses moments là que je réalise à quel point ma psychologue est géniale). Alors j'ai fini par ne lui parler qu'en lui posant des questions (c'est une de mes techniques). Elle me dira en fin de séance "je vois que vous avez besoin de poser des questions, n'hésitez pas à me rappeler si vous avez d'autres questions plus tard". J'ai répondu "d'accord" mais j'ai pensé "Non, t'es vraiment trop conne". :twisted:


Heureusement aussi que ma psychologue me comprends et m'aide à surmonter mes angoisses. Et puis le fait de me confronter à des arguments contre le diagnostique de l'autisme a paradoxalement fini de me convaincre que je suis autiste de haut niveau. Que mon QI élevé ma permit de mettre en place pleins de stratégies (que je retrouve dans les méthodes dont parle Peter Vermeulen cité plus haut d'ailleurs).

L'évaluatrice m'a aussi parlé de Temple Gandin, que je connais bien évidemment mais que je n'avais pas encore commencé à lire. Elle disait que je verrai ma différence avec elle. J'ai commencé hier (Ma vie d'autiste), et après 100 pages, je doute que l'évaluatrice l'ai lu, ou de ses compétences... (oui j'avoue,je doute des deux - j'ai pris la grosse tête depuis que je connais mon QI lol :wink: ).

Je vais donc devoir attendre 2018 pour me soumettre au diagnostique du CRA... En attendant, je ne suis toujours pas capable de travailler... c'est la merde.. :(

J'espère que j'aurais réussi à susciter votre curiosité et que j'aurai des retours sur ce message (et je remercie encore ceux qui on répondu au premier), en particulier en corrélation avec votre expérience ou vos connaissances sur l'autisme de haut niveau ou SA. Merci 8)


J'ai une question en préambule, comment tu fais pour les tests de QI ? Je n'en ai jamais fais sérieusement, seulement ceux que j'ai pu trouver sur le net mais je ne les trouve pas assez détaillés.
Exemple il y avait 8 cubes sur deux lignes avec ds faces différentes puis 4 cubes en dessous de A à D et il fallait en choisir un.
Mais il est censé aller où ce putain de cube ? Sans consigne il faut que je visualise toutes les positions et ça me fait chier. Du coup je n'ai pas fait cette section. Pareillement mes parents m'ont créé un blocage avec les mathématiques (au lycée crises d'angoisses, sueurs froides, diarrhées à chaque contrôle de maths, j'étais obligée de faire 2+2 sur mes doigts.... alors que j'avais un 18 au collège sans forcer et que je comprenais très bien les cours et la théorie au lycée toujours).
Par contre quand un test est écrit ou du moins avec des consignes claires je suis entre 129 et 140.

Pour en revenir avec ton évaluatrice, c'est bête car j'ai lu plusieurs fois que beaucoup de zèbres sont aspies également. Mais apparemment c'est très courant. Je suis enfant précoce mais je n'ai jamais été suivie et mon mari est dans le même cas. Nous avons deux amis diagnostiqués HP ( un a même été approché par la MENSA) qui ont un pattern aspiequizz clairement à droite.
Du coup en attendant un diagnostique qui nous concerne, on a déjà 90% de chance d'être 4 HP/aspies dans mon entourage.
Je pense que ton évaluatrice a pris ton suivi par dessus la jambe.
J'ai beaucoup travaillée dans le commerce et du coup comme ça m'amusait et qu'il fallait que ça m'amuse car il fallait manger et donc arriver à travailler j'ai élaboré pas mal de techniques pour être agréable. Je retiens facilement les goûts des gens et mon but était qu'ils reviennent pas qu'ils me lâche 1000€ en une fois et disparaissent, du coup je les questionne beaucoup dessus ( en plus ça entre dans mon obsession à cataloguer les phénotypes et leurs attentes pour pouvoir prévoir le comportement des gens avec qui j'interagis) et je suis très souriante (personne n'aime ceux qui font la gueule, et comme j'ai du mal à savoir la tête que je fais, un grand sourire ça sauve les meubles).
Du coup je parais très sociable. Alors qu'en fait la musique dans la boutique je la chantonnais non stop comme un mantra pour distraire mon attention de mes angoisses ( je faisais la playlist moi-même), que mes yeux pleuraient tous les soirs à cause de l'éclairage halogène que j'avais subit toute la journée, que je me sentais vidée, que je supportais pas de rejoindre nos amis en vocal avec mon mari pour me détendre. J'allais me rouler en boule dans mon lit avec un bouquin dans la pénombre.
Je pense que ça dépend beaucoup de comment les psy et autres font leur job. Bien ou pas.
Après pour la compassion... j'ai fait des tests du style aspiequizz avec ce paramètre et apparemment je n'en ai quasiment pas. Alors je suis confuse, j'aide souvent les gens parce que je ne veux pas qu'ils se sentent mal et que si des gens que je connais ne se sentent pas bien j'ai envie qu'ils aillent mieux parce que j'aimerai qu'on me renvoi l'ascenseur. Si ceux que je considère être à moi ( ça va des amis proches jusqu'à mon mari et mon chat) ne se sentent pas bien, je cherche la cause, et je deviens enragée contre cette cause car ce qui leur fait mal me fait me sentir inconfortable ( pas vraiment de mot, colère peut être). J'arrive à capter les ambiances et ce que dégagent les gens aussi mais quand c'est moi qui cause un malaise, je mets un peu plus de temps à m'en rendre compte ( quand c'est le cas) et on m'a déjà fait pleurer à cause de ça.
Une femme pour qui j'ai/avais de l'affection m'avait dit quelque chose en espagnol pendant qu'on parlait aussi à une amie hispanophone. Du coup je répète la question que je venais de lui poser, deux fois je crois. Jusqu'à ce qu'elle pète un plomb me hurle que j'étais chez elle, que elle m'avait déjà répondu et qu'il fallait que j'arrête de vouloir la dominer. Ca m'a fait pleurer parce que je n'avais juste pas compris que ce qu'elle avait dit m'était adressé. Et quand je donne ce qui peut paraître pour une directive, ce n'est pas un ordre en fait. C'est juste ce qui me paraît le plus intelligent à faire. Après si l'autre a ses raisons, je suis toujours ravie de les entendre.
Je vais d'ailleurs couper les ponts avec elle très prochainement maintenant qu'elle est retournée dans son environnement familier.
Moi je fais pleurer quelqu'un, si je le fais pas sciemment parce qu'on m'a emmerdée, mais une personne à qui j'ai dit que je tenais beaucoup ( son ange etc etc), je suis complètement affolée et j'essaie de réparer ma gaffe.
Mais elle non du coup.

Enfin bref, j'ai pas mal dérivé aussi je suis désolée. Mon chat a un cancer, on l'a appris y'a deux jours, je suis pas bien. Je m'épanche et me replie.
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Re: Asperger et Empathie

Message par Caroline79 » Ven Fév 12, 2016 13:29

4EyedGirl a écrit :
J'ai une question en préambule, comment tu fais pour les tests de QI ?


En fait il suffit de le demander à une psychologue mais c'est payant. Est-ce que tu es suivie par une psychiatre ou un psychologue ? Si c'est le cas, il suffit de lui demander.

Sinon, je me retrouve dans ton témoignage

4EyedGirl a écrit :
... j'ai élaboré pas mal de techniques pour être agréable.
... Je retiens facilement les goûts des gens... je les questionne beaucoup dessus ( en plus ça entre dans mon obsession à cataloguer les phénotypes et leurs attentes pour pouvoir prévoir le comportement des gens avec qui j'interagis) et je suis très souriante (personne n'aime ceux qui font la gueule, et comme j'ai du mal à savoir la tête que je fais, un grand sourire ça sauve les meubles).

Du coup je parais très sociable. Alors qu'en fait ... que je me sentais vidée, que je supportais pas de rejoindre nos amis en vocal avec mon mari pour me détendre. J'allais me rouler en boule dans mon lit avec un bouquin dans la pénombre.



Et je me reconnait parfaitement dans ce passage :

4EyedGirl a écrit :Après pour la compassion... j'ai fait des tests du style aspiequizz avec ce paramètre et apparemment je n'en ai quasiment pas. Alors je suis confuse, j'aide souvent les gens parce que je ne veux pas qu'ils se sentent mal et que si des gens que je connais ne se sentent pas bien j'ai envie qu'ils aillent mieux parce que j'aimerai qu'on me renvoi l'ascenseur. Si ceux que je considère être à moi ( ça va des amis proches jusqu'à mon mari et mon chat) ne se sentent pas bien, je cherche la cause, et je deviens enragée contre cette cause car ce qui leur fait mal me fait me sentir inconfortable ( pas vraiment de mot, colère peut être). J'arrive à capter les ambiances et ce que dégagent les gens aussi mais quand c'est moi qui cause un malaise, je mets un peu plus de temps à m'en rendre compte ( quand c'est le cas) et on m'a déjà fait pleurer à cause de ça.


Les problèmes de communication avec ton "amie" me parle aussi.

Aussi, je te remercie sincèrement pour ton message. Et du coup, es-tu diagnostiquée SA ? et si non, en ressent-tu le besoin ? et pourquoi ?

Je suis désolée pour ton chat, c'est très triste. J'ai une chatte âgée de 18 ans, alors je sais ce que l'on ressent quand son chat se rapproche vite de la fin de sa vie. (et m'a fait peur il n'y a pas si longtemps) Je peux volontiers en parler avec toi si tu veux. Je suis une passionnée des animaux, et en particulier des animaux de compagnie (j'ai un diplôme de "médiateur-comportementaliste pour animaux de compagnie" - chiens et chats - et un certificat d'éducateur canin). Même si je dois t'avouer que je ne sais jamais quoi dire pour consoler, par contre je peux peut-être répondre à des questions ou nous pouvons partager nos témoignages... :?:

tendres pensées pour ta minette et pour la souffrance de ceux qui l'aime
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Re: Asperger et Empathie

Message par 4EyedGirl » Ven Fév 12, 2016 14:08

Caroline79 a écrit :
4EyedGirl a écrit :
J'ai une question en préambule, comment tu fais pour les tests de QI ?


En fait il suffit de le demander à une psychologue mais c'est payant. Est-ce que tu es suivie par une psychiatre ou un psychologue ? Si c'est le cas, il suffit de lui demander.

Sinon, je me retrouve dans ton témoignage

4EyedGirl a écrit :
... j'ai élaboré pas mal de techniques pour être agréable.
... Je retiens facilement les goûts des gens... je les questionne beaucoup dessus ( en plus ça entre dans mon obsession à cataloguer les phénotypes et leurs attentes pour pouvoir prévoir le comportement des gens avec qui j'interagis) et je suis très souriante (personne n'aime ceux qui font la gueule, et comme j'ai du mal à savoir la tête que je fais, un grand sourire ça sauve les meubles).

Du coup je parais très sociable. Alors qu'en fait ... que je me sentais vidée, que je supportais pas de rejoindre nos amis en vocal avec mon mari pour me détendre. J'allais me rouler en boule dans mon lit avec un bouquin dans la pénombre.



Et je me reconnait parfaitement dans ce passage :

4EyedGirl a écrit :Après pour la compassion... j'ai fait des tests du style aspiequizz avec ce paramètre et apparemment je n'en ai quasiment pas. Alors je suis confuse, j'aide souvent les gens parce que je ne veux pas qu'ils se sentent mal et que si des gens que je connais ne se sentent pas bien j'ai envie qu'ils aillent mieux parce que j'aimerai qu'on me renvoi l'ascenseur. Si ceux que je considère être à moi ( ça va des amis proches jusqu'à mon mari et mon chat) ne se sentent pas bien, je cherche la cause, et je deviens enragée contre cette cause car ce qui leur fait mal me fait me sentir inconfortable ( pas vraiment de mot, colère peut être). J'arrive à capter les ambiances et ce que dégagent les gens aussi mais quand c'est moi qui cause un malaise, je mets un peu plus de temps à m'en rendre compte ( quand c'est le cas) et on m'a déjà fait pleurer à cause de ça.


Les problèmes de communication avec ton "amie" me parle aussi.

Aussi, je te remercie sincèrement pour ton message. Et du coup, es-tu diagnostiquée SA ? et si non, en ressent-tu le besoin ? et pourquoi ?

Je suis désolée pour ton chat, c'est très triste. J'ai une chatte âgée de 18 ans, alors je sais ce que l'on ressent quand son chat se rapproche vite de la fin de sa vie. (et m'a fait peur il n'y a pas si longtemps) Je peux volontiers en parler avec toi si tu veux. Je suis une passionnée des animaux, et en particulier des animaux de compagnie (j'ai un diplôme de "médiateur-comportementaliste pour animaux de compagnie" - chiens et chats - et un certificat d'éducateur canin). Même si je dois t'avouer que je ne sais jamais quoi dire pour consoler, par contre je peux peut-être répondre à des questions ou nous pouvons partager nos témoignages... :?:

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Merci, je me rationalise pour ma chatte car c'est une tumeur hormonale à cause de la pilule, la faire castrer devrait résoudre le problème.
Pas encore diagnostiquée ni suivie, j'ai un rdv avec la maison médico-psy de ma ville sur conseil du CRA de mon département pour le 21 mars. Et j'en ressens le besoin car j'ai eu pas mal d'épisodes assez durs et j'aimerai un coup de main.
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Re: Asperger et Empathie

Message par Caroline79 » Mar Fév 16, 2016 17:42

Moi aussi ma route vers le diagnostic est motivée par le fait de trouver de l'aide. Bonne chance à toi !
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Re: Asperger et Empathie

Message par 4EyedGirl » Mar Fév 16, 2016 22:25

Caroline79 a écrit :Moi aussi ma route vers le diagnostic est motivée par le fait de trouver de l'aide. Bonne chance à toi !


Merci à toi aussi :)
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Re: Asperger et Empathie

Message par lilla » Dim Fév 21, 2016 10:39

Caroline79 a écrit :
Aspergyal971 a écrit :Salut à toi :)
Et bien tu as raison :lol: Je suis aspi ,je n'ai que partiellement conscience de mon corps après un long apprentissage sportive et je suis partiellement empathique ,j'ai une hyper-émotivité et une capacité d'analyse plutôt rapide .Je dis partiellement car j'ai acquis des automatismes mais en réalité au fond ils n'en est rien ,c'est pas naturel ,c'est même pénible et ça je l'ai compris récemment. :roll: Donc tout ça pour dire que ça peut fausser tes résultats ,car ce qui ressemble à de l'empathie ne l'est pas forcément :roll: et ma psy du CRA justement en était troublé car d'un coté ça disait que j'étais asperger et de l'autre empathique ,elle ne savait pas que décider ,je lui ai dit que je connaissais des aspis diagnostiqués aspis mais empathique et que mes réponses peuvent être fausser par mes automatismes :roll: je m'explique ,j'ai toujours été sur la défensif au point de croire moi même à mes répliques .Je suis devenu diplomate et empathique par les mots et même dans les faits et qu'en faite ce n'était que de la comédie pour être accepter et ne plus avoir de réflexions "gênantes" :roll: Ma sensibilité ,mon égo même prenait le dessus et se confondait à tout cela :roll: .Je ne sais pas si je me suis bien exprimée :| mais tu peux être aspi et avoir un simili d'empathie en gros et comme tu l'as dit avoir réussis à prendre possession de corps .Leurs arguments ne pèsent pas assez lourd je trouve . :roll:


Oui c'est exactement ça, tu l'expliques vachement bien ! Merci ton aide !

parfois, l'expérience me permet de deviner l'état émotionnel de l'autre (surtout que la psychologie et le comportement humain et animal est un sujet qui me passionne) et bien souvent je me trompe. Mais je peux le ressentir dans mon corps si cela fait écho à mes propres émotions. Et parfois quand je vais m'adresser à la personne que je vais avoir envie d'aider, je peux l'agresser verbalement sans m'en apercevoir et la réaction peut être assez violente...

Et puis ce n'est pas parce qu'on manque d'empathie qu'on est mal-veillant.

Je pense qu'il ne faut pas faire de confusion car empathie peut signifier au moins 2 choses : la première est de détecter les mécanismes psychologiques d'autrui. De ce côté les sociopathes excellent et les personnes avec autisme ne sont pas toutes au point.

Maintenant, dans la vie courante, lorsqu'on parle d'empathie, on parle de la capacité d'altruisme et de compassion face à autrui. Là, le sociopathe n'a aucune compétence mais, à mon sens, les personnes avec autisme peuvent (peut-être pas toutes mais la plupart) être alors plus empathiques que les autres.

Il faut aussi faire la distinction entre véritable empathie et "empathie sociale". L'empathie sociale fait partie des jeux sociaux qui sont des signaux que l'on émet (par des comportements sociaux) et qui sont destinés à plaire. Ce sont des jeux factices la plupart du temps. Je vais citer un exemple. J'ai déjà connu des personne qui sans cesse disent : ma chérie et se montrent affectueuses en société. Mais, derrière, il n'y a rien. La personne n'en a strictement rien à faire de vous. On dira que la personne est empathique mais ce n'est pas le cas. Tout ce qu'elle cherche c'est se faire apprécier et briller en société. La personne autiste est incapable de jouer de telles comédies. Justement parce qu'elle est plus empathique au fond d'elle et ne pourra pas jouer de comédie aux gens (les tromper).

C'est la même chose pour prendre dans les bras quelqu'un de triste et lui répliquer 'ce n'est rien, ça va aller". Si on y réfléchit bien ,cela n'a pas grand chose de réellement empathique. C'est plutôt une manière diplomatique de balayer le problème. Ce qui serait empathique, c'est d'être à l'écoute. :D
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Re: Asperger et Empathie

Message par Caroline79 » Dim Fév 21, 2016 21:48

lilla a écrit :
Je pense qu'il ne faut pas faire de confusion car empathie peut signifier au moins 2 choses : la première est de détecter les mécanismes psychologiques d'autrui. De ce côté les sociopathes excellent et les personnes avec autisme ne sont pas toutes au point.

Maintenant, dans la vie courante, lorsqu'on parle d'empathie, on parle de la capacité d'altruisme et de compassion face à autrui. Là, le sociopathe n'a aucune compétence mais, à mon sens, les personnes avec autisme peuvent (peut-être pas toutes mais la plupart) être alors plus empathiques que les autres.

Il faut aussi faire la distinction entre véritable empathie et "empathie sociale". L'empathie sociale fait partie des jeux sociaux qui sont des signaux que l'on émet (par des comportements sociaux) et qui sont destinés à plaire. Ce sont des jeux factices la plupart du temps. Je vais citer un exemple. J'ai déjà connu des personne qui sans cesse disent : ma chérie et se montrent affectueuses en société. Mais, derrière, il n'y a rien. La personne n'en a strictement rien à faire de vous. On dira que la personne est empathique mais ce n'est pas le cas. Tout ce qu'elle cherche c'est se faire apprécier et briller en société. La personne autiste est incapable de jouer de telles comédies. Justement parce qu'elle est plus empathique au fond d'elle et ne pourra pas jouer de comédie aux gens (les tromper).

C'est la même chose pour prendre dans les bras quelqu'un de triste et lui répliquer 'ce n'est rien, ça va aller". Si on y réfléchit bien ,cela n'a pas grand chose de réellement empathique. C'est plutôt une manière diplomatique de balayer le problème. Ce qui serait empathique, c'est d'être à l'écoute. :D


Merci pour tes explications Lilla, c'est très pertinent pour moi, cela me parle beaucoup. Merci
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Re: Asperger et Empathie

Message par 4EyedGirl » Dim Fév 28, 2016 15:25

Je suis d'accord avec Lilla.
Par exemple je ne suis pas triste pour la personne. Je suis en général perturbée par le fait qu'une personne soit malheureuse ( souvent quand elle m'est proche) et j'essaie de résoudre le problème. Je pense que d'agir en étant basé sur son ressenti uniquement sans passer par une réelle réflexion peut envenimer davantage la situation.
:D Prenons le problème à l'inverse, si je ne réfléchis pas avant d'agir quand je ressens, en état de frustration ou de colère, au lieu de vocaliser ou m'isoler je détruirai tout ce qui m'entoure pour tenter d'exprimer l'intensité de mon trouble.
C'est irresponsable, incohérent, contre-productif et non optimal de réagir autrement qu'en intellectualisant en premier lieu et en analysant les tenants et les aboutissants des actions possibles.
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Re: Asperger et Empathie

Message par Caroline79 » Jeu Mars 10, 2016 21:27

4EyedGirl a écrit ::D Prenons le problème à l'inverse, si je ne réfléchis pas avant d'agir quand je ressens, en état de frustration ou de colère, au lieu de vocaliser ou m'isoler je détruirai tout ce qui m'entoure pour tenter d'exprimer l'intensité de mon trouble.
C'est irresponsable, incohérent, contre-productif et non optimal de réagir autrement qu'en intellectualisant en premier lieu et en analysant les tenants et les aboutissants des actions possibles.


Oh mais oui mais c'est bien sûr !!! Pour moi tu viens de décrire ce qui différencie les autistes avec et sans déficience intellectuelle !!!! Merci beaucoup pour ton intervention enrichissante :)
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Re: Asperger et Empathie

Message par 4EyedGirl » Ven Mars 11, 2016 12:02

Caroline79 a écrit :
4EyedGirl a écrit ::D Prenons le problème à l'inverse, si je ne réfléchis pas avant d'agir quand je ressens, en état de frustration ou de colère, au lieu de vocaliser ou m'isoler je détruirai tout ce qui m'entoure pour tenter d'exprimer l'intensité de mon trouble.
C'est irresponsable, incohérent, contre-productif et non optimal de réagir autrement qu'en intellectualisant en premier lieu et en analysant les tenants et les aboutissants des actions possibles.


Oh mais oui mais c'est bien sûr !!! Pour moi tu viens de décrire ce qui différencie les autistes avec et sans déficience intellectuelle !!!! Merci beaucoup pour ton intervention enrichissante :)


Ah c'est pas faux, je ne l'avais pas pensé dans cette interprétation !
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