la cohérence centrale

Espace libre de discussions à propos de l'autisme.

Re: la cohérence centrale

Message par Gilou1967 » Ven Juin 26, 2015 11:51

Bonjour,

J’arrive bien tard dans ce post mais ayant découvert depuis peu mon SA, je range ma tête comme une immense bibliothèque en replaçant en cohérence ma vie passée et présente.

Les messages de ce post (malgré les manquants) me confirment progressivement ce que je percevais de plus en plus.
Mon amie est NT et notre nouveau jeu est de comparer notre approche d’une même situation. Activité très riche et profitable.
J’apprends un peu mieux ma différence avec la pensée NT et elle arrive à utiliser à son avantage mes démarches dans des situations difficilement gérables socialement, voire sans issue.

Danielt tes explications sont assez claires et j’en ai vérifié bien souvent leurs avantages ou inconvénients. L’un principalement, c’est que pensant être un NT, je copiais sur eux, m’embourbant jusqu’à trouver une issue d’urgence Autiste.

J’ai découvert cette histoire de cohérence centrale à partir de cette page Internet : http://acochandicap.blogspot.fr/2013/09/concept-cle-la-coherence-centrale.html
Cette approche de la cohérence centrale est très explicite.
« L'exercice qui suit illustre très bien la différence entre une personne ayant une forte et une faible cohérence centrale. Regardez rapidement cette image :

........................H..............................A.............A
.....................H....H...........................A.............A
...................H........H.........................A..A..A..A..A
.................H...H...H...H......................A.............A
................H...............H.....................A.............A
...............H.................H....................A.............A

Si vous êtes NT, vous avez d'abord vu un grand A et un grand H. Ensuite, vous avez remarqué que le grand A était composé de petits H, et le grand H de petits A. Une personne Asperger ayant une faible cohérence centrale aurait répondu : plein de petits H et plein de petits A. L'image d'ensemble ne lui serait pas venue spontanément. Cela lui aurait pris beaucoup plus de temps. »

J’ai voulu comprendre mieux ce que cela entraînait et j’ai découvert des phénomènes intéressants.
Avant je regardais une photo sur un magazine comme les NT, regard fixe, durée brève. Eux voyaient semble-t-il bien toute l’image, moi je voyais une petite partie nette et le reste flou. Comme eux, je passais à la suivante, mettant cela sur mon astigmatisme, et regarder toute l’image m’aurait pris trop de temps.
Dernièrement, en attendant chez le médecin, je regardais les photos d’un Géo, comme d’hab’.
Me rappelant de cette histoire de cohérence centrale, je pris le temps de découper la photo en petites photos côte à côte (~ 4 x 5). Ma surprise fut extrêmement agréable, car lorsque je revins à une vision globale (type NT), non seulement toute la photo était nette, mais extrêmement précise et de plus, un effet de perspective ci était installé.
Je refis l’expérience sur d’autres photos, sur d’autres affiches, sur des arbres, des objets, … Le phénomène était le même. Si j’acceptais de prendre le temps de regarder par petite unité côte à côte, ma vision globale devenait très vaste et extrêmement riche.

Je découvris que c’était aussi le cas pour les films que j’aimais revoir souvent. J’y trouvais dedans de nouveaux détails à chaque visionnage.

De même, en comparant avec mon amie (NT), je découvris que lorsque l’on parlait d’un objet plus ou moins vaste nous ne le voyons pas pareil.
Le mot arbre chez elle amenait le dessin d’enfant : nuage vert sur barre verticale brune. Pour moi, j’avais la complexité du feuillage (feuilles, branches, couleur, odeur…), du tronc (aspect, écorce, dessin, trou, mouvement, composition, …), et des racines (nombre, taille, position, champignon, …).
Je comprenais qu’alors que j’adore dessiner, le faire de mémoire était un enfer, car il y avait trop de choses. Même en dessinant de nature et très rapidement au stylo, je n’arrive pas à échapper aux détails.
Image

Identiquement, en faisant mon marché, je pensais que l’excitation que je sentais en moi à voir tout ce mouvement autour de moi, accompagné de ses bruits et odeurs était une angoisse d’être parmi les gens. Osant m’observer, je découvris que je me comportais comme avec les photos, ou avec les films. Chaque personne qui bougeait, chaque élément qui apparaissait étaient flashés par mon regard. Du coup mon regard passait son temps à aller dans tous les sens et s’arrêter brièvement sur l’élément nouveau.
Je n’avais pas l’air inquiet, ni angoissé. J’étais simplement occupé à prendre chaque détail de la scène afin de conserver une vision globale du marché où je circulais. J’ai remarqué que les autres personnes qui faisaient cela étaient des enfants de moins de 12 ans.

Notre approche du monde d’un évènement était de même. Elle voit une situation en globale (comme une pyramide vue du ciel), alors que moi je ne vois que chaque détail de cette situation (chaque pierre de la pyramide, ainsi que leur position l’une par rapport à l’autre).
Pour comprendre une situation, il me faut placer chacun de ses détails côte à côte, comme pour la photo. Cela est long est fastidieux, mais lorsque j’y arrive, j’ai une vision globale détaillée que les NT ne semblent pas pouvoir obtenir (j’ai été ingénieur électronicien et on m’appelait dans les situations d’urgence, là où personne ne trouvait de sortie dans un temps limité).

La réalisation d’un évènement est toujours pour moi angoissante, car je vois en une seule fois tout ce qu’il va falloir mettre en route. Je préfère baisser la tête et avancer par tous petits pas, plus rassurants, comme monter une côte sans voir la montagne. Mon amie voit l’évènement et reste captée par lui, au risque d’oublier une démarche, et les lister temporellement lui semble fastidieux et décourageant.

En comparant nos fonctionnements, nous découvrons que j’ai une capacité impressionnante d’adaptation, étant toujours dans l’évènement présent et disposant d’une grande quantité de réactions variées et efficaces. Que je n’arrive pas à me projeter dans le futur, car il est inexistant pour moi. Cette adaptation permanente me demande une immense énergie, et nécessite pour moi d’avoir une connaissance honnête de mon environnement et une collection toujours à jour de réponses possibles. Chaque détail a son importance et est intégré. Il m’est possible de fonctionner dans un espace sphérique. Toujours prêt à aller dans toutes les directions, en surveillance au centre.
Mon amie (NT) a beaucoup de mal à s’adapter à la surprise. Elle vit plus souvent dans le futur, plus ou moins proche. Elle tente de contrôler et d’anticiper les situations pour éviter de devoir s’y adapter. Elle dépense beaucoup d’énergie à mettre en place ou entretient des cadres sociaux qui devraient garantir l’absence de surprise, ou l’aide entretenue adaptée à la surprise. Elle fuit le détail, car vite débordée, surtout si celui-ci risque de modifier le chemin qu’elle s’est construit. Elle fonctionne plus dans un tuyau ou un cône. Avançant dans une seule direction, déjà arrivée avant d’être partie.

Danielt, je ferai une remarque sur une de tes phrases :
"Non, ce n'est pas le cas. Pour avancer sur son temps, un individu doit fonctionner avec le mécanisme de la cohérence centrale. Une personne ayant une faible cohérence centrale ne peut pas avancer sur son temps, elle n'évolue pas dans le temps globalement."

Un autiste peut évoluer dans le temps et même bien plus vite qu’un NT. Il sera plus facile pour lui de pénétrer lentement mais sûrement tout ce qui le bloque, analysant son passé, sans sentiment et y recherchant une cohérence. Il pourra refaire d’autre fin à son histoire et ainsi modifier son présent. Par contre, je le constate, je ne peux absolument pas me projeter dans un futur. Je ne peux pas savoir de quelles compétences je dispose (celles-ci, innombrable, ma vie me l’a montrée, ne s’activent que lorsque j’en ai besoin).
Je peux m’offrir une plus belle vie que ce que mes évènements passés m’avaient construit, mais je ne peux pas me construire la vie dont je rêve. D’ailleurs je n’en rêve d’aucune.

Je serai curieux et intéressé d’avoir vos avis éclairés.
Avatar de l’utilisateur
Gilou1967
Enthousiaste
 
Message(s) : 41
Inscription : Lun Juin 08, 2015 9:25

Re: la cohérence centrale

Message par thevenet-jean » Lun Juin 29, 2015 12:16

danielt a écrit :En effet le sujet est encore plus complexe. Je pense que la définition de la cohérence centrale n'est pas exacte. La forte cohérence centrale des NTs est basée sur des liens qui ne sont pas justifiés, comme des analogies douteuses par exemple. Leur raisonnement est donc fondamentalement imprécis voire erroné.

Un autiste peut aussi avoir une vision globale des choses. Il semble que le niveau de l'ocytocine favorise cette vision globale. Mais même si un autiste a un niveau de l'ocytocine élevé et une vision globale des choses cette vision globale est différente par rapport à celle des NTs. Je soupçonne Sternie d'avoir un niveau de l'ocytocine élevé. Elle a une vision globale du monde et pourtant cette vision n'a rien à voir avec une vision neurotypique.

Il est vrai que la plupart des autistes ont un niveau de l'ocytocine bas ce qui conduit à une vision du monde basée essentiellement sur les détails. Cette pensée correspond à l'image classique d'un autiste qui est perdu dans les détails et qui ne voit pas l'ensemble. Mais ce n'est pas le cœur du sujet, c'est le caractère erroné de la réflexion neurotypique globale qui est fondamental. Un autiste qui possède une vision globale du monde est à l'ouest de la même manière que les autres autistes. :mrgreen:


sur des liens qui ne sont pas justifiés : les liens affectifs et d'Amour ainsi que les liens obtenus par irradiation de symbolique (fractales dans la dimension symbolique)

Il semble que le niveau de l'ocytocine favorise cette vision globale. Mais même si un autiste a un niveau de l'ocytocine élevé et une vision globale des choses cette vision globale est différente par rapport à celle des NTs
j'en ai fait l'expérience après avoir expérimenté des échanges d'étreintes fortes et prolongées.. c'est surtout sensible sur l'architecture des maisons et la lecture des cartes..
et aussi; la frustration moindre rend les détails neutres au lieu "d'agressifs".

et les détails sont moins prédominants, car neutres ils ne brillent pas de leur agressivité.
la composante "agressive" des détails n'est jamais revenu, c'était un déplacement psychologique, en quelque sorte comme si je ne savais pas de quoi j'étais colère d'être frustré.

un niveau de l'ocytocine bas ce qui conduit à une vision du monde basée essentiellement sur les détails.
le stress du au manque d'ocytocine, due à l'augmentation de la sensation d'exclusion, du à la sensation de ne pas être lié, incarné, accepté, rend le monde plus envahissant, plus agressif, et la compulsion de rechercher à comprendre, sur le plan perceptif fait d'autant plus scruter les détails, tandis que la souffrance de fond, rend traumatisants chaque détail qui s'imprime donc fortement en mémoire, d'où une fixation et mémorisation extrêmes des détails.

Mais ce n'est pas le cœur du sujet, c'est le caractère erroné de la réflexion neurotypique globale qui est fondamental. Un autiste qui possède une vision globale du monde est à l'ouest de la même manière que les autres autistes. :mrgreen:

c'est que le mental d'un autiste est "monobloc" et cohérent dans l'ensemble, le "retournement ontologique de l'être" est plus en profondeur que la racine du langage et ne clive pas le raisonnement mental qui est du coup totalement non incarné, encore extraterrestre.
Pour un NT, la symbolique de la vie: naissance, construction de la sexualité, participe à une symbolique kinesthésique et imagée structurant le langage à partir d'un lien affectif constant aux émotions infantile, alors que le raisonnement hyepr-controle le langage et détourne les émotions infantiles en pseudo-émotions complexes convenables aux yeux du "tribunal intérieur" qui hypercontrôle les pensées....

une partie de la racine des idées mentales est "non-retournée" et exprime subtilement à travers les déviances par rapport à ce qui est exprimé, l'opposé de ce que le raisonnement pousse "logiquement" à conclure, de ce fait le NT passe sont temps à exprimer ce qu'il n'est pas, ou ce qu'il devrait être, à se manipuler pour ne pas avouer ce qu'il est, mais en se trahissant par un "macro-langage" qui exprime une émotion insistante d'enfant, de là en découle l'incohérence NT, qui disparaît chez un NT qui a résolu sa névrose (rare!!!).
C'est ce fonctionnement qui donne aux autistes l'impression que les NT passent leur temps à mentir.

dans cette construction, la névrose est la structuration de ses idées pour nier ses besoins infantiles. Un autiste fera de même, mais avec une "carapace mentale" exprimée d'une façon plus cohérente car la racine du raisonnement discursif est "au dessus" de la couche de retournement qui est alors plutôt dans le domaine purement perceptif, déjà séparé des émotions conscientes.
Dernière édition par thevenet-jean le Lun Juin 29, 2015 12:20, édité 1 fois.
Avatar de l’utilisateur
thevenet-jean
Passionné
 
Message(s) : 1321
Inscription : Lun Avr 07, 2014 8:42
Localisation : CILAOS 97413 Réunion

Re: la cohérence centrale

Message par thevenet-jean » Lun Juin 29, 2015 12:26

C'est un symptôme d'un niveau de l'ocytocine élevé. :mrgreen: :mrgreen: :mrgreen: :mrgreen:

oui, effectivement, si l'ocytocine ne fait qu'augmenter le besoin d'être lié sans que le lien aboutisse à un partage: c'est pour cela qu'une expérience d'étreinte devient redoutée si elle n'aboutit pas à la possibilité de se combler dans l'inconscient intemporel...

il ne peut y avoir partage si il n'y a pas confiance, à moins de juste partager un sabotage d'amitié afin de vivre de nouveau et plus intensément un rejet, un abandon, une trahison, une incompréhension et de consolider ainsi sa méfiance à l'autre donc l'anti-confiance.

le besoin de se combler paraissant infini et pour toujours, là-maintenant, il est perçu alors au contact à ce niveau de conscience "primitif" comme une aliénation définitive qui se déclencherait, rendant dépendant alors pour toujours à une personne, au contact alors redouté avec une personne non digne de confiance (c'est à dire un simple pauvre humain capable de TOUT (trahison, abandon rejet, défaillance, incompréhension..))

La protection "carapace d'autiste" deviendrait alors "Surtout ne pas se risquer à se lier à un humain: ça ne peut pas être un ami capable de partager TOUT et pour-toujours".

pour cela il suffit alors de mentaliser, jusqu'à ne plus ressentir ni lien ni émotion, et de tout confier à son analyse mentale "distanciée" de "scientifique" lié à l'intemporel seul digne de confiance (les lois de la physique, les chiffres....)
Avatar de l’utilisateur
thevenet-jean
Passionné
 
Message(s) : 1321
Inscription : Lun Avr 07, 2014 8:42
Localisation : CILAOS 97413 Réunion

Re: la cohérence centrale

Message par Gilou1967 » Lun Juin 29, 2015 13:22

Je trouve le terme de "cohérence centrale" assez bien exprimé, car en ayant peu (tel que cela est défini), je passe mon temps à la créer artificiellement. Je fabrique mes réseaux de cohérences et c'est ce qui calme toutes mes angoisses. Lorsqu'un ensemble d'évènements trouve enfin leur cohérence, je retrouve immédiatement une détente extrêmement agréable.
Avant de découvrir la SA, je disais de ma pensée que je passais mon temps à bâtir des puzzles, pièce par pièce, souvent dans le désordre d'espace et de temps, et que ceux-ci se rangeaient dès qu'ils étaient complets.
danielt a écrit :Un autiste qui possède une vision globale du monde est à l'ouest de la même manière que les autres autistes.

danielt qu'entends-tu par cette phrase ?

Je remarque surtout que je n'ai pas la même façon de ranger les détails. Les NTs semblent mettre en priorité leur avenir social, préservant un futur inexistant. La réponse à un évènement semble transiter toujours par les cases : "est-ce acceptable ?", "que se passera-t-il après ?", "puis-je faire cela ?", ... Alors que je réagis aux détails de l'évènement présent (matériel, émotionnel, sensoriel), dans son contexte, et son déroulement temporel passé, sans voir aucune répercussion future.
Je découvre cela comme si la réaction à un détail, pour un NT, remontait en premier au global dont ce détail fait partie, transitait à un autre global de réponse, et descendait à un détail d'action ou d'inaction. Alors que pour moi ce détail, va être connecté à tout un réseau de détails de solutions possibles qui seront sélectionnés en fonction des détails du contexte.
Ce qui fait que je ne vois pas, lors de ma réponse, si cela se fait ou ne se fait pas, si c'est socialement correct ou pas, quelles seront les conséquences, ... Je ne pourrais que le constater après. A moi de l'assumer.

danielt a écrit :En effet le sujet est encore plus complexe. Je pense que la définition de la cohérence centrale n'est pas exacte. La forte cohérence centrale des NTs est basée sur des liens qui ne sont pas justifiés, comme des analogies douteuses par exemple. Leur raisonnement est donc fondamentalement imprécis voire erroné.

En faisant cela, tu fais comme les NTs, chacun jugeant l'autre de chez lui. Je pense que cela ne sert à rien et à personne. Je trouve qu'il est bien plus riche d'accepter la vision de l'autre. Je connais la mienne de l'intérieur, et me voir de l'extérieur avec le regard de quelqu'un d'autre me complète et m'aide bien plus à m'adapter au monde, que de m'excuser, ou de me justifier avec ma vision de l'intérieur.
Je pratique le Tai Chi Chuan depuis de très nombreuses années. Ce que cet art martial m'a appris c'est qu'il est bien plus riche d'accepter la pression de l'autre que de s'y opposer ou de la fuir.
Depuis que je suis arrivé à cette découverte d'être Aspi, que je parcours le forum, que j'essaie de m'exprimer ou d'échanger, que j’accepte l’inévitable en regardant les notions SA et NT, je découvre que j’ai les moyens de compenser, voire de valorisé qui je suis, afin de trouver ma place en ce monde, même construit par des NTs.
Je découvre principalement que les NTs rangent le monde dans des sortes de petits boites closes alors que j’ai un monumental maillage à ciel ouvert.
En acceptant cela, je m’aperçois qu’il m’est possible momentanément de mette en boite certaines intersections de mailles et que mon amie NT, peut aussi momentanément mailler des éléments de boites différentes.
Nos structures sont, certes, très différentes, mais elles ne sont pas incompatibles et accepter la différences permet de l’intégrer et de développer des mécanismes compensatoires.

Ce modèle de "cohérence centrale" est intéressant car il aide à cette intégration et compréhension. Comme tout les modèles, il est forcément limité.
Avatar de l’utilisateur
Gilou1967
Enthousiaste
 
Message(s) : 41
Inscription : Lun Juin 08, 2015 9:25

Re: la cohérence centrale

Message par Gilou1967 » Lun Juin 29, 2015 15:52

"La réification (du latin res, chose) consiste à transformer ou à transposer une abstraction en un objet concret, à appréhender un concept comme une chose concrète. Le terme est aussi employé à propos des personnes vivantes."

Est-ce pour cela que lorsque j'essaie de comprendre leur raisonnement (aux NTs) en demandant, ou en proposant, soit des exemples concrets, soit des réalités matérielles, il y a un réel refus ? Comme si cela était abaissant de chercher à montrer un exemple physiquement touchable, surtout si celui-ci démontre l'erreur de raisonnement. ou de proposer une réalisation matériel d'un concept.

Par exemple, je me rappellerai toujours ces belles phrases NTs, extrêmement dures et blessantes à entendre, lorsque je cherchais à comprendre, à me soigner, des conséquences de mes viols. "on est responsable à 50 % e ce qui nous arrive.", "on a ce qu'on mérite", "c'est grâce à ce que chacun t'a donné que tu es si bien aujourd'hui", ... Il y en a a beaucoup d'autres.
A chaque fois que je trouvais un exemple réel, tiré d'un évènement vécu (une personne qui vient d'arnaquer avec plaisir son libraire et qui m'en fait part), des actualités (la responsabilité d'un enfant de 5 ans tué à coup de machette en Afrique, 50 % ?), ou que je trouvais un mouvement physique démontrant une concept énergétique en tai Chi, j'avais le droit soit à un rejet comme si je n'étais qu'un idiot, terre à terre, soit à une noyade dans une démonstration encore plus aberrante que la première.
Avatar de l’utilisateur
Gilou1967
Enthousiaste
 
Message(s) : 41
Inscription : Lun Juin 08, 2015 9:25

Re: la cohérence centrale

Message par Gilou1967 » Mer Juil 01, 2015 11:45

danielt a écrit :Les notions du type "responsable" et "mérite" font partie de la rhétorique neurotypique, c'est une forme de la langue de bois. Elles sont utilisées uniquement pour manipuler les autres, elles n'ont aucun contenu propre.

Je suis entièrement d'accord avec toi pour la notion de "mérite" qui est basée majoritairement sur un concept religieux et à but utilisateur de l'autre.

Par contre la "responsabilité" appartient au règne animal. Je ne parle par de sa valeur juridique qui, elle est neurotypique, et manipulatoire.
Je parle de celle que l'on fuit lorsqu'on la perçoit, devant subir les conséquences que l'on sait de soi. Ou celle qui détruit, car l'autre qui nous a fait subir ses actes refuse de les reconnaître et de les assumer.
Ce mot représente le comportement de celui qui assume ses actes. Une animal, ou un être humain par ses actions va provoquer tout un ensemble de conséquences (sans notion de bien ou de mal, ni de positif ou de négatif). Être responsable c'est assumer ces conséquences, ses conséquences, accepter de les regarder sans les fuir intérieurement, accepter d'offrir une possibilité de réparation à soi ou aux autres.
Elle ne concerne que soi avec soi. L'utilisation par l'autre est forcément manipulatoire car culpabilisant.

C'est ce qui permet d'évoluer, car on peut alors regarder en face ce que l'on émet et ce que l'on reçoit et adapter par régulation son comportement afin de passer dans cette vie en l'ayant vécu et en l'ayant perturbée au minima, laissant aux autres le choix de la leur. C'est ce que la grande majorité fuit, soit dans une rhétorique, soit dans une précision technique infinitésimale, afin d'éviter que l'avenir ne soit qu'un simple et permanent inconnu. Ce qu'il est.
Avatar de l’utilisateur
Gilou1967
Enthousiaste
 
Message(s) : 41
Inscription : Lun Juin 08, 2015 9:25

Re: la cohérence centrale

Message par Gilou1967 » Lun Juil 06, 2015 11:37

L'absence d'argumentaire est aussi neurotypique. :wink:

Merci danielt pour ces échanges, même si j'espérais plus de réponses à ma recherche de moi-même, ici ou sur le forum.
Ceux-ci m'ont permis de bien admettre, voire d'assimiler mon mécanisme S.A., d'entrevoir des issues de compensation et d'adaptation à la société neurotypique, ainsi que les avantages et inconvénients de ce qui m'est inhérent et des particularités, différences, liées à mon parcours.
Je vais donc pouvoir poursuivre mon chemin avec cette nouvelle base de compréhension comme appui.
Avatar de l’utilisateur
Gilou1967
Enthousiaste
 
Message(s) : 41
Inscription : Lun Juin 08, 2015 9:25

Re: la cohérence centrale

Message par thevenet-jean » Lun Juil 06, 2015 11:54

Gilou1967 a écrit :
Par exemple, je me rappellerai toujours ces belles phrases NTs, extrêmement dures et blessantes à entendre, lorsque je cherchais à comprendre, à me soigner, des conséquences de mes viols. "on est responsable à 50 % e ce qui nous arrive.", "on a ce qu'on mérite", "c'est grâce à ce que chacun t'a donné que tu es si bien aujourd'hui", ... Il y en a a beaucoup d'autres.


la meilleure étant peut être
"ma foi... c'est la vie"...
Avatar de l’utilisateur
thevenet-jean
Passionné
 
Message(s) : 1321
Inscription : Lun Avr 07, 2014 8:42
Localisation : CILAOS 97413 Réunion

Précédent

Retour vers Le Syndrome d'Asperger et Autisme de Haut Niveau

Qui est en ligne ?

Utilisateur(s) parcourant ce forum : Google [Bot] et 2 invité(s)

cron