L'Asperger et la quête de l'amour

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L'Asperger et la quête de l'amour

Message par Charles » Jeu Juin 22, 2006 0:53

Bonjour à tous,
je m'appelle Charles, j'ai 25 ans et je me soupçonne fortement depuis un an d'être asperger.
J'ai toujours eu de la peine à communiquer, à m'integrer socialement, ou simplement d'être "là", juste présent... Mais je remarque quand même une évolution ces derniers temps, alors j'y crois!
Comme son titre l'indique, le sujet de mon post concerne les relations amoureuses. Et je crois qu'être asperger n'est pas forcément un atout dans ce domaine...
Je n'ai jamais réussi à entretenir une relation à peu près suivie avec une fille. Jusqu'à peu, je fuyais carrément les situations ou je me retrouvais seul avec une fille, par peur de me retrouver face à moi-même, face à mon manque de communication. De plus, j'ai une très mauvaise estime de moi, et je pars du principe qu'une fille qui me plaît ne peut s'intéresser à moi. Donc forcément ça aide pas... Et du coup les relations amoureuses me paraissent inaccessibles.
Chaque fois qu'une occasion se présente, je fais tout de travers, et je suis devenu champion pour passer à côté de tout. Je peux être très maladroit, autant physiquement que verbalement. Si une fille me drague, je ne m'en rend compte que lorsqu'elle est partie...
En résumé ce n'est donc pas trop la joie à ce niveau, et ça commence à me peser. Ces derniers temps je suis presque avec une copine, mais ça ne se passe pas vraiment comme je l'espérerais, mes maladresses et mes absences commencent à l'agacer je crois. Et je n'arrête pas d'y penser, au point de compromettre mes études.

Enfin, j'aimerais bien savoir si tous les Asperger galèrent comme moi, ou s'il est possible d'entretenir une relation durable (ou pas), de se marier... Et ce avec une personne dite "normale", ou avec un(e) Asperger.


Sur ce, bonne nuit et à bientôt
Charles
 
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Message par aurelien25 » Jeu Juin 22, 2006 13:28

Bonjour Charles,

Je me suis reconnu dans ta description. Il y a quelques années, je suis tombé amoureux d'une fille qui, à la lueur d'aujourd'hui, avait beaucoup de caractéristiques assimilables au syndrôme d'Asperger. La relation n'est pas allé bien loin: une séance de cinéma avec elle et ses frères :) Je me suis sans doute reconnu dans son caractère et c'est cela qui m'a attiré vers elle.

Aujourd'hui, je ne peux pas dire que je suis en quête de l'amour, car cela me paraît trop compliqué.

Il y a tout un tas d'activités compensatoires qui peuvent être développées: fais-tu de la musique, écris-tu, quels sont tes intérêts dans la vie ?

Bonne journée,
Aurélien
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Message par Charles » Jeu Juin 22, 2006 18:44

Bonjour Aurélien,

je vois que tu es un peu dans le même cas que moi. Je comprends ta réaction par rapport aux relations amoureuses, j'ai souvent la même approche du sujet. En pensant que cela m'était inaccessible. Et lorsque je me rend compte que ce n'est peut-être pas si inaccessible que je veux bien le croire, qu'une fille semble s'intéresser à moi et qu'elle me plaît, cela me fait peur. Peur de ne pas assurer, peur de l'ennuyer. Et malheureusement cela ne se termine jamais bien, et cela me fait souffrir. Personnellement, je ne me sens pas attiré par des filles qui me ressemblent. Actuellement, la copine qui occuppe mes pensées est totalement l'inverse de moi. Et je sais pertinemment qu'une relation durable avec elle n'est pas envisageable. Nous sommes beaucoup trop différents. Mais j'aurais au moins espéré une aventure. Cela aurait à mon avis pu être largement possible, mais mon manque d'entreprise aura eu raison de mes aspirations... Il n'y a que moi pour se retrouver au lit avec une fille "super bonne", et arriver à ne rien faire, du moins pas assez. J'aurais préféré mille fois être "limite lourd" et qu'elle me dise non, plutôt que de passer bêtement à côté d'un agréable moment, sans savoir ce qu'elle en pensait. Je réfléchis beaucoup trop et n'agis pas assez.

En ce qui concerne intérêts, ils sont assez limités. Ils sont mêmes en train de s'effacer peu à peu. Il y avait le snowboard, mais cela fait plusieurs saisons que je ne le pratique plus trop, par manque d'argent, et mon niveau a tellement baissé que je n'éprouve plus de plaisir à en faire. Il y a la photograhie, mais tout comme le snowboard, elle est un peu en standby ces temps-ci. Cela doit faire un an que je n'ai pas pris un cliché. Il y a aussi la moto, mais maintenant je la considère plus comme un moyen de transport pratique que comme une passion. Et pour terminer il y a mes études, dans une école d'ingénieurs, qui me m'intéressent de moins en moins. Plus le temps avance, plus l'idée de terminer mes études me fait peur. Se retrouver à la tête d'une équipe, de devoir gérer des projets... :oops:
Et je n'ai pas trop envie de combler mon manque d'affection avec un hobby, bien que cela puisse éviter beaucoup de souffrances.
Alors voilà, ma vie est somme toute assez vide :D, mais je persiste à croire que je ne suis pas sur terre pour rien et que je trouverais ma voie.

A bientot

Charles
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Message par 01011000 » Ven Juin 23, 2006 4:53

J'ai 23 ans et je n'ai jamais eu de chances raisonnables avec une fille. Ça semble totalement impossible, j'aimerai vraiment avoir une copine mais personne ne veut passer du temps avec moi (même pas les gars). C'est la totale en frais de galère. Une relation amoureuse c'Est de la science-fiction. J'aimerai rencontrer une aspie mais il y en a pas beaucoup dans ce syndrôme. Zut.
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Message par aurelien25 » Ven Juin 23, 2006 23:28

La solitude me pèse beaucoup parfois, mais elle est source de quiétude aussi. La relation me fait peur, parce que je ne sais pas le plus souvent comment me comporter: difficile d'être soi-même !
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Message par anne » Jeu Juin 29, 2006 9:44

Charles a écrit :Bonjour Aurélien,

je vois que tu es un peu dans le même cas que moi. Je comprends ta réaction par rapport aux relations amoureuses, j'ai souvent la même approche du sujet. En pensant que cela m'était inaccessible. Et lorsque je me rend compte que ce n'est peut-être pas si inaccessible que je veux bien le croire, qu'une fille semble s'intéresser à moi et qu'elle me plaît, cela me fait peur. Peur de ne pas assurer, peur de l'ennuyer. Et malheureusement cela ne se termine jamais bien, et cela me fait souffrir. Personnellement, je ne me sens pas attiré par des filles qui me ressemblent. Actuellement, la copine qui occuppe mes pensées est totalement l'inverse de moi. Et je sais pertinemment qu'une relation durable avec elle n'est pas envisageable. Nous sommes beaucoup trop différents. Mais j'aurais au moins espéré une aventure. Cela aurait à mon avis pu être largement possible, mais mon manque d'entreprise aura eu raison de mes aspirations... Il n'y a que moi pour se retrouver au lit avec une fille "super bonne", et arriver à ne rien faire, du moins pas assez. J'aurais préféré mille fois être "limite lourd" et qu'elle me dise non, plutôt que de passer bêtement à côté d'un agréable moment, sans savoir ce qu'elle en pensait. Je réfléchis beaucoup trop et n'agis pas assez.

En ce qui concerne intérêts, ils sont assez limités. Ils sont mêmes en train de s'effacer peu à peu. Il y avait le snowboard, mais cela fait plusieurs saisons que je ne le pratique plus trop, par manque d'argent, et mon niveau a tellement baissé que je n'éprouve plus de plaisir à en faire. Il y a la photograhie, mais tout comme le snowboard, elle est un peu en standby ces temps-ci. Cela doit faire un an que je n'ai pas pris un cliché. Il y a aussi la moto, mais maintenant je la considère plus comme un moyen de transport pratique que comme une passion. Et pour terminer il y a mes études, dans une école d'ingénieurs, qui me m'intéressent de moins en moins. Plus le temps avance, plus l'idée de terminer mes études me fait peur. Se retrouver à la tête d'une équipe, de devoir gérer des projets... :oops:
Et je n'ai pas trop envie de combler mon manque d'affection avec un hobby, bien que cela puisse éviter beaucoup de souffrances.
Alors voilà, ma vie est somme toute assez vide :D, mais je persiste à croire que je ne suis pas sur terre pour rien et que je trouverais ma voie.

A bientot

Charles



Bonjour Charles,

Je reconnais un peu ton histoire dans la mienne mais à l'envers. Quand je te lis, j'ai vraiment l'impression que c'est ce qui se passe pour mon ami mais je me trompe peut-être...

Le problème, c'est q'un coup il avance, un coup il recule. Et si moi, je prends une initiative, il recule aussi ou il ne la reçoit pas.

J'ai l'impression aussi que l'intimité lui fait peur.

Est-ce que ta copine sait que tu es aspie?
Je ne connais pas sa tolérance mais en ce qui me concerne, ce serait beaucoup plus simple si mon "ami" (il n'y a pas de relation, juste un rapprochement qui s'est mal terminé) me disait les choses simplement, sans détour. Je suis prête à l'entendre et à fonctionner à son rythme. Le tout, c'est de savoir que ces mises à distances sont nécessaires dans votre cas, que les "gaucheries" ne sont que des inadéquaztions dans la communication NT et pas des intentions de blesser. Mais si rien n'est dit, c'est difficile de distinguer ce qui est dû à un "marre de la relation (ou des tentatives)" ou au syndrome...

Je ne sais pas si je me fais bien comprendre : je n'ai pas l'impression d'être très claire.

En tout cas, lui ne veut pas reconnaître sa différence : il veut même la camoufler le plus possible et ce n'est pas facile d'y voir clair. C'est torturant parce que mille questions fusent dans mon chef sans que j'aie de réponses puisque tout est dans le non-dit.

J'ai l'impression aussi que l'intimité lui fait très très peur; c'est peut-être son frein principal. J'ai d'ailleurs l'impression (et beaucoup la partagent) qu'il n'a jamais eu de relation du tout et que ça ne fait qu'amplifier le problème. Mais ça n'en est pas un pour moi. Mais est-ce ton cas aussi? Comment puis-je le rassurer san le brusquer?

En tout cas, moi je pense qu'une relation aspie-NT est possible. Il faut l'envisager un peu comme si deux personnes de cultures différentes ou de langues ou de religions différentes etc... se rencontraient et établissaient une relation. L'effort est certes plus grand mais les exemples de réussites sont bien là! Et à l'opposé, beaucoup de couples de NT ne marchent pas sans que personne ne trouve ça louche!!

A bientôt

Anne
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Message par anne » Jeu Juin 29, 2006 9:45

Charles a écrit :Bonjour Aurélien,

je vois que tu es un peu dans le même cas que moi. Je comprends ta réaction par rapport aux relations amoureuses, j'ai souvent la même approche du sujet. En pensant que cela m'était inaccessible. Et lorsque je me rend compte que ce n'est peut-être pas si inaccessible que je veux bien le croire, qu'une fille semble s'intéresser à moi et qu'elle me plaît, cela me fait peur. Peur de ne pas assurer, peur de l'ennuyer. Et malheureusement cela ne se termine jamais bien, et cela me fait souffrir. Personnellement, je ne me sens pas attiré par des filles qui me ressemblent. Actuellement, la copine qui occuppe mes pensées est totalement l'inverse de moi. Et je sais pertinemment qu'une relation durable avec elle n'est pas envisageable. Nous sommes beaucoup trop différents. Mais j'aurais au moins espéré une aventure. Cela aurait à mon avis pu être largement possible, mais mon manque d'entreprise aura eu raison de mes aspirations... Il n'y a que moi pour se retrouver au lit avec une fille "super bonne", et arriver à ne rien faire, du moins pas assez. J'aurais préféré mille fois être "limite lourd" et qu'elle me dise non, plutôt que de passer bêtement à côté d'un agréable moment, sans savoir ce qu'elle en pensait. Je réfléchis beaucoup trop et n'agis pas assez.

En ce qui concerne intérêts, ils sont assez limités. Ils sont mêmes en train de s'effacer peu à peu. Il y avait le snowboard, mais cela fait plusieurs saisons que je ne le pratique plus trop, par manque d'argent, et mon niveau a tellement baissé que je n'éprouve plus de plaisir à en faire. Il y a la photograhie, mais tout comme le snowboard, elle est un peu en standby ces temps-ci. Cela doit faire un an que je n'ai pas pris un cliché. Il y a aussi la moto, mais maintenant je la considère plus comme un moyen de transport pratique que comme une passion. Et pour terminer il y a mes études, dans une école d'ingénieurs, qui me m'intéressent de moins en moins. Plus le temps avance, plus l'idée de terminer mes études me fait peur. Se retrouver à la tête d'une équipe, de devoir gérer des projets... :oops:
Et je n'ai pas trop envie de combler mon manque d'affection avec un hobby, bien que cela puisse éviter beaucoup de souffrances.
Alors voilà, ma vie est somme toute assez vide :D, mais je persiste à croire que je ne suis pas sur terre pour rien et que je trouverais ma voie.

A bientot

Charles



Bonjour Charles,

Je reconnais un peu ton histoire dans la mienne mais à l'envers. Quand je te lis, j'ai vraiment l'impression que c'est ce qui se passe pour mon ami mais je me trompe peut-être...

Le problème, c'est q'un coup il avance, un coup il recule. Et si moi, je prends une initiative, il recule aussi ou il ne la reçoit pas.

J'ai l'impression aussi que l'intimité lui fait peur.

Est-ce que ta copine sait que tu es aspie?
Je ne connais pas sa tolérance mais en ce qui me concerne, ce serait beaucoup plus simple si mon "ami" (il n'y a pas de relation, juste un rapprochement qui s'est mal terminé) me disait les choses simplement, sans détour. Je suis prête à l'entendre et à fonctionner à son rythme. Le tout, c'est de savoir que ces mises à distances sont nécessaires dans votre cas, que les "gaucheries" ne sont que des inadéquaztions dans la communication NT et pas des intentions de blesser. Mais si rien n'est dit, c'est difficile de distinguer ce qui est dû à un "marre de la relation (ou des tentatives)" ou au syndrome...

Je ne sais pas si je me fais bien comprendre : je n'ai pas l'impression d'être très claire.

En tout cas, lui ne veut pas reconnaître sa différence : il veut même la camoufler le plus possible et ce n'est pas facile d'y voir clair. C'est torturant parce que mille questions fusent dans mon chef sans que j'aie de réponses puisque tout est dans le non-dit.

J'ai l'impression aussi que l'intimité lui fait très très peur; c'est peut-être son frein principal. J'ai d'ailleurs l'impression (et beaucoup la partagent) qu'il n'a jamais eu de relation du tout et que ça ne fait qu'amplifier le problème. Mais ça n'en est pas un pour moi. Mais est-ce ton cas aussi? Comment puis-je le rassurer san le brusquer?

En tout cas, moi je pense qu'une relation aspie-NT est possible. Il faut l'envisager un peu comme si deux personnes de cultures différentes ou de langues ou de religions différentes etc... se rencontraient et établissaient une relation. L'effort est certes plus grand mais les exemples de réussites sont bien là! Et à l'opposé, beaucoup de couples de NT ne marchent pas sans que personne ne trouve ça louche!!

A bientôt

Anne
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Message par Charles » Lun Juil 03, 2006 13:54

Bonjour Anne,

alors effectivement, il doit y avoir pas mal de similitudes entre ton histoire avec ton ami et la mienne. La principale différence réside dans le fait que tu es certainement moins tordue que ma copine…
L’intimité me fait peur, voir même très peur par moment. La première fois que j’ai embrassé la fille en question et que je suis rentré chez moi, j’étais complètement déboussolé, perdu. Sur le moment j’ai bien apprécié, c’est toujours agréable, surtout avec une fille qui me plaît. Mais avec deux ou trois heures de recul, cela m’a vraiment fait peur. Premièrement parce que j’étais persuadé que si on allait plus loin je n’allais pas assurer, et ça me décourageait d’avance. Et d’autre part, je doutais fortement de la sincérité de ses sentiments. Le but de cette soirée était d’éclaircir quelques points au sujet du week-end précédent. Elle m’avait dragué je crois (pour une fois je m’en étais rendu compte…), j’étais alors à ses yeux le meilleur type que la terre ait porté, et lorsqu’on s’est vu la semaine suivante (on est dans la même école), elle ne m’a même pas adressé la parole. De plus, j’avais vraiment l’impression qu’elle se moquait de moi. Je lui ai donc demandé qu’on se voie pour en discuter. En début de soirée je lui ai exposé le problème, on en a discuté (sans qu’elle ne réponde à aucune de mes questions…) et on est parti dans l’idée de rester juste amis. Ce qui m’arrangeait, vu qu’une relation avec elle me causait plus de soucis qu’autre chose (bien que j’en avais très envie). Mais après on est allé en boîte, et on a fini à 7 heure du mat’ à s’embrasser sous la pluie. Pour moi la situation était encore plus confuse qu’en début de soirée. Et la semaine suivante elle ne m’a à nouveau pas adressé la parole…
Et ce genre de situation s’est reproduit deux ou trois fois.

Quant à mon expérience, tout comme ton ami, une grande partie de mon entourage pense que je suis puceau. Elle aussi le pense, elle me l’avait même demandé. Cependant, j’ai quand même eu une relation (ça n’avait d’ailleurs pas été une franche réussite). Et c’est vrai que ça me bloque énormément, surtout avec une fille que je connais. De plus, beaucoup de gens pensent que je suis homosexuel, forcément, ils ne m’ont pratiquement jamais vu avec une fille… D’ailleurs la copine en question le pense aussi…

Quant au fait d’être Asperger, je ne lui en ai jamais parlé. Je lui ai juste demandé une fois ce qu’elle pensait de moi, car j’en avais un peu marre de cette relation en dents de scie, je n’arrivais vraiment pas à la cerner. Et là elle a juste réussi à me casser. En résumé, je n’étais à ses yeux qu’un perdu qui avait peur du changement, qui n’osait jamais dire ce qu’il pensait et qui n’avait pas confiance en lui. Bon elle n’avait pas entièrement tort, mais après ça j’étais au fond du rouleau… Mais ça a eu le mérite de mettre un bon coup de pied au cul, et trois jours plus tard elle recommençait son numéro de drague.

Je n’ai parlé de ma suspicion d’Asperger qu’à ma mère, à une dame chez qui je suis une sorte de thérapie et à une copine en qui je fais confiance et qui travaille dans le domaine (elle suit une formation d’éducatrice spécialisée pour enfants à problèmes, dont des Asperger). La fille qui me fait tant réfléchir ne sait donc pas que je suis aspie, et je ne compte pas lui en parler, le respect et la compassion ne faisant pas partie de ses principales préoccupations.

Et de toute façons je pense que cette fois c’est définitivement terminé. Elle me fait la gueule depuis le jour où elle est restée dormir chez moi et qu’il ne s’est rien passé. Je ne sais pas vraiment si elle m’en veut à cause de ça, elle n’a jamais voulu reconnaître qu’elle me faisait la gueule, mais je pense que ça n’y est pas totalement étranger.

En ce qui concerne mes maladresses, je ne crois pas non plus que ce soit réellement un problème. Mes absences en revanche le sont beaucoup plus. Quand je l’invite à sortir, qu’elle se fait toute belle juste pour moi et que je suis à côté de la plaque toute la soirée, que je ne trouve rien d’intelligent à lui dire, je me dis qu’il n’y a rien de mieux pour casser un coup.

Et toi, tu es aussi aspie, ou est-ce juste ton ami ? Tu dis qu’il refuse de reconnaître sa différence, parce que vous en avez déjà parlé ouvertement, ou parce qu’il n’a jamais pris l’initiative de te le dire ?

Peut-être qu’il est dans la même situation que moi, qu’une relation à long terme l’effraie. Pour moi, le fait d’entretenir une relation m’inquiète, car j’aurai trop peur d’ennuyer ma compagne, car j’ai trop souvent des moments d’absence, où je n’arrive pas à communiquer, ou que je n’ai carrément rien à communiquer. En étant seul, je n’ai aucun compte à rendre à personne. Mais à force d’appliquer cette politique, le temps passe et il me semble de plus en plus difficile de vivre une histoire. C’est un cercle vicieux.

Peut-être qu’il n’a pas envie de reconnaître sa différence par peur de trop se révéler, d’abattre ses dernières cartes. Peut-être pense-t-il que s’il te le dit, tu ne t’intéresseras plus à lui. Ce qui est mon cas.

A bientôt,

Charles

P.S. : Je me rends compte que je me suis un peu étalé… mais ça me fait du bien d’en parler, et j’espère que cela pourra t’aider à mieux comprendre le fonctionnement de ton ami.
Charles
 
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Message par anne » Lun Juil 03, 2006 20:01

Bonjour Charles,

Ton histoire m'a beaucoup touchée et décidément, je me reconnais de l'autre côté.

Moi, je ne suis pas aspie, c'est mon ami qui l'est. Il ne m'en a jamais parlé mais nous avons une amie commune (une psy thérapeute depuis 20 ans pour enfants autistes) à qui il s'est un peu confié et elle m'a beaucoup aidée dans mes tentatives de compréhension. Mais lui fait barrage à toute discussion là-dessus. La seule chose qu'il m'a dite un jour, et encore en s'énervant, c'est : "m'enfin tu sais que j'ai des problèmes relationnels".

Effectivement, je sais qu'une relation à long terme l'effraie, que sa tête galope plus vite que la situation elle-même : il se posait des questions qui ne m'étaient même pas venues en tête. Je sais aussi qu'il a peur de ne pas être à la hauteur (il l'a dit à un de nos amis communs).

Je sais aussi que lorsque je l'ai dragué et qu'enfin j'ai abattu mes cartes parce qu'il réagissait trop lentement, il a été bouleversé. On s'est embrassé cette soirée là, on était heureux . Il m'a posé pas mal de questions (depuis quand? Comment va-t-on faire? etc...). On devait se revoir le lendemain et il n'est jamais venu au RV. Une semaine plus tard, on s'est vu pour discuter et là il m'a dit qu'après m'avoir quitté cette nuit là à 3 h mat', il n'en avait pas dormi de la nuit et que la semaine avait été la cata pour lui. Le mot final de ce rendez-vous après coup avait été de "laisser faire le temps".

C'était ok pour moi. Trois mois plus tard, il a passé une fin de soirée (bien arrosée, je pense qu'il se désinhibe comme ça) chez moi où l'on a parlé, où j'ai bien vu qu'il faisait des tentatives maladroites de rapprochement physique sur lesquelles je n'ai pas su embrayer. Il disait qu'il n'est pas capable d'aimer mais il reconnaissait qu'il y avait quelque chose de spécial entre nous, comme des frères et soeurs, voire un peu plus mais qu'il n'était pas encore prêt, qu'il lui fallait du temps, que ça turbinait dans sa tête, qu'avant il pensait tout en "je" et maintenant en "nous" etc...

Un mois après, comme rien ne bougeait, je lui ai écrit une lettre gentille en lui demandant de se positionner définitivement....ce qu'il a fait ....en me déclarant que tout bien réfléchi, il n'était pas amoureux de moi. Il s'est passablement énervé et c'est ce jour là qu'il m'a mentionné ses problèmes relationnels. On ne s'est plus vu pendant un bon mois, puis je suis revenue à notre activité commune mais il me fuyait. Je n'ai jamais insisté bien sûr mais progressivement, les choses se sont détendues et maintenant je sens (peut-être à tort) que ce n'est clair ni pour l'un ni pour l'autre. Mais je ne vois pas comment faire pour remettre ça sur le tapis et le rassurer. Je crois qu'il na pas apprécié d'être mis devant un ultimatum et je crois aussi que sa peur est plus grande que son envie : il a fait un choix sur lequel j'ai bien peur qu'il ne revienne pas (il est assez rigide).

Maintenant, je ne pense pas que ta copine soit forcément tordue : tu as peut-être dit des choses qui l'ont blessée ou manifesté un intérêt moyen dans une sortie ou l'autre qui lui aurait fait croire que tu t'en fiches. Mon ami m'a à plusieurs reprises désarçonnée comme ça, blessée sans le vouloir (c'est avec le recul et avec ce que je sais de lui que je peux le dire), ce qui m'a amenée à une attitude froide, voire désagréable avec lui. Ta copine (comme moi) a peut-être plus d'assurance que toi, mais peut-être pas assez que pour "encaisser" certaines paroles ou comportements et alors le doute vient vite pour elle. C'est ce qui m'est arrivé plusieurs fois et mon ami m'a d'ailleurs dit, après coup, lorsque le terrain d'entente était revenu, qu'il n'avait pas compris mon attitude, qu'il ne savait pas quoi faire ni comment me prendre. Moi, je pensais qu'en étant distante, il comprendrait qu'il avait été maladroit et qu'il ferait amende honorable : pas du tout.
C'est normal qu'elle te fasse la gueule si pas grand chose ne s'est passé entre vous lorsqu'elle est restée à dormir chez toi : elle doit penser qu'elle ne t'attire pas, elle doit douter d'elle, de toi. Ne penses-tu pas que tu devrais faire un pas? C'est très blessant pour une fille de ne pas provoquer de réaction chez un mec...Je comprends ta timidité mais je la elle comprends, elle, aussi.

De même, ça m'est arrivé, pour susciter une réaction chez mon ami, de le rendre jaloux (ce qui n'est pas difficile), mais au lieu d'avoir l'effet escompté (càd qu'il se remue un peu et qu'il se rende compte que le temps passe), j'ai eu l'effet inverse : mise à distance de sa part avec la froideur qui l'accompagne.

Ceertains pensent que tu es homo : c'est le cas de mon ami aussi. Personne ne l'a jamais vu avec une fille. Moi aussi au début, je l'ai pensé : je lui ai même posé la question mais sa réponse a dissipé tout doute.

C'est vrai que je pense qu'il est puceau mais je n'ai jamais osé lui poser la question : il a l'air trop orgueilleux là-dessus.

De sa différence, on n'a jamais parlé mais je pense qu'un jour ce serait bien qu'on le fasse car c'est ce manque de clarté qui est à l'origine de tous ces malentendus... et de ses blocages aussi.

Et effectivement, comme toi, il doutait de la sincérité de mes sentiments. Il pensait être une bouée de secours pour moi (je sortais d'une longue histoire avec quelqu'un d'autre) mais je peux t'assurer qu'il ne l'est pas du tout! Je ne sais pas comment lui faire comprendre. J'étais déjà amoureuse de lui avant la fin de mon histoire. Mais visiblement, il ne veut pas y croire...Et pourtant, s'il savait...même encore maintenant, je n'arrive pas à me l'ôter de la tête, alors que les chances sont minimes, voire nulles.

Que tu aies des "absences", des mises à distance, ou que tu ne saches pas quoi dire pendant toute une soirée n'a, à mes yeux, pas d'importance pour commencer une relation... Sois en convaincu. Et la maladresse physique chez un homme, qu'elle soit due à la peur ou au manque d'expérience ou les deux, n'en a pas non plus. Au contraire, ça peut être touchant. Le tout, c'est peut-être d'être clair l'un avec l'autre. Tu n'es pas obligé de lui dire que tu es aspie mais tu peux peut-être lui faire part de certaines de tes appréhensions et lui expliquer que c'est ça qui te paralyse. Ca la rassurera au moins. De toutes façons, elle n'a pas tort de dire que tu es quelqu'un qui a peur du changement et qui n'a pas confiance en lui, pas vrai? Elle ne te connaît pas si mal que ça.

Si elle tient vraiment à toi, je ne pense pas que ce soit perdu entre vous juste à cause d'une nuit stérile. Mais ça a dû fort l'affecter. Je pense que tu dois faire un pas, voire deux ou trois, pour remettre les choses en place. Courage! Le jeu en vaut sûrement la chandelle.

Et surtout, essaie de ne pas voir trop loin, avance petit à petit.

As-tu un conseil à me donner? Dois-je jouer franc jeu? Et dans quelle mesure? Dois-je attendre sans certitude? (C'est quelqu'un qui a horreur qu'on lui impose des trucs...).

En tout cas, je te trouve très sympa... et j'attend de te nouvelles!

Et vraiment, il y a des ressemblances frappantes.

A bientôt, bisous.

Anne
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Message par lokizzzzzzz » Mar Juil 04, 2006 18:45

Marre de cet ordi qui plante tout le temps!!!!!!!!!! :evil:

Bon,je recommence depuis le début.

Charles,j'ai remarqué que tu as écrit ce message le 21 Juin au soir. Je pense donc que tu as du faire des rencontres,lors de la fete de la musique:mais qu'elles n'ont abouti à rien.

Moi,c'est pareil. Le soir du 21 Juin,j'ai vu passer une fille complètement bourrée. Je l'ai accosté;je me suis présenté. Mais ,ensuite,elle a été arretée par un groupe de jeunes assis par terre avec des bières à la main. Elle est devenue incontrolable,allant de-ci,de-là,comme une abeille prise de délirium tremens. En plus j'ai fait une gaffe au sujet de son prénom-faut pas oublier que moi aussi j'étais bourré -:elle s'appelle Ségolène,ce qui est un prénom difficile à porter par les temps qui courent. Donc,elle est repartie.Je me suis dit qu'elle allait encore revenir. Mais non.

Donc,je suis resté avec ce groupe de jeunes. Je me sui incrusté,comme je sais si bien le faire(ou plutot comme je savait le faire avant ma dépression). Ils étaient censés aller à une teuf. Mais,bon,le petit frère de Caro était introuvable. On l'a retrouvé le lendemain matin,endormi dans le camion. Ensuite,on a mangé une pizza et on a bu encore de la bière(j'aurais préféré de l'eau). Puis une meuf est venue,en larmes,nous raconter ses malheurs. Elle s'est faite tabasser par son mec;en plus il lui a pris son portable et sa carte de crédit. Pourtant,elle ne lui en veux pas.Il faut croire que c'est le type de la femme soumise. Moi j'ai dit:"J'suis célibataire,moi,si tu cherche un mec". Elle n'a pas relevé.

Puis j'ai voulu partir,parce qu'il était 7 h du matin,et que jke' me ressentaisz du manque de sommeil. J'ai demandé si quelqu'un ne voulait pas me filer son N°. Caro m'a donné un N°,mais j'ai d'abord du rremplacer le 06 par 04,puis j'ai inversé le 76 en 67. J'ai enfin obtenu un N° valide. Ca répondait pas,j'ai donc apopellé lesz renseignement,qui m'ont dit qu'il n'était pas dans l'annuaire. Donc,c'est qu'il est sur la liste rouge. Quand j'ai retéléphoné,j'ai eu une femme qui pourrait etre la mère de Caro. Comme je me ressentais encore de la fatigue, j'ai été hésitant . Elle m'a fait:"Vous allez bien?" et quand j'ai demandé Caro,elle m'a dit qu'il n'y avait pas de Caro ici. Donc,de 2 choses l'une:soit CAro m'a donné un faux N°,sans doute voçlontairement,soit sa mère set parano. Peut-etre qu'en rééssayant + tard.... Elle fait chier d'habiter encore chez ses parents,à son age. Elle aurais pu me donner le N° de son portable,mais j'ai cru comprendre qu'il était cassé. Peut-etre qu'elle ne le sait pas par coeur. Peut-etre aussi que ce n'était pas son portable,mais celui de son frérot,par exemple. Bon,allez,j'arrete. Mais la formule "Inch Allah",celle-là meme que Christelle m'a jetée à la geule quand elle s'est cassée sans me laisser ni addresse,ni N° de téléphone,ni rien;ça me plait( pas des masses!
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Message par lokizzzzzzz » Mar Juil 04, 2006 19:36

Moi,personnellement,je pense que ta "copine" est une schizoiide. C'est le genre d'individu manipulateurs , calculateurs et dissimulateurs. Philip K. Dick a connu beaucoup de filles de ce genre. Il les appelle des"androiides",car elles ont une pensée mécanique, comme des robots,sans autres sentiments que des trucs nébatifs. Tu sais,j'ai fait une crise de schizophrénie avec tentative de suicide. J'avais 2 personnalités: un masque hébéphrène,ne contenant que des émotions positives,mais pas beaucoup d'intelligence. Et puis,en dessous,bien dissimulée,une personnalité schizoiide,d'androiide paranoiiaque,qui ne contenait que des émotions négatives,mais par contre posséder l'essentiel de l'intelligence,qu'elle utilisait pour construire un plan de suicide. Mais je n'étais pas tootalement schizo:1) je me rendais compte de ce dédoublement de personnalité;2)il restais quand meme un peu de mon moi originel,qui se manifestait lors des conversations avec mon père,des conversation sur la science ,la philo,la politique,etc.. C'est pourquoi je lui ai écrit cette lettre,afin qu'il puisse comprendre mes motivations.J'étais dans la maison de ma grand-mère en Lozère,et je suis resté à ,la maison pendant qu'il faisait les courses au village. Puis j'ai pris mes cachets de Xanax(un anxiolytiqzue),une lame de rasoir et mes CD . Je suis allé me perdre dans les bois. Je me suis fait une scarification sur la main gauche,en souvenir de Christelle ,mon amour perdu(très romantique) ,et puis j'ai avalé mes cachets un à un,sans eau. Je me suis dépouillé de mes attributs terrestres(clefs,vetements). C'est mon coté théatral,du genre "Le Cercle des Poetes Disparus". J'ai cherché un cours d'eau au fond d'une vallée,où il n'y aurait personn'e pour me déranger. Je me suis étendu,les bras en croix(encore mon coté théatral),et j'ai essayé de me tailler les veines avec la lame de rasoir; Mais la lame était rouilée,elle ne taillait pas très profond. Alors je suis rentré. Je n'étais pas vraiment perdu,je voulait juste qu'on perde ma trace,et aussi me perdre dans cette nature si belle,plus belle que mes"frères" humains qui m'avaient rejetté. Mon père avait lu ma lettre,posée bien en évidence sur la table du séjour-salle à manger. Il avaitn enfin compris ce que je ressentais,alors que ma mère,à sa place ,m'aurait culpabilisé,ce qui n'aurait fait qu'envenimer les choses,lui m'a rendu l'espoir,en m'expliquant que,contrairement à ce que je pensais ,je n'étais pas en train de devenir idiot(je croyais avoir une maladie neuro-dégénérative,genre alzheimmer précoce ou crotzfeld-jacob),puique je discutait avec lui de façon intelligente. je lui ai répliqué:"Si j'étais devenu idiot, je ne me serais pas rendu compte que ce que je disais était idiot,j'aurais pu croire au contraire que c'était intelligent" Mais je me suis quand meme rendu à ses arguments,sans doute parce que j'avais eu la preuve qu'il restait une personne au monde capable de me comprendre.

Quant à la neurologue qui m'a filé les médocs,elle aurait pu me dire clairement que je faisais une dépression,que ce n'était pas d'ordre neurologique,au lieu de parler de"régression émotionnelle". Moi,au contraire,ça m'a conforté dans la conviction qu'on me cachait la vérité.
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Message par Charles » Mer Juil 05, 2006 14:50

Bonjour Anne,

ton témoignage me fait plaisir, c’est intéressant d’avoir la vision féminine de la situation, et je me rends compte que j’ai encore beaucoup de choses à apprendre…

Alors pour commencer, je pense que si tu veux qu’il se passe quelque chose entre toi et ton ami, tu seras certainement obligée de prendre les devants. Tu as pu remarquer que le fait de vouloir le rendre jaloux ou d’adopter une attitude froide avec lui ne fonctionne pas. S’il est comme moi, ce genre de comportement aura tendance à le décourager. Je suis beaucoup trop dépendant de son humeur. Cela me gène d’ailleurs énormément : j’ai vraiment l’impression d’être passif et de ne rien gérer. Si elle est froide ou désagréable avec moi, je vais vite me résigner. Si au contraire elle est cool, je serai beaucoup plus présent et motivé. Sûrement que ce genre de tactique fonctionne avec les NT, mais pas avec les Aspies. Surtout si comme moi il part perdant en vue d’atteindre un but inaccessible à ses yeux.

Pour en revenir à la fameuse nuit (ou plutôt journée, on s’est couchés à 11h du mat’) où elle restée dormir chez moi, je comprends bien que ça ait pu l’affecter, mais elle aurait pu me le dire. Elle est partie de chez moi vers 19h, et tout allait bien. J’étais frustré, car c’est à ce moment que je me suis rendu compte que j’avais loupé le coche, mais elle, elle n’avait pas l’air de m’en vouloir. Par contre, le lendemain, on est allé passer la soirée chez un pote, et j’ai bien vu que quelque chose n’allait pas. Je lui ai demandé si c’était par rapport à sa sœur (elle s’était embrouillé avec elle quelques jours plus tôt), mais elle ne m’a pas répondu. Et lorsqu’elle m’a ramené chez moi, pour la première fois elle n’est pas restée prendre un dernier verre. Et je n’ai pas insisté. Et je m’en veux terriblement.
Une semaine plus tard, elle est venue bosser chez moi. Elle était de bonne humeur, mais il y avait quelque chose qui n’allait pas. Je le sais, parce qu’en temps normal, on écoute mes MP3 et elle passe la soirée à zapper les chansons (elle n’apprécie que moyennement la musique que j’écoute…). Mais là, on a pu écouter un morceau de Pink Floyd qui dure 23 minutes sans qu’elle ne dise rien (alors qu’elle y est allergique). Mais moi je ne lui ai rien demandé. Et je m’en veux terriblement.
Une semaine plus tard, elle était vraiment exécrable avec moi. Je lui alors demandé pourquoi elle me faisait la gueule. Elle a nié, m’a dit qu’elle était fatiguée. Mais elle n’était fatiguée qu’avec moi, et cette excuse ne m’a vraiment pas convaincu. Alors le soir je lui ai envoyé un sms pour le lui dire, et elle m’a ressorti le même discours, assorti d’un « tout n’est pas rose, et tout n’est pas forcément de ta faute non plus ». J’ai tenté une dernière fois de lui en parler jeudi passé, car j’ai passé la fin de soirée chez elle, et elle a à nouveau nié. Ce qui m’énerve avec elle, c’est qu’elle ne répond jamais à mes questions. Elle arrive toujours à les esquiver, à changer subtilement de sujet. Elle ferait une très bonne politicienne.

La situation ne semble donc pas être à mon avantage. Et les prétendants ne manquent pas. C’est le genre de fille qui n’a qu’à claquer des doigts pour avoir 50 mecs à ses pieds. Je ne pense donc pas qu’elle va continuer à s’embêter avec un gars comme moi, qui complique systématiquement tout. Mais bon, on ne sait jamais, elle peut être très surprenante.

A ce niveau, tu as donc un avantage. Tu sais au moins qu’il y a peu de risques que ton ami ne sorte avec quelqu’un d’autre, vu ses difficultés relationnelles.

Actuellement, tu le vois régulièrement ? Essaie de l’inviter à sortir, et à mon avis jouer franc jeu est la meilleure solution si tu veux des résultats, vu que l’on arrive pas forcément à saisir tous les sous-entendus, les propos implicites. Mais ne le brusque pas, et en lui disant qu’une relation entre vous ne l’engage pas forcément pour une longue durée, cela pourrait peut-être le rassurer. Et encore une chose, choisi bien le moment, où tu vois que vous êtes bien complices, qu’il est vraiment à l’aise. Si ce n’est pas le cas, tes chances seront bien réduites. Chez moi cela a une grande importance, vu que j’ai peu confiance en moi.

A bientôt,

Amicalement, Charles
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Message par anne » Jeu Juil 06, 2006 12:22

Bonjour Charles,

Décidément, c'est bien compliqué d'essayer d'être heureux et pas trop torturé...

Ta copine est sûrement prise entre plusieurs émotions : elle est sûrement blessée de ne pas avoir suscité de réaction chez toi la "nuit" où elle est restée à loger, elle doit douter de tes sentiments, elle doit être vexée aussi et elle attend sans doute que tu prennes une initiative explicite. Donc, elle réagit avec toi comme elle peut avec tout ça à gérer. Un coup, elle est de "bonne", histoire de ne pas te montrer qu'elle l'a mal pris, une fois, elle feint l'ignorance et l'indifférence en espérant te voir réagir et avancer enfin...Comprends que dans sa situation, elle ne peut décemment pas faire plus... c'est à toi de réagir. Il faut peut-être être plus simple et plus honnête, ne pas avoir peur de tomber certaines cartes, quitte à te montrer sous un jour un peu moins avantageux mais plus vrai. Il faut qu'elle comprenne que ta "tiedeur" est essentiellement due à ta timidité et ta peur de tout faire foirer. Mais pour le moment, elle doit plutôt penser qu'elle ne t'intéresse que de loin.

Même si c'est une fille très jolie qui peut prétendre intéresser un large éventail de gars, si elle t'aime vraiment, elle aura encore de la patience. Il ne s'agit pas de choisir un taureau parmi 20 têtes de bétail! Il s'agit de sentiments et ça, ça ne se commande pas, l'attrait reste mystérieux (et tant mieux). Tu sais, moi aussi je ne suis pas trop moche et des occases, j'en ai pas mal. Mais j'ai mon ami en tête et je ne saurais pas m'intéresser à quelqu'un d'autre. En tout cas, c'est ce qui se passe depuis longtemps. Et lui n'est vraiment pas terrible pourtant : ce n'est pas un canon du tout, et il m'a clairement rejetée quand-même...et pourtant...je l'ai toujours dans la peau...

Donc, n'aie crainte, même si tu mets plus de temps qu'un autre, ce n'est pas grave : le tout, c'est de ne pas lui laisser croire que c'est pas important entre vous. Mais prends sur toi et mets un peu la gomme. Même si tu te plantes, ce n'est pas dramatique! Ca arrive aussi aux NT, et plus souvent qu'à leur tour.


De toutes façons, ce n'est qu'en te frottant à la situation que tu vas apprendre : ce n'est pas une psychothérapie qui va t'aider, à mon sens, dans les relations interpersonnelles. Puisque tout passe par le cognitif, intègre petit à petit. Moi, je veus bien continuer à te dire ce que je pense et donner des lignes d'orientation qui seraient les miennes si ça peut aider. En revanche, tu me guides un peu sur la façon dont tu raisonnes et ça m'aidera peut-être aussi...échange de bons procédés!

Mais es-tu sûr d'y tenir vraiment à ta copine? Je n'ai pas vu que tu écrivais texto que tu l'aimais! Ce ne serait pas plutôt un combat que tu te livres à toi-même par son intermédiaire? Une sorte de défi?

Moi, je crois que je vais abandonner (la mort dans l'âme) car il m' a quand-même envoyé bouler au mois de janvier et puis, depuis, c'est quand-même fort tiède. De plus, je ne me vois vraiment pas lui dire les choses franchement et prendre les devants (je l'ai déjà fait une fois et j'en ai pris plein la figure). C'est quelqu'un qui veut tout gérer, qui a horreur d'être dépendant et qu'on décide pour lui... Je crois que c'est sans issue, même si je pense que je lui plais.

Bon, à bientôt j'espère.

Anne
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Message par lokizzzzzzz » Jeu Juil 06, 2006 22:39

Perso,Christelle a essayé de me draguer une fois,mais je n'ai pas compris. J'ai compris ensuite,mais c'était trop tard. Il faut dire qu'elle a changé d'attitude à mon égard en un temps record! Je ne pouvait pas croire qu'elle voulait encore de moi,surtout qu'elle m'avais jeté au début,quand je suis retourné la voir l'année qui suivait celle où je l'avais connue. Je suis arrivé la bouche en coeur,avec mes dessins (j'ai un besoin quasi névrotique de reconnaissance),comme avant. Mais elle m'a jeté! Alors,j'ai utilisé des stratégies: "Est-ce que tu pourrait pas me préter ton gel douche,j'en ai plus!". Elle me le filait de bon coeur,mais sans plus. Puis,on jour,j'ai entendu des voix connues:c'était les anciens amis de Christelle. Alors j'ai toqué à la porte ,et je ne me suis pas fait jeté! Mon intuition était juste:il fallait se replacer dans les conditions d'avant. Le lendemain,je suis allé la voir,et j'ai été étonné de la voir m'accueillir à bras ouverts!

Charles,je retire ce que j'ai dit avant sur les filles à personnalité schizoiide. Je te donne un conseil d'ami: va-z-y franco,fait comme moi;dit-lui que tu l'aime en t'avançant vers elle. Pour moi,avec Christelle,ça n'a pas marché. Mais bon,ça pourrait marcher pour toi! T'as rien à perdre!
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Re: L'Asperger et la quête de l'amour

Message par lulu » Dim Sep 03, 2006 12:36

Charles a écrit :Bonjour à tous,
je m'appelle Charles, j'ai 25 ans et je me soupçonne fortement depuis un an d'être asperger.
J'ai toujours eu de la peine à communiquer, à m'integrer socialement, ou simplement d'être "là", juste présent... Mais je remarque quand même une évolution ces derniers temps, alors j'y crois!
Comme son titre l'indique, le sujet de mon post concerne les relations amoureuses. Et je crois qu'être asperger n'est pas forcément un atout dans ce domaine...
Je n'ai jamais réussi à entretenir une relation à peu près suivie avec une fille. Jusqu'à peu, je fuyais carrément les situations ou je me retrouvais seul avec une fille, par peur de me retrouver face à moi-même, face à mon manque de communication. De plus, j'ai une très mauvaise estime de moi, et je pars du principe qu'une fille qui me plaît ne peut s'intéresser à moi. Donc forcément ça aide pas... Et du coup les relations amoureuses me paraissent inaccessibles.
Chaque fois qu'une occasion se présente, je fais tout de travers, et je suis devenu champion pour passer à côté de tout. Je peux être très maladroit, autant physiquement que verbalement. Si une fille me drague, je ne m'en rend compte que lorsqu'elle est partie...
En résumé ce n'est donc pas trop la joie à ce niveau, et ça commence à me peser. Ces derniers temps je suis presque avec une copine, mais ça ne se passe pas vraiment comme je l'espérerais, mes maladresses et mes absences commencent à l'agacer je crois. Et je n'arrête pas d'y penser, au point de compromettre mes études.

Enfin, j'aimerais bien savoir si tous les Asperger galèrent comme moi, ou s'il est possible d'entretenir une relation durable (ou pas), de se marier... Et ce avec une personne dite "normale", ou avec un(e) Asperger.


Sur ce, bonne nuit et à bientôt



Bonjour Charles,

Pour te répondre oui il est possible d'avoir une relation durable avec une fille ou un garçon. Je vais avoir 19 ans le 10 septembre prochain et j'ai une relation avec un garçon (je suis une fille) depuis que j'ai 15 ans et demi soit depuis 3 ans et demi et pourtant j'ai été diagnostiqué asperger en mai dernier.
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Message par chevalfou » Mar Sep 05, 2006 12:15

anne a écrit :
Charles a écrit :
Bonjour Charles,



En tout cas, moi je pense qu'une relation aspie-NT est possible. Il faut l'envisager un peu comme si deux personnes de cultures différentes ou de langues ou de religions différentes etc... se rencontraient et établissaient une relation. L'effort est certes plus grand mais les exemples de réussites sont bien là! Et à l'opposé, beaucoup de couples de NT ne marchent pas sans que personne ne trouve ça louche!!

A bientôt

Anne


Le message de Charles me touche beaucoup. Je pense comme Anne qu'une relation entre différents est possible, j'ajoute qu'elle est souhaitable. Je viens de vivre pendant plus d'un an une relation amoureuse très belle avec une jeune femme très probablement Asperger (elle est en train de rechercher un diagnostic précis). Elle a rompu brutalement parce que la relation lui demandait trop et l'épuisait. Je n'étais pas du tout conscient de sa différence, justement parce sans doute j'aimais profondément sa différence... A présent que même le simple dialogue est rompu, j'ai le sentiment d'avoir commis une faute grave en l'aimant. Mais j'essaie de continuer à la comprendre en participant à ce forum et en m'informant le plus possible sur ce syndome.
Oui, je suis persuadé qu'un amour profond et réciproque est possible entre A et non A. Mais pour éviter toute erreur grave et tout malentendu, il me paraît nécessaire que le non A soit informé, car sinon il est difficile de ne pas faire d'erreur grave.
Je crois qu'il est magnifique d'avoir à se dépasser pour comprendre l'autre.
chevalfou
 

Message par Charles » Mer Sep 20, 2006 3:40

Bonjour tout le monde.
C'est quand même pas si simple d'être asperger...
Chaque fois je me dis que je serais moins passif, moîns absent. Chaque fois je ne tiens pas parole. Chaque fois cela me met dans des états peu recommendables.
Le temps passe. Ma vie aussi. En fin de compte je crois que cette solitude me plaît bien. Si ce n'était pas le cas, je m'arrangerais pour y remedier.

Bonne nuit.














(Ce message est vide de sens, tout comme celui qui l'a écrit.)
Charles
 
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Message par ROCHE » Ven Oct 13, 2006 21:32

ben, salut charles, moi c Nicolas(mais je préfère Nico), j'ai lu ton message à propos de ta conception des relations amoureuses, moi c'est le meme genre de chose ki m'arrive, si ce n'est d'une part que je ne cherche pas du tout(mais vraiment pas) à plaire aux filles, et d'autre part, que je suis légerement tiraillé dans la mesure ou tout l'monde autour de moi mez dit que je finirai tout o moins par avoir une relation, mais d'un otre coté, moi , ca n'm intéresse strictement pas de finir en couple.voilà, par contre, je te donne 1 petit conseil, ne "gache" pas tes études à cause des filles, tu sais , de nos jours, les études sont TRES importantes pour l'avenir, voilà, tout est dit.P.S:au cas ou tu voudrais me contacter, voici mon e-mail:nickmalcolm@hotmail.fr
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Message par florent155 » Jeu Nov 16, 2006 16:32

:shock: :shock: :shock: :shock: :shock:

L'ami de anne, c'est tout à fait moi !!! Mais moi qui me croyait seul comme ca....
et oui il doit être puceau pour la note humoristique puisque je suis ... mais bon moi ca commence à marcher... (puceau aussi )
Désolé de ne pas développer d'avantage car je n'ai pas trop le temps ... :)=
florent155
 

Message par florent155 » Jeu Nov 23, 2006 14:33

j'ai eu du nouveau, une fille voulait sortir avec moi et je lai fait fuir ... allez savoir
elle a dit que c'était mort mais je vais développer plus tard
florent155
 

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