25 ans ... Et autiste

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Message par away » Mar Oct 21, 2014 20:13

On m'a appris aujourd'hui que je souffrais d'une forme d'autisme. Le syndrome Asperger.

Au début j'ai nié en bloc, peut être choqué ou que sais—je ? Ensuite, une fois au calme et isolé chez moi, j'ai prit le temps de me renseigner encore plus car aimant tout comprendre par moi même et surtout car étant la seule manière d'analyser correctement toutes ces informations.

Mais très vite j'ai compris que c'était bel et bien le cas et que cela retransvivait parfaitement mon mal être et ce depuis que je suis tout jeune. Jusqu'à aujourd'hui je me contentaient de nier voir me dire qu'il s'agissait juste d'un manque de confiance ou tout autre problème psychologique. Je me suis cherché pendant des années sans jamais vraiment trouver le fond du problème.

Mais voilà qu'aujourd'hui on me donne le mot, que dis—je, la relation entre mon passé et mon mal être, je sais à présent pourquoi je me sent mal, angoissé du matin au soir, évitant tout contact humain car me répugnant de par leurs bêtises et leurs hypocrisie.

Mais cela suffit il ? J'ai plutôt l'impression du contraire. Car aujourd'hui je me suis surpris à maintenir le regard d'une connaissance pendant qu'elle me parlait tout en m autocritiquant sûr le peu de temps tenu et mon incapacité à suivre et comprendre ce qu'il me disait ceci en sachant que j'analysai le moindre détil de la pièce en même temps. Mais totalement incapable de soutenir un regard tout en comprenant ce qu' il me.dit.

Avant je pensais à de la timidité maladive et n'y prêtait guère plus attention. Mais aujourd'hui je sais que je suis handicapé. Je sais pourquoi m'a mère ne m'a jamais porté dans son coeur (sentiment de rejet car toujours énormément distant et ne montrant aucune émotion). Je sais pourquoi j'ai été abandonné, je sais pourquoi on n'a jamais réellement sût ce que j'avais, je sais pourquoi je souffrais hyperactivité, je sais pourquoi j'ai toujours été seul et pourquoi je le serai toujours.

Je suis en dépression depuis des années et alors que je pensais à une mauvaise passe plutôt longue, on m'apprend que cela fera partie de mon quotidien jusqu'à ma mort.

Ps : écrit depuis mon smartphone donc désolé pour les fautes
away
 
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Re: 25 ans ... Et autiste

Message par realTMX » Mer Oct 22, 2014 9:43

Bienvenue Away sur le forum.

Si tu apprends aujourd'hui, à 25 ans, que tu es Aspie, dis-toi que tu aurais pu l'apprendre plus tard ou ne jamais l'apprendre du tout. Je suis dans le même cas que toi. Je l'ai appris cette année mais j'ai 41 ans. Moi aussi, je l'ai nié au début car je compensais nombre de mes symptômes. Je "paraissais" original mais normal (enfin si l'on peut considérer qu'il y a des personnes "normales" dans ce bas monde). Pourtant, après avoir compulsé de nombreux documents (j'aime beaucoup me renseigner sur la psychologie et la psychiatrie) et passé quelques tests, j'ai bien dû me rendre à l'évidence que j'étais Aspie. Alors, j'ai entamé la procédure de diagnostic auprès du CRA de ma région.

En ce qui concerne le contrecoup que tu cites, j'ai vécu la même chose que toi. Les symptômes cachés sont brusquement apparus ainsi que les dons qui dormaient au plus profond de moi. Je suis entré dans la plus grave dépression de ma vie et qui a débouché sur une hospitalisation en clinique. La dépression est un des symptômes du SA. Ce n'est pas le seul. L'auto-agressivité fait également parti de la comorbidité autistique. Je ne sais pas si c'est ton cas, mais moi je me fais du mal pour extérioriser tout ce que j'ai vécu de négatif. Malheureusement, comme on te l'a dit, tu en souffriras toute ta vie, à des degrés plus ou moins importants.

S'il y a une chose que cette expérience m'a apprise, c'est de vivre le jour qui se présente comme s'il devait être le dernier. Profite à fond. L'attitude positive n'est pas chose facile pour nous autres Aspies (c'est le cas pour tout le monde), mais tu peux essayer. Si tu aimes lire, comme moi, je ne saurais trop te conseiller de lire "L'homme qui voulait être heureux" de Laurent Gounnell.

Courage, la vie n'est pas un long fleuve tranquille comme tu le sais. Tu dois pagayer sans cesse pour ne pas couler. On est une communauté et on est là pour s'entraider. C'est ça être HUMAIN. :wink:
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Re: 25 ans ... Et autiste

Message par away » Mer Oct 22, 2014 10:58

Merci pour ton message,

Mais dans tous ça je n'arrive pas à voir le positif. En prenant du recul j'ai l'impression de ne pas être moi même, de n'être qu'une pâle copie de la communication classique. Et je dois dire que j'ai très bien fait cela. J'ai tellement bien endossé et amélioré ce rôle qu'aujourd'hui vu de l’extérieur, je suis une personne tout ce qu'il y a de normale, juste hyper susceptible et très timide, égoiste et antisocial. J'ai tellement bien analysé ces codes du langages courant, qu'aujourd'hui je suis capable de ressentir les gens sans pour autant pouvoir mettre un mot sur la source ou la raison. J'analyse le moindre signal non verbal et comme une machine, le soumet à un ensemble de variables et de conditions tout en continuant à écouter. Si seulement cela s’arrêtait aux échanges, je me sentirai surement mieux. Le soucis, c' est que cela se passe du matin au soir. Je n'arrive jamais à déconnecter mon cerveau (sauf quand je suis dans mes programmes/jeux) et je suis incapable de vivre l'instant présent tel qu'il est sans analyser absolument tout, calculer, comparer etc ... ce qui m’empêche toute relation saine sans angoisser et me poser mille et une questions.

Le pire dans tous ça, c'est que durant une période je suis devenu mauvais. J'ai compris que j'étais capable de manipuler très facilement en reproduisant un ensemble de variables menant à un résultat donné. Lors de conférence sur le hacking, on m'a un jour dit que j'étais très doué en 'social engineering' ce qui sous entend, manipuler quelqu'un pour un résultat quelconque. J'ai des fois l'impression de n'être qu'une machine logique qui se contente d'analyser des variables/probabilités. Un peu comme une intelligence artificielle qui apprend par mimétisme, analyse et copie. Elle pourra sembler comprendre une situation donnée (la mort d'une personne), activer des réponses logiques verbales et non verbales apprises par l'analyse et le décodage, mais au final n'être qu'une coquille vide se contentant de réagir comme on attend qu'elle réagisse.

J'ai développé un énorme intérêt pour la programmation et plus particulièrement les intelligences artificielles. J'ai l'impression que ce n'est qu'une réponse d'auto défense suite à mon abandon à mes 13 ans par ma mère pour me protéger des gens et pouvoir prévoir/anticiper pour comprendre. Mais comment est-ce possible ? Je me sent très mal en groupe, angoissé, j'ai énormément de mal à tout comprendre, je perçoit toutes les action mais pas la portée ni l'intention... Et me trompe souvent à cause de mon énorme manque de confiance (ou quoi que ce soit). Un simple regard à mon égard suivit d'un sourire plus tard suffit à me faire poser milles et une questions. Se moque-t on de moi ? Ais-je rater quelque chose ? Ensuite, j'angoisse d'autant plus et je me replie sur moi même encore plus. Mais comment est-ce possible que sur le côté quand je le veux vraiment, je puisse manipuler quelqu'un et l'emmener là ou je le veux ? Étais-ce un moyen de me tester ? Tester mes connaissances ? Je me suis fait peur et j'ai arrêté.

J'ai une amie qui suit des cours en psycho et je me suis étonné à comprendre instinctivement ses cours et par moment lui expliquer. N'est-ce pas illogique ? Je suis incapable de communiquer sincèrement en étant réellement moi même... J'analyse les moindres actes non verbal et ne sais pas comment réellement en faire quelque chose de 'normal' (si on part du principe que normalité il y a et que nous ne sommes pas juste soumit à la pensée d'autrui) mais pourtant je suis capable d'écouter pendant des heures des gens, les conseiller, leurs donner des pistes sur leurs problèmes.... Je suis capable de développer une ia qui se rapproche de la construction du langage humain. Qui suis-je ? Un fou ? J'en ai marre de ne jamais avoir l'esprit sain et posé, marre de vivre angoissé du matin au soir, marre d'être fatigué du matin au soir, marre de ne pas juste être normal et pensé normalement sans prise de tête et réflexion incessante qui ne profiterons jamais qu'a moi même. Marre de ne jamais avoir envie de me lever et marre car j'ai l'impression que je n'arriverai jamais à vivre dans cette societée de personnes illogiques et incomprehensible. Marre de tout analyser du matin au soir, chaques petits détails, chercher des conditions menant à des résultat... Ou est ma place la dedans ? Quand pourrais-je vivre ? Puis-je espérer un jour pouvoir travailler sans me sentir mal du matin au soir et finir par fuir car devenut réellement insuportable ?

Au final je me suis retrouvé dans ton message bien que celà ne me réjouisse pas trop, tu ne sembles pas heureux non plus. A quoi bon vivre dans un monde qui ne nous correspond pas ? Survivre ? Ce n'est pas vivre, mais tenir le cap en esperant mieux... Sauf qu'il n'y aura jamais de mieux. Et pour ce qui est de me faire du mal... Non je ne me suis jamais fait de mal. Par contre je me laisse aller. Je ne mange pas des fois pendant quelques jours car pas la force, je ne prend pas soin de mon image et de mon corps; et pourquoi d'ailleurs ? A mes yeux ce sont des artifices qui ne servent qu'a valoriser sa propre personne aux yeux des autres dans le seul but d'être clairement différenciable et statuable dans la vie. Je m'en moque... Depuis quand l’esthétique à plus de valeur que l'esprit ?

Par contre bizarrement je n'ai pas l'impression d'avoir des tocs. Des absences/callages sur des choses oui ... Comme dérouler le carton d'un papier toilette en prenant soin de le dérouler proprement pour ensuite le déchirer en morceau carré. Quand j'étais jeune j'avais surtout la mauvaise habitude de tout démonter (voir casser mais sans intention) et ma famille pensait que je le faisait expres alors qu'a l'époque je ne savais meme pas moi meme pourquoi je le faisait. Quand je suis vraiment angoissé j'avais pour habitude dans le passé de me frotter le visage avec mes mains, celà me rassurait mais ma mère réagissait aussitôt en me traitant d'handicapé, j'ai apprit vite donc à ne plus le faire en publique... Mais quand je suis seul et angoissé, celà m'arrive très souvent. Et dernière chose, je n'arrive pas à dormir sans sucer mon pouce. J'ai essayé des centaines de fois de dormir sans faire celà, mais ... Impossible. Mais en dehors de ça, je n'ai pas de toc particulier. Je suis tout ce qu'il y a de plus normal vu de l’extérieur par mon entourage. Par contre je n'aime pas qu'on me prenne dans ses bras, je me sent mal, gené et j'ai l'impression d'être dévalorisé du coup je ne sais pas comment réagir et je n'arrive pas à lâcher prise et me laisser aller.

J'en arrive à me dire que je ne pourrai JAMAIS être réellement moi même avec quelqu'un car ne sachant pas au fond qui je suis réellement. J'ai connut une relation de 5 ans avec une femme que j'ai réellement aimé de tout mon corps mais qui, plus le temps passait, et plus elle se disait que je n'était pas normal. Ca c'est très mal finit et j'ai été encore plus détruit. Mais à l'époque j'ignorai tout de cette anomalie génétique et de ce que cela implique. J'aspire à l'isolement car n'aimant plus l’espèce humaine, mais j'ai peur de finir seul et de ne jamais avoir put être MOI avec quelqu'un. Je me suis enfermé dans un monde de logique, car mon esprit étant ainsi et me rassurant très certainement, mais je suis une anomalie à ma propre pensée car je suis en continuelle contradiction avec ce que je suis/ressent réellement. Parfois, j'aimerai être cette machine, ne plus rien ressentir, ne pas connaitre la douleur. Arreter quelques temps d'analyser absolument tout ce qui m'entoure et en faire des calculs/comparaisons. J'aimerai me déconnecter, mettre le bouton sur OFF et vivre ... Simplement.

J'ai eu une fille avec cette femme et en réfléchissant bien aujourd'hui ... Je craint qu'elle soit atteinte aussi de ce syndrome d'Asperger. Fuite du regard, retard de motricitée, très peu réactive, strabisme mais très intelligente. Je me sent coupable d'avoir légué ce fardeau à ma propre fille et coupable de ne pas m'en être rendu compte plus tôt. Je sais que sa mère l'a considéra comme une handicapée alors que moi je sais, je sais ce dont elle aura besoins, ce qu'elle vivra, ressentira au quotidien et ce, toute sa vie. Mais j'angoisse et suis terrorisé à l'idée de reprendre contact avec sa mère, surtout avec ce genre de nouvelle. Donc je ne fais rien.

Comme d'habitude je parle beaucoups, pour au final me permettre par égoisme de me lâcher de tout ce qui me ronge et peut être en parler avec des gens qui vivent ça aussi et qui sont plus à même de comprendre parfaitement le calvaire que c'est d'endurer celà. Désolé pour celà et je serais soulagé-surement, qu'au moins une personne prenne le temps de tout lire
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Re: 25 ans ... Et autiste

Message par realTMX » Mer Oct 22, 2014 15:13

Away,

je me retrouve dans tout ce que tu dis ce qui devrait te rassurer sur ce point : tu n'es pas seul. Je me sens à côté de la vie : spectateur et non acteur. L'angoisse est permanente également chez moi et je fais des exercices de respiration pour pallier cela.

Je sais que c'est difficile de voir les choses positivement et j'avoue avoir bien des difficultés, mais je me force à ne pas penser aux choses négatives sinon je serais vite à nouveau en crise ce qui entrainerait chez moi une nouvelle hospitalisation à cause de mon auto-agressivité. J'aimerais éviter ce genre de choses même si je sais que ça finira par arriver un jour ou l'autre mais autant espacer les internements. :wink:

L'absence de pause cérébrale me cause bien des difficultés au niveau de l'endormissement. Comme, en plus j'ai une hyperacousie, je me réveille au moindre bruit. J'ai l'oreille absolue, ce qui est très bien pour faire de la musique, l'un de mes dons. En revanche, je ne supporte pas les sons trop forts ou stridents et, du coup, je n'ai jamais pu aller en boite. De toute façon, les lieux bondés m'oppressent car je ne me sens pas en sécurité et, moi non plus, je ne supporte pas les étreintes improvisées. En fait, je suis hyper-sensible sur tous les points.

Mon immaturité psycho-affective fait que l'univers dans lequel je me réfugie, pour fuir les problèmes du monde adulte, est le monde de la petite enfance. De ce fait, je suis incontinent et, comme toi, je suce beaucoup mon pouce pour me calmer. Je ne peux pas dormir sans mon nounours et sans mon doudou. J'ai mis beaucoup de temps à comprendre et accepter cette infantilisme. Par contre, contrairement à toi, je n'ai jamais eu la moindre relation sexuelle car j'éprouve une certaine répugnance et une certaine peur à l'acte en tant que tel.

Comme j'ai été adopté, mes parents mettaient mes "bizarreries" sur le compte de mon adoption mais, au fond de moi, je savais bien que j'étais différent des autres. Rien que sur le plan scolaire, je suis un spécimen à moi tout-seul. J'étais en échec scolaire jusqu'au BEP car je n'avais pas le niveau pour passer en seconde bien qu'ayant redoublé ma 3ème. A partir du BEP, tout se déclenche. J'obtiens le BEP / CAP Comptabilité. Ensuite, je passe un Bac G2 (Comptabilité). Passionné d'informatique depuis l'âge de 11 ans, je retourne en 1ère S et décroche le Bac S Spécialité Physique-Chimie (anciennement Bac C) tout en faisant des études d'informatique au Conservatoire National des Arts et Métier. Le Bac S étant le Bac le plus dur alors que j'étais autrefois en échec scolaire ? Pas mal pour un Aspie mais absolument impossible pour un NT (avec le même parcours). Cependant, l'été de mon entrée en 1ère S, j'avais potassé tous les livres de la 6ème à la 2nde en math, biologie et physique-chimie : beaucoup de travail récompensé. Enfin, quatre années d’ingénierie informatique et me voilà. De tout ce que j'ai accompli dans ma vie, c'est le Bac S dont je suis le plus fier puisque c'était un rêve devenu utopie à cause de ma scolarité mais qui s'est concrétisée au final. :D

Comme toi, je rejette l'espèce humaine que je considère entièrement responsable de tout ce qui arrive sur la planète. Une société créée par des NTs, êtres illogiques et irrationnels, pour des NTs, ne peut qu'être chaotique et injuste.

Concernant l'apprentissage des cours de psycho, c'est assez logique au contraire. Tous les Aspies disposent d'un plus grand nombre de neurones que les NTs car le tri neuronal n'a pas été effectué. C'est l'origine de nos capacités mais également de nos faiblesses. Avec plus de neurones, on assimile plus d'informations en moins de temps mais au prix d'une analyse totale qui nous fatigue rapidement psychiquement.

Les tocs, j'en ai un peu. En fait, il s'agit de rituels que je dois accomplir chaque jour pour m'offrir un cadre rassurant : au moment du petit-déjeuner, au moment de l'habillement / toilette, au moment du diner, au travail. C'est assez contraignant, mais c'est mon lot quotidien et perturber ne serait-ce qu'une étape de routine m'amène une crise d'angoisse assez intense. Réfléchis bien à ce que tu fais tous les jours, car c'est peut-être aussi ton cas même si tu le fais sans t'en rendre compte. Après tout, c'est bien cela une routine. Tout le monde à ses routines personnelles mais ne s'en rend pas forcément compte.
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Re: 25 ans ... Et autiste

Message par away » Mer Oct 22, 2014 16:48

Encore merci pour ta réponse ^^

En ce qui me concerne, je n'ai pas eu de réelle difficultés en cours. Aucun échec/redoublage jusqu'en 4 eme secondaire, vers mes 15/16 ans ou j'ai été mit en autonomie et livré à moi même. Et ce n'est pas tant les cours qui me posaient de soucis, mais le contact humain, l'isolement que je vivait dans mon école, les insultes, moqueries, railleries. J'en étais arrivé à faire une hantise d'aller au cours et finalement j'ai arrêté le circuit scolaire du jour au lendemain. L'homme est con et d'autant plus quand il est jeune et la rare fois ou j'ai été violent fut durant ma dernière journée. J'ai eu la raillerie de trop, j'ai craqué, je me suis retourné sec et je l'ai retourné. En quelques secondes il s'est retrouvé à terre sans même avoir compris moi même comment j'avais fait... Blackout total. Et son regard après coup, c'était clairement de la peur, une certaine forme de surprise mélangé et d’incompréhension. Pour lui ce n'était qu'une blague de plus, pour moi ce fut LA goutte de trop.

Dans une certaine mesure, cela me fait du bien de parler de tous ça, voir que je ne suis pas le seul et qu'en ce lieu les railleries/préjugés ne sont pas de mise. L'ouverture d'esprit mène vers l’évolution collective. Cela peux paraitre abstrait dit comme ça mais dans ma tête c'est clair ...Je pense.

Voilà bientôt deux jours que j'ai apprit la nouvelle et me voilà déjà plongé dans une très longue introspection sur moi même qui me casse moralement, physiquement et psychologiquement. Dans tes paroles j'y trouve un peu de réconfort bien que toujours sous le coup.

Mais je crois ... Avoir préféré ne rien savoir. J'ai l'impression d'être prisonnier de mon esprit derrière une porte dont la clef n'existe pas. A t'entendre, nous sommes plus intelligent que les neurotypique et bien que oui, j'accepte l'idée de voir les choses différemment et d'être plus ... Originale dans ma manière de conceptualiser mes pensées et mes raisonnements... Je ne vois pas en quoi nous pouvons être plus intelligent quand le monde entier nous voit comme des personnes déficientes. Peut-être que c'est nous qui réfléchissons de la mauvaise manière. Comment être sur, que nos notions ne sont pas déformés par cette particularité ? N'est-ce pas prétentieux de quantifier la notion d'inteligence ou de l'évaluer ? Un animal ne pourrait-il pas être plus intelligent que nous sur certains points ? Je suis un peu perdut, je me cherche dans ce dédalle de questions qui résonnent contre le mur de mon silence au quotidien. Plus j'en lis sur le sujet et plus certains détails ne collent pas.

J'ai lus que les Asperger manquait d'empathie... Hors c'est tout le contraire pour moi, je suis noyé sous un grand nombre de signaux... Je ne sais juste pas comment réagir.

J'ai lus qu'un Asperger est incapable de mentir. Je sais très bien mentir et même manipuler si je le veux mais totalement contre mes principes.

J'ai lus qu'un Asperger à une très bonne mémoire et retient des choses que d'autre ne retiennent pas. Moi je ne retient que ce qui m'arrange et que cela touche à un secteur qui m’intéresse. Je n'ai aucun intérêt a retenir un numéro de téléphone/plaque d'imatriculation donc je ne le retient pas.

Quelle est la vrai définition ? Le symptôme zero... Celui qui nous différence des nt aux yeux des autres ? La seule chose qui revient systématiquement ?

Concernant mon infantilisme... Je suce mon pouce car impossible sinon de m'endormir car cerveau en ébullition, ce qui me permet de me calmer. Et comme toi, le moindre bruit dans ces moments là à tendance à m'énerver énormément. Pour te donner un exemple, je ne supporte pas les gens qui parlent fort (surtout qu'en général le font pour se démarquer des autres, afficher leurs identité, dire : JE suis là), les gens qui tapent le sol des pieds, les bruits/discutions quand je suis concentré. Mais je n'ai pas hélas, cette oreille absolue. Je dort en position de foetus et j'ai tendance à me caresser le visage pour me calmer/rassurer sans même m'en rendre compte. Il est vrai que c'est surement une manière de fuir le monde adulte, mais comment faire quand on est obligé de se confronter a ce monde adulte pour survivre ?

Ensuite, j'ai réfléchit concernant des tocs possibles. Et je me rend compte que tu as raisons, bien que jamais réellement fait attention. J'ai en effet des petits gestes discret à des moments de la journée qui me permettent de me sentir mieux et de me détendre. Comme jouer systematiquement un peu avant de demarer la journée, jouer un peu en rentrant par exemple. J'ai aussi la manie de systematiquement acheter une bouteille de coca ou autre, froide en rentrant chez moi. Et j'ai besoins d'avoir toujours un truc a grignoter en rentrant de journée. Sinon je me sent mal... Vraiment bizzare, d'autant plus que je viens seulement de m'en rendre compte en tentant l'experience à l'instant.

Et concernant les rapports intimes... J'avais le meme ressentis que toi avant, celà me dégoutait. Mais je suis tombé vraiment amoureux d'une personne et j'ai sut me donner sans dificultée tellement j'étais en confiance avec elle et j'adorai ça... Pas forcément le plaisir en lui même, mais le fait de me sentir aimé, de montrer que j'aime aussi et avoir un contact très proche que j'ai accepté donc déscide.
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Re: 25 ans ... Et autiste

Message par realTMX » Jeu Oct 23, 2014 11:29

Salut Away,

Les railleries, les moqueries en cours, je connais pour les avoir subies au quotidien. Je prends tout au premier degré pourtant je me moque bien de moi-même mais c'est faire preuve d'humour. Je ne voulais jamais aller au tableau, prendre la parole ou aller en sport à cause de ça. A la récréation, je tentais d'éviter le plus possible les autres car je ne pouvais plus les supporter. Comme je ne savais ni ne pouvais me défendre, ma sœur, plus jeune que moi de deux ans mais plus grande d'une tête, prenait ma défense. J'étais très petit lorsque j'étais au collège ce qui m'a posé bien des tracas. Je ne mangeais pas à la cantine à cause des autres et mangeais dans un self-service. Mais même au self, je faisais en sorte que personne ne se mette à ma table, prétextant qu'une autre personne allait me rejoindre, ce qui était faux. Sur ce point, je mentais mais c'était uniquement pour me protéger du danger.

L'introspection fait parti intégrante de notre syndrome. En fait, c'est cela qui nous fait avancer même si cela entraîne une phase dépressive. Se remettre en question n'est pas chose aisée mais c'est une nécessite et c'est aussi une force dont nous disposons. Après la remise en question, on se sent mieux car celle-ci amène une meilleure connaissance de soi. Nous autres Aspies sommes plus lucides sur nous-mêmes que les gens "normaux" et c'est aussi la raison pour laquelle nous souffrons plus. Les NTs ne se remettent que très rarement en question, considérant que le problème ne vient pas d'eux mais de ceux qui sont différents d'eux. C'est, du reste, une forme d'intolérance qu'ils pratiquent bien trop fréquemment.

Concernant le manque d'empathie, je peux confirmer que les Aspies en ont et certainement plus que les NTs. Seulement, ils ne l'expriment pas de la même façon. C'est pourquoi les NTs nous considèrent distants et froids. Comme nous intériorisons et intellectualisons tout, nous sommes quelques fois maladroits pour exprimer cet empathie. Nous sommes plus intellectuels qu'émotionnels et çà, les NTs ne le comprennent pas parce qu'ils n'en sont tout simplement pas capables. Sur ce point, ils sont handicapés mais ne se considèrent pas comme tel puisque représentant la majorité.

Concernant les symptômes, sache que tout le monde possède des traits autistiques et neurotypiques. Personne n'est à 100% Aspie ou 100% NT, c'est impossible. Tout n'est pas tout blanc ou tout noir. Seulement, essaye de faire comprendre à un NT qu'il est aussi un peu autiste et il te rira au nez alors que c'est pourtant la vérité. J'ai fait passer le test à ma mère adoptive qui est NT. Elle a obtenu 66/200 en score Aspie (178/200 dans mon cas) alors que je n'ai que 55/200 en score NT. Conclusion, elle est plus autiste que je ne suis NT. :wink:

En ce qui concerne la mémoire, c'est là un de mes points forts. Sur ce point, je fais des envieux. Au travail, je me souviens qu'au début, alors que les autres collègues utilisaient un IDE comme Eclipse, j'utilisais un simple bloc note pour coder en Java. Comme j'avais mémorisé les fonctions, j'avais le temps de taper trois ou quatre fois la fonction avec tous les paramètres le temps que mes collègues sélectionnent la fonction dans Eclipse. Résultat, j'avais le temps de faire 3 écrans de l'application alors que les autres n'avait pas encore fait leur écran. En plus, j'allais les aider. Il faut dire que j'étais très organisé et que j'avais tout découpé en tâche (mise en place d'une routine autistique alors que j'ignorais l'être à cette époque). Les routines autistiques sont quelques fois contraignantes mais pas tout le temps. C'est bien pour cela que les Aspies sont si recherchés dans les pays nordistes et qu'ils disposent d'un statut spécial. Évidemment, en France, on est à la traine comme d'habitude et ça n'évolue que très peu.
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Re: 25 ans ... Et autiste

Message par Seolanne » Lun Nov 10, 2014 16:26

Tiens realTMX, je me retrouve dans ce que tu dis, au collège j'étais l'anormale, 0 en maths et 20 en ce qui est devenu plus tard la physique. Lors des contrôles de dessin industriel je finissais le travail très proprement en 30 mn à l'encre de chine, puis j'allais aider ceux qui n'y arrivaient pas, je leur expliquais comment pourquoi, parfois même j'esquissais à la main, le prof me laissait faire. J'avais la chance d'être dans une classe avec un nombre impair d'élèves, donc, il y avait un qui travaillait seul, ce un, c'était moi, c'était mon choix, sinon, je m'énervais contre l'incompréhension de mon binôme. Le plus difficile, le travail en groupe. je préférais prendre ma part de travail, le faire seule et le rajouter à celui des autres. Ce n'est pas vraiment une intégration.

Je savais très bien que les autres profitaient de moi, mais je m'en fichais complètement. Quelque part, je prouvais que j'étais très bonne quelque part. Au point qu'au BEPC (devenu brevet des collèges), j'avais pris l'option techno (physique maintenant) et j'étais la première fille en France à le faire, l'examinateur ne voulait pas me recevoir, et les garçons de ma classe disaient, mais si, c'est même la meilleure de la classe, et l'examinateur me chassait, j'ai dû le menacer d'appeler le président du Jury, la principale pour prouver que j'étais la fille qui avait pris option techno. J'en rigole encore.
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Re: 25 ans ... Et autiste

Message par sanju » Mer Fév 11, 2015 23:14

Je partage tous vos propos, de plus je mets en parallèle ma propre personnalité avec tous les points que vous avez placés dans vos messages. Je ne saisis pas le sens d'une existence si particulière qu'est la mienne parmi un ensemble de personnes si peu passionnées et peu passionnantes. Je me pose aussi la question de savoir pour quelles raisons je reste au sein de mes congénères alors que je sais qu'il y n'a pas de place pour moi puisque je saisis pas comment fonctionnent les connexions humaines. Le problème est que je subis une double peine : je suis autiste Asperger et surdouée ! Subséquemment, je représente moins de 0,4 % de la population mondiale ! Je ressens alors un sentiment d'insécurité si insondable que je suis un traitement contre l'anxiété, de surcroît je possède un ours en peluche alors que j'ai 32 ans parce qu'il m'apaise lorsque je subis des flux de pensées intempestifs - plus que d'habitude (c'est dire l'intensité).
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Re: 25 ans ... Et autiste

Message par realTMX » Jeu Fév 12, 2015 14:39

sanju a écrit :Je partage tous vos propos, de plus je mets en parallèle ma propre personnalité avec tous les points que vous avez placés dans vos messages. Je ne saisis pas le sens d'une existence si particulière qu'est la mienne parmi un ensemble de personnes si peu passionnées et peu passionnantes. Je me pose aussi la question de savoir pour quelles raisons je reste au sein de mes congénères alors que je sais qu'il y n'a pas de place pour moi puisque je saisis pas comment fonctionnent les connexions humaines. Le problème est que je subis une double peine : je suis autiste Asperger et surdouée ! Subséquemment, je représente moins de 0,4 % de la population mondiale ! Je ressens alors un sentiment d'insécurité si insondable que je suis un traitement contre l'anxiété, de surcroît je possède un ours en peluche alors que j'ai 32 ans parce qu'il m'apaise lorsque je subis des flux de pensées intempestifs - plus que d'habitude (c'est dire l'intensité).


Je suis pareil que toi Sanju. Je ne sais pas encore exactement ce que je suis. Je ne le saurai que dans un mois aujourd'hui même. Je trouve la conversation des autres (NTs) absolument superficielle et sans intérêt. Pour les autres, l'important c'est de parler de foot, de la dernière pub à la mode, de ce qu'ils ont regardé récemment à la TV. Ça ne m'intéresse absolument pas et je n'ai pas envie de me mêler à la conversation. De toute façon, ils ne me laissent pas parler, trop concentrées sur leur propre conversation futile.

Concernant l'insécurité, je te comprends et tu n'est pas le seul à avoir un ours en peluche. J'aurai 42 ans dans quelques mois et je ne peux pas dormir sans mon nounours ni mon doudou. D'ailleurs, j'ai toujours un doudou avec moi. Certes, il reste dans ma poche mais je me sens plus confiant quand je l'ai avec moi. Et le soir, au moment de regarder mon film ainsi que pour m'endormir, je le sors et suce mon pouce en le tenant tendrement serré dans ma main gauche. Je suis également sous anxiolytique car je ne peux dormir sans à cause de mon cerveau qui ne veut pas se mettre en pause.

Ce n'est pas facile tous les jours. :(
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Message par sanju » Jeu Fév 12, 2015 15:01

@realTMX : En effet, l'existence quotidienne est éreintante en raison de cette production permanente de pensées et de nos particularités. Ma principale peur s'avère de perdre mes parents auxquels je suis attachée parce que je les aime profondément et qu'ils savent ma personnalité ; ils possèdent les paroles appropriées pour m'apporter un certain apaisement. Je sais que sans eux je ne serais plus rien ; je n'ai pas envie d'exister sans eux. :cry:
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Message par realTMX » Jeu Fév 12, 2015 16:44

sanju a écrit :@realTMX : En effet, l'existence quotidienne est éreintante en raison de cette production permanente de pensées et de nos particularités. Ma principale peur s'avère de perdre mes parents auxquels je suis attachée parce que je les aime profondément et qu'ils savent ma personnalité ; ils possèdent les paroles appropriées pour m'apporter un certain apaisement. Je sais que sans eux je ne serais plus rien ; je n'ai pas envie d'exister sans eux. :cry:


Je suis pareil que toi. J'appréhende beaucoup ce moment. Même si ce ne sont pas mes parents biologiques. Je suis fortement dépendant d'eux. Je ne sais pas trop ce qu'aimer signifie au niveau des sentiments. C'est quelque chose de trop complexe à comprendre, mais j'éprouve quelque chose d'intense pour eux et je ne sais comment je serai lorsqu'ils ne seront plus là. Je serai seul et abandonné à nouveau. :cry:
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Re: 25 ans ... Et autiste

Message par sanju » Jeu Fév 12, 2015 17:32

@realTMX : il est vrai que la notion d'amour s'avère notoirement difficile à décrire. Je ne sais pas ce qu'elle signifie, mais je suppute qu'il s'agit de ce sentiment que j'éprouve à l'endroit de mes parents et de mon frère. J'ai souvenance d'au moins deux personnes qui m'ont affirmé : "Tu ne sais pas aimer". Ainsi, cela confirme que je ne comprends pas la composition des émotions et des sentiments ; j'ai essayé, cependant j'ai cessé un tel effort car cela m'échappera encore et toujours. Je pense malgré tout que j'aime mal mes parents parce que je les infantilise tant j'ai peur de les perdre ! De plus, je prends trop soin d'eux ; je perçois que cela les étouffe. Le problème (quoiqu'il ne s'agisse pas d'un problème pour moi mais plus pour eux) est que j'habite avec eux parce que je suis en quête d'un emploi. Par conséquent, ma couvade est peut-être encore plus pénible ! :( Je ne culpabilise pas car j'ai effectué certains efforts, en outre je les aide beaucoup au quotidien.
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Re: 25 ans ... Et autiste

Message par realTMX » Ven Fév 13, 2015 9:59

sanju a écrit :@realTMX : il est vrai que la notion d'amour s'avère notoirement difficile à décrire. Je ne sais pas ce qu'elle signifie, mais je suppute qu'il s'agit de ce sentiment que j'éprouve à l'endroit de mes parents et de mon frère. J'ai souvenance d'au moins deux personnes qui m'ont affirmé : "Tu ne sais pas aimer". Ainsi, cela confirme que je ne comprends pas la composition des émotions et des sentiments ; j'ai essayé, cependant j'ai cessé un tel effort car cela m'échappera encore et toujours. Je pense malgré tout que j'aime mal mes parents parce que je les infantilise tant j'ai peur de les perdre ! De plus, je prends trop soin d'eux ; je perçois que cela les étouffe. Le problème (quoiqu'il ne s'agisse pas d'un problème pour moi mais plus pour eux) est que j'habite avec eux parce que je suis en quête d'un emploi. Par conséquent, ma couvade est peut-être encore plus pénible ! :( Je ne culpabilise pas car j'ai effectué certains efforts, en outre je les aide beaucoup au quotidien.


De mon côté, ma maman me dit souvent "Il n'y a rien qui trouve grâce à tes yeux". J'ai beaucoup de mal à faire des compliments et à dire "Je t'aime" à quelqu'un peut-être parce que j'ai peur de ne pas être sincère. Et pour moi, la sincérité est quelque chose de très important car c'est la base essentielle du respect. Par contre, j'aime bien faire des câlins à ma maman mais ça dépend les moments. En ce moment, c'est le cas.

J'ai habité chez mes parents pendant près de 40 ans. Maintenant, je suis chez moi mais je reviens chez mes parents le week-end. Je ne peux pas rester seul et j'ai l'habitude de voir mes amis le samedi après-midi. Par contre, je n'infantilise pas mes parents, c'est moi qui suis infantile pas eux. Cela dit, je fais attention à mon père car il fait des choses qui ne sont plus de son âge mais ni moi ni ma mère n'arrivons à le raisonner.
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Re: 25 ans ... Et autiste

Message par sanju » Ven Fév 13, 2015 12:14

realTMX a écrit :
sanju a écrit :@realTMX : il est vrai que la notion d'amour s'avère notoirement difficile à décrire. Je ne sais pas ce qu'elle signifie, mais je suppute qu'il s'agit de ce sentiment que j'éprouve à l'endroit de mes parents et de mon frère. J'ai souvenance d'au moins deux personnes qui m'ont affirmé : "Tu ne sais pas aimer". Ainsi, cela confirme que je ne comprends pas la composition des émotions et des sentiments ; j'ai essayé, cependant j'ai cessé un tel effort car cela m'échappera encore et toujours. Je pense malgré tout que j'aime mal mes parents parce que je les infantilise tant j'ai peur de les perdre ! De plus, je prends trop soin d'eux ; je perçois que cela les étouffe. Le problème (quoiqu'il ne s'agisse pas d'un problème pour moi mais plus pour eux) est que j'habite avec eux parce que je suis en quête d'un emploi. Par conséquent, ma couvade est peut-être encore plus pénible ! :( Je ne culpabilise pas car j'ai effectué certains efforts, en outre je les aide beaucoup au quotidien.


De mon côté, ma maman me dit souvent "Il n'y a rien qui trouve grâce à tes yeux". J'ai beaucoup de mal à faire des compliments et à dire "Je t'aime" à quelqu'un peut-être parce que j'ai peur de ne pas être sincère. Et pour moi, la sincérité est quelque chose de très important car c'est la base essentielle du respect. Par contre, j'aime bien faire des câlins à ma maman mais ça dépend les moments. En ce moment, c'est le cas.

J'ai habité chez mes parents pendant près de 40 ans. Maintenant, je suis chez moi mais je reviens chez mes parents le week-end. Je ne peux pas rester seul et j'ai l'habitude de voir mes amis le samedi après-midi. Par contre, je n'infantilise pas mes parents, c'est moi qui suis infantile pas eux. Cela dit, je fais attention à mon père car il fait des choses qui ne sont plus de son âge mais ni moi ni ma mère n'arrivons à le raisonner.


Pour ma part, je n'ai pas d'amis parce que je ne connais pas et je ne comprends pas les rudiments pour créer une amitié. Je ne suis pas misanthrope mais je ne saisis simplement pas la plupart des postures à adopter afin de créer un contact. De plus, je m'ennuie promptement quand je suis avec d'autres personnes ; je me déconnecte des conversations après trente minutes de discussion ; je pars dans mes pensées. D'autre part, je constate que la plupart des personnes agissent dans la perspective que l'autre leur rende la pareille ; j'abhorre ce procédé. Enfin, il m'est pénible d'écouter les problèmes des autres.
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Re: 25 ans ... Et autiste

Message par thevenet-jean » Ven Fév 13, 2015 18:11

On m'a appris aujourd'hui que je souffrais d'une forme d'autisme. Le syndrome Asperger.

Ça peut être un diplôme a faire valoir.
Moi je l'ai eu trop tard pour m'intégrer dans le monde du travail, alors je suis allé vivre dans près d'un contact avec la nature, avec peu de contraintes, ce qui me permet de vivre d'une façon plus stable.
Pour ma part, je n'ai pas d'amis parce que je ne connais pas et je ne comprends pas les rudiments pour créer une amitié.


J'ai peut être expérimenté quelque rudiments..
http://amisjusquaubout.free.fr/

Cela m'a permis de comprendre quelque chose du film Shrek, qui était complètement obscur avant cette expérience.
J'ai crut comprendre que les adultes et même les enfants au delà de 6 ans qui copient les adultes, ont peur d'aimer, sabotent l'amitié pour ne pas toucher à leur émotions d'enfance, se protègent de plus en plus de ces sentiments bloqués depuis l'enfance, et que tous ses comportements bizarres des NT surtout ne sont qu'un fire wall anti amitié pour justement, empêcher une amitié de devenir profonde..
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Re: 25 ans ... Et autiste

Message par sanju » Sam Fév 14, 2015 22:59

thevenet-jean a écrit :
J'ai crut comprendre que les adultes et même les enfants au delà de 6 ans qui copient les adultes, ont peur d'aimer, sabotent l'amitié pour ne pas toucher à leur émotions d'enfance, se protègent de plus en plus de ces sentiments bloqués depuis l'enfance, et que tous ses comportements bizarres des NT surtout ne sont qu'un fire wall anti amitié pour justement, empêcher une amitié de devenir profonde..


Cette idée me paraît intéressante parce qu'elle apporte une nouvelle piste de réflexion. Pourtant, je n'y adhère pas complètement ; je me méfie certes des émotions mais je n'éprouve pas l'envie d'avoir des amis - cela implique certaines contraintes sociales que je n'aime pas. Par contre, je cherche une compagne avec laquelle les relations seraient exclusives et profondément complices ; qu'on partage un maximum de traits de personnalité.
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Re: 25 ans ... Et autiste

Message par thevenet-jean » Dim Fév 15, 2015 9:33

je me méfie certes des émotions mais je n'éprouve pas l'envie d'avoir des amis - cela implique certaines contraintes sociales que je n'aime pas. Par contre, je cherche une compagne avec laquelle les relations seraient exclusives et profondément complices ; qu'on partage un maximum de traits de personnalité.


je n'éprouve pas l'envie d'avoir des amis - cela implique certaines contraintes sociales que je n'aime pas.
Ce n'empêche pas d'avoir BESOIN d'amitié, l'envie-perdue associée aux contraintes abouti à la négation d'un besoin de quelque chose alors inatteignable.

je me méfie certes des émotions mais je n'éprouve pas l'envie d'avoir des amis
Se méfier des émotions SUPPRIME l'envie d'avoir des amis... Les amis sont en effet les révélateurs de ses émotions puisque c'est ÇA qu'on partage le plus avec eux avec la complicité d'un même vécu.


Par contre, je cherche une compagne avec laquelle les relations seraient exclusives et profondément complices ; qu'on partage un maximum de traits de personnalité.

Moi aussi j'ai été comme cela, mais l'ennui c'est que la compagne ne partageais pas la complicité physique: en particulier elle était une femme et moi un homme, et ne pouvait pas être complice comme le serait un double de moi même frère jumeau..
qu'on partage un maximum de traits de personnalité implique de partager aussi un maximum de trait physiques car personnalité et physiques sont liés et indissociables.
la différence sexuelle devient... une différence qui empêche de partager cette complicité vraiment.
En fait c'est le besoin d'homaffectivité qui est simplement un grand Amour avec un autre comme soi même: à l'origine sa mère, puis son père, puis son frère, ou son meilleur ami... bien avant qu'il soit question de "baiser.

J'insiste sur le fait que la peur d'aimer ses amis est induite par deux grandes peurs induites socialement
- l'homophobie qui du coup induit l'homosexualité.
- la peur de ne pas être adulte idéal qui du coup induit l'infantilisme dans toute relation de couple ou de groupe.
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Re: 25 ans ... Et autiste

Message par sanju » Lun Fév 16, 2015 13:06

Ce n'empêche pas d'avoir BESOIN d'amitié, l'envie-perdue associée aux contraintes abouti à la négation d'un besoin de quelque chose alors inatteignable.
Je comprends ce propos, pourtant je n'ai jamais éprouvé l'envie d'avoir des amis depuis que je suis une enfant ! Si je songe à cet état de fait avec un certain recul, je me fais la réflexion que je me sentirais peut-être mieux auprès de personnes qui partagent le même trouble Asperger que moi ; il faudrait au moins que j'essaie.

Se méfier des émotions SUPPRIME l'envie d'avoir des amis... Les amis sont en effet les révélateurs de ses émotions puisque c'est ÇA qu'on partage le plus avec eux avec la complicité d'un même vécu.
Les émotions s'avèrent aussi néfastes que les passions parce qu'elles nuisent à la raison. De plus, je n'ai jamais aimé partager mes expériences et mon espace personnel ; cela m'appartient et je ne changerais pas de posture. :P

Moi aussi j'ai été comme cela, mais l'ennui c'est que la compagne ne partageais pas la complicité physique: en particulier elle était une femme et moi un homme, et ne pouvait pas être complice comme le serait un double de moi même frère jumeau..
qu'on partage un maximum de traits de personnalité implique de partager aussi un maximum de trait physiques car personnalité et physiques sont liés et indissociables.
la différence sexuelle devient... une différence qui empêche de partager cette complicité vraiment.
En fait c'est le besoin d'homaffectivité qui est simplement un grand Amour avec un autre comme soi même: à l'origine sa mère, puis son père, puis son frère, ou son meilleur ami... bien avant qu'il soit question de "baiser.

Je ne l'ai pas précisé mais je suis une femme qui aime les femmes. :wink:
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Re: 25 ans ... Et autiste

Message par thevenet-jean » Lun Fév 16, 2015 16:50

Je ne l'ai pas précisé mais je suis une femme qui aime les femmes

cela confirmerait que la recherche de "l'autre comme soit même" domine dans le besoin d'affectif
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Re: 25 ans ... Et autiste

Message par sanju » Lun Fév 16, 2015 20:37

thevenet-jean a écrit :
Je ne l'ai pas précisé mais je suis une femme qui aime les femmes

cela confirmerait que la recherche de "l'autre comme soit même" domine dans le besoin d'affectif

Oui, je recherche une personne qui soit quelque part le prolongement de ma personnalité. Je ne sais pas si cela possède un sens particulier ! :)
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