CRA Nice, des expériences ?

Espace libre de discussion.

CRA Nice, des expériences ?

Message par Ella06 » Jeu Fév 27, 2014 17:46

J'avais RV aujourd'hui, suite à une prise de contact téléphonique il y a plus de 6 mois. Cet été comme il y a quelques semaines lorsque j'avais été contactée pour le RV j'avais trouvé l'écoute "très attentive". Mon interlocutrice m'avait précisé qu'il s'agirait d'un "entretien d'une heure".

Deux femmes m'ont reçue, les noms annoncés. Une psychiatre d'environ 60 ans et une psychologue de 30/35 ans. J'ai dû attendre 10 ou 15'.

Aimables, mais aussi gênées aux entournures, c'est difficile à expliquer. Mais je peux comprendre.

Je savais pour l'avoir lu ici que ce serait sans doute difficile. Aussi j'avais préparé une liste écrite de points auxquels je me suis appuyée lorsque la plus âgée, qui menait l'entretien, m'a demandé ce qui expliquait ma prise de contact.

J'avais l'impression que ça se passait bien, j'étais très concentrée à essayer de bien répondre aux questions (dont j'avais un peu anticipé la nature). "Est-ce que vous pouvez donner des exemples de situations sociales difficiles," m'a-t-il été demandé par exemple. Je m'appliquais à être honnête et très sincère, même si ce n'était pas à mon honneur, même si je ressentais beaucoup d'humiliation. "Est-ce qu'au travail vous faites preuve d'empathie ?" "J'essaie de faire ce que je sais que les autres font en appliquant les codes sociaux, comme je me suis débrouillée pour les apprendre". "Est-ce que vous réagissez à ce que vous entendez à la télévision, par exemple un chat torturé ou la situation des gens en Afrique* (sic) ? J'étais aussi étonnée que gênée.""Honnêtement non. Un chat torturé à côté de moi, oui peut-être, cependant pas au point de me mettre en danger moi-même".

L'entretien avait débuté à peine 15 minutes plus tôt, le verdict est tombé suite à cette question.

Bon alors je peux vous dire que vous n'avez rien qui relève du spectre autistique.

Même si on est surradapté, même en situation de performance, même si on a appris les codes ?

Réponse catégorique (et je ne sais pas comment dire, un peu "apeurée" en même temps)

Non, rien de tout ça.
Vous répondez trop bien.
Vous regardez dans les yeux.
Vous réagissez par des mimiques.
J'ai étudié 800 cas et je peux vous dire qu'une personne présentant des troubles envahissants du développement ne réagit JAMAIS avec des mimiques.


Avec ça qu'est-ce que je pouvais répondre !

Montre en main 15 minutes.

Aucune espèce d'empathie
Aucune reconnaissance de ma souffrance, de mon enfermement mental
Aucune évocation d'une autre piste
Aucune prise en compte de la détresse, de la solitude que j'exprimais
Aucune référence au dossier psy que j'avais scannée et envoyé où il est fait état de "trouble grave de la personnalité" sans que jamais j'aie pu obtenir plus de précision sur la nature du trouble.
Aucun conseil, aucune question sur ma psy, rien, rien de rien !
Aucune évocation d'une suite quelconque, rien, le vide intersidéral.
Aucun courage pour me dire que l'entretien était fini. Il a fallu que ce soit moi qui leur demande "Et alors ?"
Aucun questionnaire, aucun test, r i e n.

Mon impression ? Pas l'habitude des cas un peu subtils, déjà trop compliqué pour elles. Habituées aux cas lourds, campant sur des certitudes simplettes de type "mimiques = TED impossible" . Envie d'alléger leur planning, d'éliminer des dossiers.

Aucun diagnostic, aucune demande de ce que j'espérais, le degré zéro de l'humain.

Curieuse de croiser cette expérience avec celle d'autres personnes.

* Curieusement à deux reprises elle a ramené cet exemple de situation, " l'Afrique, sans parler de politique" ( :?: :?: :?: ), que j'ai évité de relever tant je me sentais peu concernée tout en sentant qu'il y avait là quelque chose dont il était attendu que je me saisisse (quoi aucune idée). Je crois que la seconde fois c'était pour bien se faire confirmer ma première réaction d'indifférence. Dès que j'ai confirmé, elle a assené son verdict. En même temps je trouve ça complètement idiot "la situation des gens en Afrique" ça ne veut rien dire.
Dernière édition par Ella06 le Sam Mars 01, 2014 14:05, édité 1 fois.
Ella06
Nouveau
 
Message(s) : 25
Inscription : Jeu Jan 24, 2013 22:48
Localisation : Cannes

Re: CRA Nice, des expériences ?

Message par Ambivalence » Jeu Fév 27, 2014 19:42

.
Dernière édition par Ambivalence le Mer Mars 12, 2014 13:52, édité 1 fois.
Ambivalence
Regulier
 
Message(s) : 100
Inscription : Ven Août 09, 2013 22:38

Re: CRA Nice, des expériences ?

Message par Jhaal » Jeu Fév 27, 2014 20:32

Je suis partagé sur les CRA. Pâtes mon diagnostique j'en avait une bonne opinion, parce-que ça s'est bien passé.
Mais une amie est allée se faire diagnostiquer récemment. D'après
Ce que j'observe, elle a plus de difficulté que moi en société et des particularités très marquées.
Mais elle s'est retrouvée face a une équipe dont les rôles étaient différent que pour mon entrevue, et la personne qui s'est occupé de son dossier a manifesté de nombreux signes de misogynie et une forme de grossièreté dans ses conclusions. Par ailleurs le dossier bilan comportait de nombreuses erreurs par rapport au récit apporté par mon amie.
Pour autant les test qui ont eu lieu ont démontré une doua ce très très marquée et de nombreuses spécificités liées aux tsa.
Mais sans la conclusion du psy, rien n'y faisait reference. C'est comme si les tests et les conclusions concernaient deux personnes différentes.
Deux conclusions se sont imposées a mois d la psychiatrie est misogyne.
Et ensuite le fait est que concernant l'autisme, la France est a la ramasse et ce n'est pas pour rien qu'elle a subis de nombreuses remontrances des institutions internationnales.
Avatar de l’utilisateur
Jhaal
Passionné
 
Message(s) : 1656
Inscription : Mer Déc 19, 2012 11:52
Localisation : limousin


Retour vers ESPACE ASPERGER ADULTES

Qui est en ligne ?

Utilisateur(s) parcourant ce forum : MSN [Bot] et 1 invité

cron