Mimétisme et (ses) limites

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Mimétisme et (ses) limites

Message par Invité » Sam Mai 17, 2008 8:34

Depuis que je me soupçonne d'être Aspie, j'ai beaucoup réfléchit à mes relations avec les gens.
Comment je me comportais, pourquoi, et ce que je ne sais pas faire.

A l'évidence, comme beaucoup d'entre vous, j'ai imité. Sans forcément en avoir conscience, c'est une seconde nature, depuis toujours, j'observe comment les gens se comportent pour apprendre ce qu'est la communication entre être humains.

Par certains côtés, c'est une réussite, même s'il y a des petits bémol.

Je prends l'exemple du téléphone : j'étais très très mal à l'aise au téléphone, ne sachant jamais quoi dire ni comment le dire.
En 2000, 1er boulot, et là j'ai la chance de bosser pour une femme qui est à l'inverse de moi, très douée pour la communication, et qui en plus aimait partager ce qu'elle savait. Je l'ai beaucoup observée quand elle téléphonait, elle arrivait à obtenir à peu près n'importe quoi avec un coup de fil.
J'ai reproduit, avec + ou - de succès au départ, jusqu'à réussir à paraître à peu près normale au téléphone.
Avec quelques précautions : il faut impérativement que, avant de passer un coup de fil, je répète dans ma tête ce que je dois dire, les termes à employer.
Si j'oublie de le faire, parce que c'est mon 20ème coup de fil de la journée, bafouillage garantit.
Mais ça aussi j'ai appris à le gérer, je me dépêche d'en rire, et de plaisanter en accusant la fatigue, le temps...ce qui me vient.
Par contre, contrairement à Joseph, qui nous a raconté lors du café qu'il émettais des sons parce que c'est ce que les gens font, ça je ne le fais pas, et, de temps en temps, j'ai quelqu'un au tél qui s'inquiète, qui me dit "allo, vous êtes toujours là :lol: :lol: :lol: ? "

Bref, en résumé, avec beaucoup d'observation, d'imitation, je m'en sors, même si c'est loin d'être parfait. C'est suffisant, du moins.

Le soucis c'est que finalement, de même que pour le téléphone je n'arrive pas à aller plus loin, je sais me comporter avec les gens, mais de manière superficielle.
Je suis capable d'être polie, tout ça, éventuellement de parler de la pluie et du beau temps.

Mais...........c'est tout.

Je viens de me faire lourder de ma 7ème boîte, malgré, dixit mon employeur, le fait que je sois irréprochable professionnellement.
C'est mon comportement qui cloche.

Le premier problème c'est que, comme je suis plus logique que la moyenne des gens, ça me rend plutôt plus compétente (je suis comptable).
Du coup, assez rapidement, mes employeurs se disent que je suis intelligente, sans comprendre que c'est loin d'être aussi simple et, lors de mes boulettes relationnelles, s'imaginent que je cherche à les manipuler :? ils n'imaginent pas que mon "intelligence sociale" est inversement proportionnelle à mon "intelligence logique".

Bon j'arrête de raconter ma vie, pour passer à ce qui me chagrine, et me pourrit vraiment la vie.

Je ne suis pas capable, dans mes relations, de poser les limites.
Je ne sais pas quand le faire, ni comment.

Naturellement, je suis une brave fille. Le genre qu'on décrit, je crois, comme "gentille" (avec tout ce que ça sous-entend d'ailleurs). En plus, je suis plutôt serviable.
Or, quand j'arrive dans une nouvelle entreprise, forcément, les gens me testent. Normal j'imagine, ça permet de savoir ce que la personne " a dans la tête".

Et, inévitablement, il a toujours quelqu'un qui, puisque je suis une brave fille, en usent et en abusent.

Le problème c'est que je m'en aperçois plutôt trop tard, que de toute façon je ne sais pas à quel moment il faut que je mette le holà, ni comment. Et, finalement, quand vraiment on me prend pour une boniche, alors je finit par me rebeller...et là les gens comprennent pas, et moi j'ai dépassé le stade de non-retour, je suis à ce moment-là trop désabusée par la nature humaine pour pardonner et repartir sur des bases saines (de toute façon, ça non plus je sais pas le faire).

Prenons ma dernière expérience professionnelle.
J'ai beaucoup beaucoup réfléchit au moment où j'aurai dû me "montrer".
Le type avec qui je partageais mon bureau, qui mangeait sur place des plats préparés, s'est mis à mettre dans ma poubelle ses propres emballages de bouffe. Pour ne pas remplir inutilement sa poubelle à lui j'imagine.
Quand j'y repense, je me dit que c'est à ce moment-là que j'aurai dû dire quelque chose.
Mais quoi ?
Et comment le dire ?
Aujourd'hui encore, je n'en sais rien.
Je n'ai rien dit, et bien sûr la situation a dégénérée, au point que je suis devenue sa boniche perso.
J'exagère un peu, sans doute, mais enfin dans l'esprit, de toute façon, c'était ça.
Je me suis donc fâchée, subitement, et, dès ce moment là, j'ai cessé de lui adresser la parole.
Je vous laisse imaginer l'ambiance dans la boîte.

Mais je ne sais pas quoi faire d'autre, ni comment.
Lol, je me répète là non :lol: :lol: :lol: ?

Est-ce que j'ai atteints les limites de ce que je pouvais apprendre ?
Ou est-ce que ça aussi, ça pourrait s'apprendre ?
Il n'y a pas de guide des relations humaines expliquées aux Aspis :lol: ?

Et vous, comment vous faîtes ?
Invité
 

Message par stephAne » Sam Mai 17, 2008 15:30

Bonjour Steph,

c'est Stéphane.

Je crois que la clef en tout cas en ce qui me concerne passe par une meilleure affirmation de soi.
Cela ne signifie pas dire n'importe quoi seulement utiliser le langage "je"
le plus souvent possible.
Etre franc envers soi même de manière à ne pas trahir ce que l'on pense même au risque de décevoir un petit peu.
Enoncer son point de vue (avoir le bon réflexe); dire par exemple "je ne suis pas d'accord...();je suis mécontent car je ne vois pas les choses comme ca..."
S'exprimer toujours sur un ton calme et assertif.
Ces techniques existent, elles s'appellent TCC (Techniques Comportementales Cognitives)
C'est vrai qu'il faut penser à les utiliser; une technique dont je me rappelle est la technique du "disque rayé " lorsque l'autre ne veut pas entendre raison ou pour désamorcer une situation sociale complexe.

Tu pourras te renseigner sur internet plus amplement ( TCC).

A bientot.
"le chemin de la vie est difficile, le difficile est le chemin de la vie"
stephAne
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Message par Otis » Dim Mai 18, 2008 21:23

Il y a le Marc Seger, dont on trouve des pages sur ce site.

Quant à être accusé de manipulateur, je connais ça aussi. C'est parce qu'on a des comportements artificiels. Dans notre société "manipulateur" est la pire insulte. Ils ne savent pas ce qu'ils disent. Est-ce qu'un bébé est manipulateur ? "Quoi, tu cries pour que je te nourrisse ? sale manipulateur !"
je ne suis ni pour ni contre vous, bien au contraire
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Message par Invité » Lun Mai 19, 2008 22:35

@ StephAne : j'ai jeté un oeil sur les TCC. C'est intéressant, mais je crois pas que ça ma rendra plus réactive, que ça m'aidera à comprendre les gens. Ni à me comporter avec eux.
Eventuellement, ça peut aider à donner confiance en soi....

@ Otis : pas trouvé de livre de marc Seger :( on trouve ça où ?
Invité
 

Message par josh » Mer Mai 21, 2008 3:20

je pense que l'imitation peut etre utile pour limiter les problemes d'inadaptation mais comme steph je trouve que la comprehension est
comme souvent le moyen le plus efficace.

Personellement il y'a un an j'en ai eu assez de ne rien comprendre aux réactions des autres et j'ai decidé face a une situation donnée de dire
ce que je pensais et non de reflechir a ce qu'il fallait dire.
Le caractère spontané de la parole est essentielle pour les "gens normaux", ils assimilent cela a une sorte de confiance en soi, une forme d'honneteté... En effet si la reponse est rapide on peux se dire qu'il n'y a pas eu assez de temps de reflexion pour "manipuler", c'est a dire deformer la pensée initiale, c'est tres craint car c'est souvent ce que font les menteurs.

Desormais je suis tres direct, il est certain que mes propos choquent
parfois, on me reproche de ne pas accorder assez de place a l'émotionel.
Néanmoins les gens sont interessés, bien davantage en tout cas que lorsque je m'acharnais a trouver la phrase adéquate en me basant sur l'imitation.
Très souvent les autres me donnent a leur tour leur avis, celui ci est d'ailleur souvent tres interessant car en me voyant oser ne pas formuler ce que tout le monde (ou presque) aurait dit ils se sentent autorisés a donner leur veritables opinions, souvent assez degagées des convenances sociales.
Ces échanges m'ont enormément appris sur les autres mais aussi sur moi meme (ils m'ont aidé a cerner mes besoins et les raisons de certaines de mes emotions) et je pense qu'on peux parler d'une certaine compréhension.

Steph je te conseillerais donc de dire ce que tu penses, meme si c'est
très logique et différent de ce que dise tes collègues, ton mode de
pensée peut etre une force aussi dans tes relations sociales :D
josh
 
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Message par Invité » Mer Mai 21, 2008 22:36

t'as sans doute raison Josh...
réussir à dire tout le temps ce que je pense, ou quand j'ai l'impression qu'on m'a pas comprise du tout.

pas simple, j'ai + ou - pris l'habitude de me dissimuler, me cacher, afin que les autres ne s'aperçoivent pas de ma différence.
les gens peuvent être cruels quand ils sont confrontés à la différence.....
Invité
 

Message par josh » Mer Mai 21, 2008 23:40

C'est vrai que ce n'est pas une démarche naturelle pour un aspie, le fait
de ne pas pouvoir prévoir, anticiper me génera toujours... Mais beaucoup
moins que de ne jamais dire ce que je pense (c'est extremement destructeur car on n'exprime jamais sa vraie personnalité), et puis les conséquences comme je l'ai dit semblent bien plus positives que négatives (les gens sont bien moins virulents envers moi que par le passé)

Je trouve que les aspies ont du mal a etre mesurés dans leurs actions:
tu sembles avoir jusqu'ici adopté une attitude de dissimulation extrème et la je te conseille justement l'opposé :lol:

L'idéal serait peut etre de pouvoir alterner spontanéité et imitation mais ça supposerait que l'aspie puisse apprecier au cas par cas les situations sociales et adapter son comportement en fonction de celles ci, je trouve ça difficile :wink: mais j'espère y'arriver un jour.
josh
 
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Message par Invité » Mer Mai 21, 2008 23:45

josh a écrit :Je trouve que les aspies ont du mal a etre mesurés dans leurs actions:
tu sembles avoir jusqu'ici adopté une attitude de dissimulation extrème et la je te conseille justement l'opposé :lol:


tout à fait, je suis très extrème dans mes comportements. Et dans mes sentiments d'ailleurs. J'aime ou j'aime pas, pas de milieu.
Et idem pour tout le reste....
Quand j'y pense, je suis pas très facile à vivre je crois :lol:

Mais mes chiens le vivent très bien ceci dit, ça leur convient bien ma personnalité carrée, qui ne change pas d'avis sur ce qui se fait ou ne se fait pas.
Invité
 

Message par josh » Mer Mai 21, 2008 23:54

:D Ce sont des qualités de chef: la capacité de prendre des decisions, le coté fiable... Je reste persuadé que ce n'est pas utile que dans le monde des chiens
josh
 
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Message par Otis » Sam Mai 24, 2008 0:01

On trouve Marc Segar sur le lien "syndrome Asperegr et autisme haut niveau" en post-it, il est nommé directement dans le titre. Qlq chapitres ont été traduits, et ça donne une bonne idée
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Message par flo106 » Sam Mai 24, 2008 1:09

Ben moi je trouve que l'imitation peut être une grosse source de déceptions! On a pas le choix si on veux communiquer un minimum, mais lorsque l'on atteint nos limites, que notre interlocuteur se rend compte que "quelque chose cloche", qu'est ce que c'est dur de voir son regard sur nous changer.

Enfin je sais pas si je suis aspie ou pas mais en tout cas moi aussi je comprends rien aux gens et je les imites.
flo106
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Message par Otis » Dim Mai 25, 2008 14:00

disons qu'il y a l'imitation bête, à éviter, et celle qui enr éalité est l'apprentissage. Imiter les grands, les maîtres, c'est apprendre. Imiter des grimaces d'un inconnus, c'est bête.

Quand on arrive à parler vrai, à dire ce que l'on sent vraiment, on se sent mieux, et on attire la sympathie, mais c'est pas facile. Moi la plupart du temps je crois trop devoir dire ce qu'on attend de moi, et quand je me lâche, souvent je dis des bêtises que je regrette, c'est un problème !! :roll:
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Message par Invité » Dim Mai 25, 2008 18:02

Otis a écrit :disons qu'il y a l'imitation bête, à éviter, et celle qui enr éalité est l'apprentissage. Imiter les grands, les maîtres, c'est apprendre. Imiter des grimaces d'un inconnus, c'est bête.

Quand on arrive à parler vrai, à dire ce que l'on sent vraiment, on se sent mieux, et on attire la sympathie, mais c'est pas facile. Moi la plupart du temps je crois trop devoir dire ce qu'on attend de moi, et quand je me lâche, souvent je dis des bêtises que je regrette, c'est un problème !! :roll:


oui tout à fait.

Quand je parle de mimétisme, c'est pas jouer au perroquet. Mais reproduire, dans d'autres situations, des comportements que j'ai observé. Et cru comprendre.
Mais, malheureusement, je finis toujours par faire des bourde, sans doute parce que je n'ai pas conscience que les gens en "lisent" bien plus que ce que moi je veux dire.

Tenez, 2 exemples assez embarassants.

Ma précédente boîte, assez vite j'ai découvert que mon employeur était du type plutôt sympa, avec peu d'autorité.
De part mon poste, on a passé beaucoup de temps à bosser ensemble. On s'est même mis à discuter de choses non professionnelles. Enfin, surtout lui en réalité, moi dans ces cas-là, j'écoute.
A un moment, sans que j'en ait conscience, lui s'est imaginé que notre relation ne s'arrêtait pas là.
Il n'a pas eu le temps de me faire ouvertement des avances, mais a réagit très viollemment quand j'ai noué des relations purement amicales avec un type de la boîté d'à côté.
C'est typique.
Dans tout ce que je n'ai pas dit, lui s'est fait des films. Et moi, la reine de la naïveté, je n'ai rien vu, je n'ai donc pas pu le détromper (enfin, je ne sais pas comment on fait ça d'ailleurs.....mais je n'en suis même pas là de toute façon :roll: )

Un autre exemple.
Je suis LA sauvage du village.
Je ne sors jamais dans mon village, ne participe pas aux manifestations.
Résultat, ça fait près de 3 ans que je vis ici et je ne connais personne.
Hier, était organisée une journée "nettoyage de printemps" où on était tous appelé à venir donner un coup de main, pour le débroussaillage, les travaux de peinture, etc...
j'y suis allée, pour moi juste la journée, je ne voulais pas assister au barbecue organisé en soirée.

Mais voilà, j'ai bossé toute la journée avec un gars, et puis je n'ai pas réussit à dire aux gens qui me disaient "à ce soir" que je ne voulais pas venir.
J'y suis donc allée, pensant rester dans mon coin.
Sauf que les gens sont curieux. Très très curieux. La soirée a donc commencé par un défilé de gens qui me demandent où je bosse, ce que je fais dans la vie, et qui commente qu'ils me connaissaient pas, mais que mon chien fait peur :lol:
Très nulle dans ce genre de situation sociale, j'écoute attentivement, et c'est tout.
Et, inévitablement, un preu chevalier, sous les traits d'une brave mamie ou d'un brave papi, me prend sous son aile, court me chercher les petits gâteaux apéros que je préfère, et me lâche pas de la soirée, me répétant à plusieurs reprises que maintenant, je sais où ils habitent.

Aujourd'hui, en y repensant...
1) Je suis sans doute passée pour l'idiote du village.....pas grave
2) je fais quoi maintenant ? quand je vais croiser l'un d'entre eux (inévitable, 100 habitants dans mon village) faudra que j'aille dire bonjour ? et discuter ? mais de quoi ? enfin ils vont vite se lasser de m'entendre parler de chien......
3) tous ceux qui m'ont proposé de venir chez eux boire le café....idem, je fais quoi ? en plus, si j'y vais, les gens vont s'attendre à ce que je rende la pareille non ? que je les invite à boire un café chez moi, non ?
Et d'abord, je sais même pas faire le café, et puis ma maison c'est MON territoire, pitié, j'ai pas envie de devoir jouer un rôle dont je ne connais pas le texte chez moi...

Enfin voilà, si c'était à refaire, je crois bien que je serait restée cachée chez moi hier, comme d'habitude. Parce que là, la situation est bien trop compliquée, je ne sais absolument pas gérer...
Invité
 

Message par Otis » Lun Mai 26, 2008 0:55

pour le café, achète un senseo. c'est bon et facile.

pour ta maison, c'est vrai, moi aussi je suis très territorial. Mais c'est agréable aussi quand les gens sont content d'être accueilli, faut voir. Evidemment si ton chien fait peur !! lol
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Message par josh » Lun Mai 26, 2008 18:01

Steph, ce que tu racontes montre que tu présentes un fort intéret pour les
gens: tu sors peu, essaye d'eviter au maximum les contacts... et pourtant
ils entrent vite en contact avec toi et tu sembles en effet éveiller en eux de la curiosité.
C'est une chance, tu n'as pas besoin de faire d'efforts particulier pour etre
remarquée de façon positive. Maintenant c'est vrai que pour un aspie il est
difficile de maintenir cet intéret ou de ne pas se faire "envahir".

Je pense que tu ne dois pas interpréter les questions qu'on te pose comme
de la curiosité dangereuse, la plupart du temps ,pour les neurotypiques, elles ne servent qu'a entrer en contact. Quand on te demande par exemple pourquoi tu aimes tes chiens on attend pas que tu te lances dans un monologue argumenté qui justifierait tes gouts. En fait ils veulent plutot
entendre une réponse basée sur tes sensations, du genre "j'aime les chiens car je me sens heureuse avec eux", pas besoin de justifier autrement.

Quand tu dis ça tu leur permet de te répondre, tu parles le meme langage qu'eux. A mon avis tu dois etre une experte du genre canin, si tu
commences a parler des heures des races, de la nutritions etc... Tu risques d'ennuyer les gens car ils ne pourront pas dialoguer avec toi
étant donné qu'ils s'y connaissent bien moins (c'est un peu comme si un prof devait débattre avec un élève ignorant, peu d'intéret des deux cotés)et surtout cela leur plait
bien moins que de savoir que tu aimes dormir et jouer avec tes animaux.

Je pense qu'on peux pas "gérer" vraiment les situations sociales, il y'a quelques règles a respecter mais pour la plupart des choses l'incertitude règne pour tout le monde qu'on soit aspie ou non.
Si on part de la, il vaux peut etre mieux se "lacher" comme dit Otis, dire
ce qu'on ressent. ça a des chances d'etre beaucoup plus betes que ce qu'on aimerait dire mais quand on voit les niaiseries que peuvent formuler certains neurotypiques sans le moindre remord et bien on peut sans doute se donner ce droit.

Steph, je pense qu'il faut que tu renonces un peu a te mettre a la place des gens, quand tu le fais tu les fais raisoner en aspie donc ce n'est peut etre pas tres fiable
:lol: . On ne peut pas vraiment savoir ce qu'ils pensent donc il ne faut pas y penser tout le temps, par contre tu dois savoir ce dont tu as envie ou non: peut etre que ça se fait de recevoir les gens qui t'ont invité mais si
tu n'en as pas envie ne le fait pas, si tu te sens redevable et bien "rembourse" a ta façon en rendant des services ou offrant des choses que
tu te sens capable de donner. :wink:
josh
 
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Message par Invité » Lun Mai 26, 2008 18:14

josh a écrit :A mon avis tu dois etre une experte du genre canin, si tu
commences a parler des heures des races, de la nutritions etc... Tu risques d'ennuyer les gens car ils ne pourront pas dialoguer avec toi
étant donné qu'ils s'y connaissent bien moins (c'est un peu comme si un prof devait débattre avec un élève ignorant, peu d'intéret des deux cotés)et surtout cela leur plait
bien moins que de savoir que tu aimes dormir et jouer avec tes animaux.

:lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol:
ce matin, un petit mot dans ma boîte aux lettres, le transporteur qui ne m'a pas trouvé, qui a livré mes croquettes chez la dame du taxi.
J'y vais, et, évidemment, elle me demande si je nourris exclusivement mes chiens aux croquettes, et si j'achète sur internet, bref, la conversation polie du NT je suppose, et me voilà partie dans la qualité de mes croquettes, poulet élevés sans anti-biotiques, et céréales sans pesticides :lol: :lol: :lol:
La brave dame, vu comme elle m'a regardé, j'ai vite compris (et pourtant j'suis pas fine) que là, déjà, je suis allée trop loin, la dame elle en est pas là...

C'est terrible, parce que je m'en rend compte après, et puis de toute façon je sais pas quoi dire.
Je suis pas capable d'avoir une conversation banale sur la pluie et le beau temps.

Et puis, surtout, ah oui, je ne sais pas arrêter une conversation.
Par exemple ce matin, moi j'aurai bien chargé mes croquettes et remonter en voiture, mais bon là je me dis je vais passer pour une sauvage, alors je reste un peu, et en fait trop longtemps...

Pfffff........

Bon c'est vrai que je me pose beaucoup de question.

Mais j'ai 31 ans, et quand je ne m'en posais pas ça se passais pas spécialement mieux alors....
Et puis j'ai une nature optimiste, je crois dur comme fer que je vais bien finir par y arriver :lol:

Bon, sur la liste des trucs à pas raconter (sauf demande précise), la composition des croquettes. :lol: :lol:

Josh, franchement, ça à l'air facile quand on te lis.
Vraiment tu t'en sors bien comme ça ?
ça me fait rêver :lol:
Invité
 

Message par josh » Lun Mai 26, 2008 18:53

Non en pratique c'est difficile, parler de mes sensations et dire aux gens ce que je ressent pour eux n'est pas naturel.

Avant je pensais que tout le monde se fichait de mes sentiments, je partais
du principe que comme chaque individu ressent des choses uniques il était
inutile de parler de ses propres sensations car a part moi personne ne pouvait les comprendre.
Je me trompais, les gens aiment savoir ce que je ressent et j'ai découvert
que moi aussi j'aimais en parler. La difficulté réside dans le fait que j'ai beaucoup moins besoin d'exprimer ce genre de choses, j'ai eu de très bons amis qui m'ont quittés car je ne montrais pas assez d'attachement pour eux.
ça m'a fait mal car mon coté froid ne refletait pas de l'indifférence mais plutot une difficulté a communiquer mes émotions.

C'est pourquoi quand j'éprouve des émotions j'essaye de les exprimer, ça me donne un coté plus "humain" et je me sens aimé ce qui change la vie.
Mais j'ai des longues périodes dans la journée ou je ne ressens aucun
désir de m'exprimer de cette façon, la plupart du temps je prefererais discuter avec des aspies a propos de leurs passions et partager leurs activités... comme je n'en connais pas en ce moment et bien je préfere rester seul et je le vis assez bien.

Il y'a peu j'ai été a un anniversaire. Au début de la soirée j'avais envie de
discuter de n'importe quoi et puis au bout d'un moment ça s'est arrèté. Je
me suis senti tres mal a l'aise, plus du tout receptif a ce qui se passait autour de moi, j'avais envie de retourner chez moi en urgence pour m'occuper de mon chat (!!!) et lire, un sentiment d'étrangeté terrible.

Ce genre de choses ne peut pas etre compris par les gens normaux.
J'ai du avoir l'air très bizzare, perdu (ce qui est vrai) et ce sont des choses
qui sont dures a gérer car on ne peut pas dans ces cas la dire ce qu'on ressent, a moins de passer pour un fou.

Je ne dirais donc pas que je m'en sors bien mais beaucoup mieux oui. J'ai
toujours des difficultés relationnelles mais elles sont gerables par les amis
que je me suis fait. En revanche je me sens souvent seul car incompris mais "souvent" ne signifie pas "tout le temps" et ça suffit a me rendre nettement plus heureux qu'avant. Je préfère prendre le risque de me sentir
perdu plutot que d'éviter tout contact, car je pense que meme si un aspie n'est pas très adapté au social cela ne veut pas dire
qu'il n'en a pas besoin
:wink:
josh
 
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Message par Veronique1 » Lun Mai 26, 2008 20:26

bonjour Josh,

Merci pour tout ce que tu dis.
véronique
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Message par Invité » Lun Mai 26, 2008 21:05

Je plussoie :P

Finalement, je trouve que tu t'en sors plutôt bien avec ton Asperger. T'as réussit à trouver les "aménagements" nécessaires.

Juste pour revenir là-dessus, oui je crois que spontanément les gens m'aiment bien.
parce que je les écoute d'une part, et puis c'est vrai que quand je les déteste pas ( :lol: :oops: :lol: ) ils m'intéressent.

En fait, je reviens (encore) au chien.

Une comportementaliste respectée à écrit :
"en dehors des chiens d'utilité, la raison pour laquelle vous ou moi avons un chien chez nous va se trouver dans une ou plusieurs des grandes catégories ci-dessous :
- la demande enfantine : désir de peluche
- la demande adolescente : besoin de tester son autorité
- le jeune couple : désir d'enfant
- la tristesse : besoin de consolation
- l'insécurité : besoin d'être rassuré
- l'isolement : besoin d'exister pour quelqu'un
- les complexes : besoin de s'affirmer socialement
- la curiosité intellectuelle : désir de comprendre une autre forme de vie


A l'évidence, j'ai eu mon 1er chien pour rompre mon isolement.
Mais, pour le 2ème, c'était sans aucun doute la dernière, la curiosité intellectuelle.
ça me fascine, comment ça pense un chien, ce que ça perçoit, etc....idem pour les chats, et même les escargots :lol:

Et bien en fait je me comporte aussi comme ça avec les humains.
Ils sont tellement différents (enfin question de point de vue) qu'ils sont fascinants à observer et écouter.

Le problème, c'est qu'avec les chiens je suis + ou - capable de suivre le raisonnement....C'est pas le cas avec les humains. :lol:
Mais c'est pas grave, je persiste :lol:
Invité
 

Message par Otis » Lun Mai 26, 2008 21:17

l'analyse des raisons qui nous font chienner m'a intéressé

l'exemple de l'escargot m'a amusé, pcq quand je faisais du théâtre on a étudié l'escargot, et c'est resté dans le top x de mes potes de me demander de faire l'escargot, il parait que c'est très drôle :)
je ne suis ni pour ni contre vous, bien au contraire
Otis
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